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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 23:40

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Pandémie médiatique
 
Une pandémie s'est emparée de la presse mondiale depuis une semaine, avec l'annonce le 24 avril dernier par l'OMS de l'émergence de cas de grippe A(H1N1) dite porcine au Mexique et aux USA, suivie le lendemain d'une réunion du Comité d'urgence de l'organisation .
Cette annonce faisait suite à la confirmation virologique, révélée le 21 avril, de la contamination de deux ch'tits nenfants tazuniens, en Californie, et à la confirmation de présence du virus, révélée le 24 avril, dans des échantillons en provenance du Mexique, où sévissait depuis mars une épidémie de syndromes grippaux ayant entraîné plusieurs dizaines de morts.  
 
L'appellation grippe "porcine" dès la première communication du CDC (Centers for Disease Control des États-Unis), sur les deux enfants californiens, avait vocation à distinguer ce virus de celui de la grippe saisonnière "banale" et de la grippe "aviaire", car il comportait dans son patrimoine génétique un assortiment, jusqu'alors inconnu, de composants provenant à la fois de virus humains, aviaires, et porcins. Cette particularité génétique s'accompagnait d'une particularité épidémiologique également nouvelle : le virus n'avait pas été contracté par une exposition à des porcs, la transmission devait être inter-humaine. L'OIE (World Organisation for Animal Health, ex Office International des Epizooties) soulignait dès le 27 avril que rien ne venait justifier un lien entre les cas humains et des cas éventuels chez les porcs, et que le virus n’avait même pas été isolé chez le porc.
 
Seulement voilà, le mot était lâché.
 
Et il se trouve que le pays arabe le plus peuplé, l'Egypte, comprend autour de 10 % de chrétiens coptes (héritiers de l'Église byzantine), dont certains élèvent et consomment des cochons. Le nombre de porcs en Egypte est estimé entre 250 000 et 400 000.
Ce n'est pas tout. Il se trouve que l'Egypte est depuis 2006 un des pays les plus touchés par les cas humains de grippe aviaire (après l'Indonésie et le Vietnam), avec à ce jour 68 cas déclarés et 26 morts.
Mais la transmission de la grippe aviaire n'a rien à voir avec celui de la grippe porcine : elle se contracte par contact avec des oiseaux malades, la transmission inter-humaine restant exceptionnelle et liée à des contacts étroits et répétés au sein de groupes familiaux. Rappelons en passant qu'en février 2006, lors de l'apparition de la grippe aviaire, les pouvoirs publics égyptiens avaient fait tuer 25 millions d'oiseaux en quelques semaines, avec l'absence de succès que l'on peut constater.
 
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Déportation ou extermination ? 
 
Le gouvernement égyptien, accusé de négligence, de mollesse et de corruption dans la gestion de la grippe aviaire comme dans bien d'autres affaires, entend montrer qu'il est à la hauteur à l'annonce de la grippe porcine. Dès le 26 avril, les services vétérinaires du Ministère de l'Agriculture déclarent un état d'urgence à propos des élevages de porcs dans des governorats (provinces) comme Kalyubeya, le Caire, Gizeh et Assiout.
Le 27 avril, parmi les mesures indiquées par le Premier Ministre Ahmed Nazif, après avis des Ministres concernés, il est encore simplement question d'accélérer la mise en oeuvre de dispositions déjà envisagées concernant les élevages de porcs.
Ainsi que Moubarak l'avait ordonné en 2008, le ministre de l'Environnement demande la relocalisation des élevages de porcs à distance des zones résidentielles, par exemple, pour ceux du grand Caire, à "la Cité du 15 mai", faubourg industriel au sud du Caire.
 
Le 28 avril, dans une revue de presse éditée sur le site du Parti National Démocratique (le parti du président Hosni Moubarak, qui a la main-mise sur le pouvoir depuis 30 ans), la parole est obligeamment donnée aux contradicteurs.
Dans Al-Shorouk, quotidien censé être indépendant lancé depuis 3 mois, on lit ainsi un auteur se plaindre de la mollesse des mesures gouvernementales et évoquer les "lobbyistes du porc". Dans Al-Ahrar, l'organe d'un parti islamiste "libéral" (les islamistes sont volontiers libéraux quand ils sont dans l'opposition à un régime autocratique), un auteur critique les décideurs politiques "qui se sont pliés à la pression de gens influents", et conclut que le manque de réaction du gouvernement "est dû à la présence d'un puissant lobby de protection des porcheries en Egypte".
Curieuses affirmations, puisque les premiers visés par les mesures sont ceux qui nourrissent leurs porcs avec les ordures, comme les "zabbalines" (chiffonniers), les coptes de Manshiyat Nasser, bidon-ville de la banlieue nord-est du Caire.
 
Ce même jour, certains médias rapportent des propos pour le moins bizarres du Dr Hussein Al Gezairy, le directeur du Bureau Régional de la Méditerranée Orientale de l'OMS. Selon le site qatari IslamOnLine, sous la plume d'une dentiste cairote, on lit le 28 avril "Gezairy a dit que les autorités réfléchissent à deux options : soit éliminer tous les porcs et dédommager leurs propriétaires, soit les emmener dans des lieux isolés loin des endroits peuplés".
Et on lit aussi sur le Daily News Egypt, distribué par le International Herald Tribune : « Dans une conférence de presse mardi [28 avril], l'OMS [...] a appelé le gouvernement égyptien à éliminer les élevages de porcs. [...] [Al-Gezairy] a aussi dit au Daily News Egypt que "l'Egypte devait se débarrasser des porcs afin de se protéger elle-même contre la maladie". "Le gouvernement doit soit abattre les porcs soit les transférer [loin des aires d'habitation] pour protéger les gens contre la maladie", a-t-il dit. » 
 
Toujours le 28 avril, l'Assemblée égytienne demande au gouvernement d'abattre immédiatement tous les porcs.
Le président de l'Assemblée Ahmed Fathi Sorour (du même parti que Hosni Moubarak) envoie un mémo urgent au Premier Ministre Ahmed Nazif pour l'appeler à mettre en oeuvre la recommandation du Parlement d'abattre sur le champ les porcs, et non pas de les transférer hors des zones habitées.
 
Le 29 avril, le porte-parole du gouvernement Magdy Rady déclare : "La question est à présent de savoir si nous devons les tuer ou les transférer, et l'opinion prévalente est d'abattre les porcs". "Si vous voyiez les conditions des élevages de porcs en Egypte, ils ne sont pas du tout sains. Ils sont un danger en eux-mêmes, même sans grippe porcine. C'est pourquoi les gens ont vraiment peur".
On retrouve Hussein Al Gezairy, directeur régional de l'OMS, qui tente de s'expliquer "Je ne dirais pas que [l'abattage] est bénéfique pour la grippe porcine. Ça serait bénéfique pour l'hygiène générale... D'une manière générale, les porcs peuvent transmettre beaucoup d'autres maladies".
Le Ministre de l'Agriculture Amin Abaza laisse entendre que, parmi les options pour '"une solution finale" à la menace posée par les élevages de porcs, la première est d"'abattre tous les porcs de toutes les provinces"

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La solution finale

La décision est en fait proclamée par le Ministre de la Santé Hatem el-Gabali ce même 29 avril : "Il a été décidé d'abattre tous les troupeaux de porcs en Egypte à compter d'aujourd'hui".
Tous les ministres s'emploient à relayer le décret présidentiel : "les directives du président Hosni Moubarak au gouvernement sur la lutte contre la grippe porcine sont claires. Il s'agit notamment de procéder immédiatement à l'abattage et à la congélation des porcs disponibles."

Dans ce qui semble être le seul blog égyptien anglophone et tenu à jour, on trouve un excellent miroir des préjugés et de la désinformation sur ce sujet.
Dès le 26 avril, la blogueuse, qui suit de près l'évolution de la grippe aviaire, mettait en ligne un article intitulé "Tuez ces cochons", qui concluait "Depuis 2 ans nous parlons de supprimer ces fermes, les transférer n'est pas la solution définitive en ces temps. Les éliminer serait la meilleure solution, de même que nous exterminons la volaille depuis deux ans."
Le 30 avril paraît un article sobrement intitulé "Tuez-les tous" (c'est mon titre, mais au premier degré), puis un autre intitulé "A propos de l'extermination des porcs : une nécessité".
Le premier article commence ainsi (le reste est un mélange de considérations du même ordre et de justifications pseudo-sanitaires pêchées dans les médias égyptiens) :
"Je suis affirmative, ces sales porcs doivent être éliminés aussi tôt que possible, nous ne pouvons mettre en danger la vie de millions de personnes sans bonne raison. Déjà, vous ne pouvez imaginer comment et où vivent ces porcs, ils n'ont pas encore le H1N1 mais pour sûr leur environnement malsain leur fera avoir d'autres maladies. Nos porcs sont des porcs laids et crasseux qui se nourrissent d'ordures et ont une odeur affreuse, si vous ne le croyez pas, alors prenez la route vers la ville du 6 Octobre par le Mehwar [la voie rapide du 26 Juillet qui surplombe les élevages de porcs] et vous verrez de quoi je parle, même si vous fermez la vitre de votre voiture et mettez l'air conditionné, vous le sentirez quand même."
 
Un autre blogueur, journaliste suédois indépendant basé au Caire, ne se contente pas de regarder les éleveurs de porcs du haut de sa voiture, il les photographie,  les interroge, et apporte un point de vue plus critique sur la décision égyptienne : "c'est un excellent exemple de la façon dont les décisions importantes sont prises et mises en oeuvre en Egypte, au milieu d'une désastreuse interaction entre mesures autoritaires et ambiance sensationnaliste ."
 
Plusieurs gouverneurs ont déjà entrepris de repérer les élevages de porcs voire de commencer les exécutions, dans les provinces de Beheira, d'Alexandrie, de Kalyubeya, du Caire, d'Helwan, de Gizeh, de Suez, de Minya, de Qena...
 
Les populations qui vivent de l'élevage de porc résistent. Des manifestants bloquent les rues et envoient des projectiles sur les véhicules du gouvernement venus saisir les porcs, comme au Caire ou El-Khanka, dans la province de Kalyubeya au nord de la capitale. 

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Réaction des autorités sanitaires internationales
 
Nous rapportions plus haut que le Dr Hussein Al Gezairy, le directeur du Bureau Régional de la Méditerranée Orientale de l'OMS, cautionnait selon certaines sources les mesures visant les porcs. Pourtant, on ne trouve pas la moindre caution sur le site de ce Bureau Régional. D'après un communiqué du 30 avril, le Dr Gezairy a précisé dans une conférence de presse que "l'exposition aux porcs n'est plus un facteur de transmission" (pour autant qu'elle l'ait jamais été).
 
Dans un point presse du 29 avril, le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général chargé de la sécurité sanitaire et de l'environnement à l'OMS, est explicite : "Je veux qu'il soit clair que nous ne pensons pas que les infections humaines sont associées à l'exposition à des porcs. C'est une situation différente de celle que nous avons vue avec la grippe aviaire, dans laquelle des personnes étaient clairement infectées par des oiseaux. Dans la situation actuelle, quand bien même le virus aurait son origine chez le porc, nous ne pensons pas que les gens contractent l'infection par les porcs. Il s'agit réellement d'un virus qui est transmis de personne à personne."
 
Le 30 avril, deux autres agences internationales, la FAO ("Food and Agriculture Organization" des Nations Unies) et l'OIE (ex "Office International des Épizooties" devenu en 2003 la "World Organisation for Animal Health"), enfoncent le clou. L'OIE, par un communiqué intitulé "L’OIE déconseille l’abattage des porcs ", "indique à ses membres que l'abattage des porcs n'est pas une solution de protection contre les risques de santé publique et de santé animale que présente ce nouveau virus A/H1N1 et rappelle que cette mesure est inappropriée." Et dans un communiqué intitulé "Le nouveau virus n'a pas été décelé chez les porcs", Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la FAO, souligne qu'"intensifier les mesures de contrôle chez le porc, comme le confinement et l'abattage, n'est pas justifié".
 
Cependant, les autorités sanitaires internationales restent prudentes vis à vis de la décision égyptienne dans leurs commentaires, pour probalement trois raisons :
- Une raison diplomatique : il s'agit de ne pas créer d'incident avec le gouvernement égyptien, qui a engagé sa crédibilité dans cette décision stupide.
- Une raison hygiénique : l'élevage de porcs dans les quartiers urbains et suburbains, notamment au Caire, où les animaux sont nourris de déchets collectés et vivent au milieu des familles dans des conditions matérielles précaires, n'est sans doute pas un modèle sanitaire que l'OMS veut promouvoir, surtout au regard des normes occidentales. Le gouvernement égyptien essaie en vain depuis 2006 d'imposer des normes sanitaires aux propriétaires d'oiseaux et de porcs, et de transférer les élevages hors des aires d'habitation. Et plus spécifiquement, un certain nombre de maladies infectieuses et parasitaires peuvent être transmises par le contact étroit avec les porcs ou par leur consommation, quoiqu'il soit impossible de s'en faire une idée dans des pays peu surveillés sur le plan sanitaire comme l'Egypte.
- Une raison virologique : le porc est considéré comme un "creuset" idéal pour le réassortiment de virus grippaux. En clair, c'est une espèce qui peut être contaminée par des virus grippaux aviaires ou humains divers, et en cas de co-infection, les deux virus présents dans la cellule peuvent échanger des segments d'ARN et donner ainsi naissance à de nouvelles souches potentiellement dangereuses. Ce cas de figure, s'il existe, reste rare, sans quoi nous serions constamment envahis de nouvelles souches virales, et de toute façon ne justifie en rien la décision radicale et précipitée du gouvernement égyptien.
 
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De quoi la grippe porcine est-elle le nom ?

L'OMS s'aperçoit, un peu tard, d'une évidence dont on s'étonne qu'elle ne l'ait pas saisie d'emblée : le choix du terme "grippe porcine" n'est pas très heureux. En effet, de nombreux gens ont peur de consommer du porc ou des produits porcins. Et, accessoirement, la décision d'abattage de l'Egypte fait un peu de bruit. Donc OMS, FAO et OIE, pour ne pas mettre en péril la filière porcine, se fendent de communiqués rassurants. Et surtout, à partir du 30 avril,  la grippe porcine change de nom pour s'appeler, tout scientiquement, la "grippe A(H1N1)", même si les autres appellations restent en concurrence.
La lettre "A" désigne le type, qui dépend de la nature des protéines formant les nucléocapsides (il y a aussi les types B et C).
Le termes "H1" et "N1" désignent le sous-type au sein du type "A", qui dépend de la nature des glycoprotéines de surface : l'hémagglutinine (16 formes possibles) et la neuraminidase (9 formes possibles).
On notera que le sous-type A(H1N1) désigne déjà, d'une part un virus de grippe humaine (l'un des responsables des épidémies humaines saisonnières), d'autre part un virus de grippe porcine (l'un des responsables d'infections spécifiquement porcines). Donc le choix de cette appellation n'est en fait pas très rigoureux. Il ne tient pas compte d'une part des mutations qui peuvent modifier les gènes, y compris ceux de l'hémagglutinine ou de la neuraminidase, d'autre part des réassortiments qui peuvent toucher les gènes des 8 autres protéines du virus (ce qui est le cas ici si je ne m'abuse, j'avoue que je suis un peu perdu à Gattaca sans logiciel ad hoc).
Pour l'anecdote, Yakov Litzman, vice-ministre isaélien de la Santé et haredi (ultra-orthodoxe), a déclaré le 27 avril qu'Israël devait appeler cette maladie grippe "mexicaine", pour ne pas avoir à utiliser un mot pas kasher, faisant honte à tous les Israéliens normaux. De là à imaginer que l'Occident a changé le nom de la maladie en réponse à l'injonction israélienne, il y avait un pas... que certains n'ont pas hésité à franchir ! Notons en passant que l'hostilité de l'Egypte envers Israël est sévère, et la présence de cas de grippe porcine en Israël réveille probablement des fantasmes métaphoriques d'invasion. La revue de presse éditée le 28 avril sur le site du Parti National Démocratique mentionnait un éditorial du rédacteur en chef d'Al Messa, grand quotidien du soir, faisant état d'une possible expansion de la grippe porcine après l'apparition d'un cas humain en Israël. A ce jour encore, les seuls cas de grippe A(H1N1) confirmés au Moyen Orient sont deux cas israéliens, chez deux personnes revenant du Mexique. 
  

Critiques et justifications
 
La décision égyptienne fait instantanément l'objet de nombreuses critiques en Egypte même. Abdullah Kamal, rédacteur en chef du journal pro-gouvernemental Rose el-Youssef, écrit "Tuer [les porcs] n'est pas une solution, sinon il faudrait tuer les gens, puisque le virus se répand par eux".
 
Après s'être contenté les jours précédents de rapporter les interventions des pouvoirs publics, le Daily News Egypt dresse le 1er mai un état des lieux décapant dans un éditorial de Rania Al Malky, son rédacteur en chef, intitulé sur le mode américain "It’s not the pigs, stupid !" (rappellons que ce quotidien est affilié à l'International Herald Tribune). Contentons-nous d'en citer une phrase : "A moins que le gouvernement mexicain, l'OMS, la FAO et l'OIE fassent tous partie d'un complot insidieux visant à protéger l'industrie commerciale mondiale liée au porc, il n'y a aucun besoin d'ordonner l'élimination des porcs en Egypte, laquelle se trouve à plus de 6 500 miles nautiques, à travers l'Atlantique, du Mexique, où d'ailleurs aucun porc n'a été infecté."
 
Du coup, le lendemain même du départ du programme d'extermination, les officiels égyptiens, qu'il s'agisse du ministre de la Santé Hatem Mostafa El-Gabaly, de son porte-parole Abderrahman Chahine, ou du directeur du département des maladies infectieuses du ministère de l'Agriculture Saber Abdel Aziz Galal, bredouillent qu'en fait, leur but était en fait de profiter de cette crise pour mettre un terme, dans un objectif de santé publique, à la question des élevages de porcs artisanaux non autorisés.
 
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Et les coptes, dans tout ça ?

Le problème qui revient toujours autour de cette histoire est celui des populations élevant leurs porcs dans leurs ghettos-bidonvilles au Caire. Elles collectent et trient les déchets pour vivre, et les déchets comestibles servent à nourrir des porcs. Sont aussi en cause les fermes porcines, notamment dans le governorat (province) de Kalyubeya (ou Kalyobiya, Qalyubiyah, Qaliubiya, Qalyubia...) au nord du Caire, volontiers décrites comme de vastes décharges à ordures non contrôlées.
Ce qui fait qu'en Egypte non seulement le porc est associé à l'impureté dans la représentation musulmane, mais qu'il est dans les faits associé à la saleté et/ou à la misère.
Les Egyptiens qui élèvent les porcs sont donc de coptes. Il doit en être des coptes comme de toutes les minorités culturelles dans tous les pays. La fraction pauvre, ici la plus importante, doit à la fois partager beaucoup de points communs avec la majorité (à commencer par la langue), mais avoir tendance à se replier et à vivre sur elle-même. Et la fraction appartenant à la classe moyenne ou riche doit être tout à fait intégrée et fréquenter musulmans comme coptes.
Tout comme nous avons en France nos fantasmes sur les immigrés ou sur les Juifs, les Egyptiens musulmans doivent avoir des fantasmes mélangés sur les coptes. Les relations de ceux-ci avec les porcs contribuent à en donner l'image d'une population économiquement et culturellement marginale, leur fonctionnement endogamique contribue à en donner l'image d'un monde secret qui profite de la société égyptienne, et enfin les crispations islamiques du monde arabe peuvent générer des suspicions de type cinquième colonne.
 
Parmi les fantasmes que peut générer cette position, il y a celui du "lobby". Nous parlions plus haut des évocations des "lobbyistes du porc" relayées sur le site du Parti National Démocratique. Sur le blog égyptien anglophone que nous mentionnions peu après, on peut lire un article de janvier 2008 intitulé "Le lobby des Ramasseurs d'ordures". Extrait :
"Il se trouve qu'il existe un lobby très puissant en Egypte, qui peut influencer les décisions du gouvernement de la même manière que le lobby juif influence les décisions prises à Washington, c'est le lobby des Ramasseurs d'ordures.
[...] Ne soyez pas surpris parce que vous pouvez vous demander comment les Ramasseurs d'ordures, qui sont considérés comme venant des classes très inférieures en Egypte, forment un puissant lobby.
Le ramassage d'ordures en Egypte est l'un des business les plus profitables, les fortunes des hommes d'affaires y dépassent des millions, après tout il n'y a pas d'impôts là-dessus, un monde secret pour un secteur très oublié.
Quelle est le pouvoir de ce lobby ? En bien sachez seulement que le 1er mars 2007 le Premier Ministre a pris la décision d'interdire tous les élevages de porcs en Egypte et de fermer ceux qui existaient. Jusqu'à présent cette décision n'a pas été mise en oeuvre, alors que selon la loi elle devait être mise en oeuvre par la force de la police.
Selon plusieurs sources le lobby des Ramasseurs d'ordures a complètement ignoré cette décision et s'est servi de ses moyens pour la faire oublier.
[...]
Vous devez savoir qu'en Egypte les porcs servent surtout à manger les ordures, ils ne sont pas élevés pour être consommés, mais pour manger les ordures dans les dépotoirs, [...] ils n'ont aucun suivi vétérinaire, ils ne sont pas vaccinés."
 
Il faut dire cet article n'est pas paru à n'importe quel moment : en janvier 2008, à Naples, la crise des ordures,  provoquée par la gestion de la Camorra depuis les années 80, battait son plein. A la décharge publique de notre blogueuse, remarquons qu'elle ne parle que de lobby, pas encore de mafia... 

Quant aux représentants de la communauté copte, il semble qu'on ne les entende guère. Il faut dire que les coptes sont une minorité, tant à l'égard de la population musulmane qu'à l'égard des autres communautés chrétiennes de la planète. Sans doute préfèrent-ils garder le profil bas, craignant sans doute que, si un cas (importé par un voyageur) apparaissait en Egypte (ce qui va arriver tôt ou tard), on s'en prenne non seulement aux cochons mais à eux. Officiellement, les chefs coptes, y compris le pape d'Alexandrie, admettent l'extermination porcine. Les députés coptes, comme Ibtesam Habib ou Georgette Qillini, soutiennent également la décision, se contentant de demander une indemnisation pour les propriétaires.
 
Tout au plus les membres américains ou anglais de la microscopique diaspora copte relaient-ils les protestations.
 
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Scapegoat flu ?
 
On connaissait la grippe du porc ou la grippe du poulet, mais la grippe du bouc émissaire vaut la peine d'être étudiée. A l'évidence, cette affaire, qui répond à des critères nullement sanitaires, mais, sinon religieux, au moins politiques et sociétaux, est assez paradigmatique de la façon dont fonctionne la logique du bouc émissaire en temps de crise.
Cette logique est très exactement celle qui préside aux génocides (en tout cas aux génocides "locaux", si on veut les distinguer des génocides "coloniaux"). Bien entendu, les génocides humains et les génocides animaux ne sont pas superposables, ne serait-ce que parce que la plupart des animaux domestiques ont de toute façon dans l'esprit humain vocation à être abattus. Mais il y a là des mécanismes mentaux collectifs qu'il ne faut peut-être pas prendre à la légère.

Il y a longtemps que les porcs, dans l'univers symbolique méditerranéen, ne sont pas des animaux comme les autres. Les frères ennemis sémitiques ont des tabous alimentaires analogues, puisque les fils d'Ismaël et les fils d'Isaac par Jacob ont la même attitude envers le porc. Cependant ce statut n'est qu'un facteur favorisant, comme l'a suggéré la crise de l'ESB, où ce sont les vaches qui ont joué le rôle de bouc émissaire.
 
Les médias et l'opinion publique mondiale vont rapidement se détourner des porcs égyptiens pour des drames plus croustillants. Madame Bardot a bien lancé un coup de gueule contre la décision égyptienne, mais les propos qu'elle a pu tenir sur les immigrés arabo-musulmans de France n'en font pas la meilleure porte-parole en l'espèce.
 
Au-delà de ces considérations, reste la question des conditions de vie des porcs. Je ne sais pas comment les porcs sont traités dans les élevages artisanaux égyptiens, mais ça ne peut pas être pire que l'éternel Treblinka de l'élevage intensif. Pour ce qui est de leurs "conditions de mort", il y a lieu en revanche de craindre que l'abattage artisanal soit encore moins enviable que l'abattage industriel.
Et, encore au-delà de ces considérations, il y a la question de la place des animaux dans l'alimentation humaine contemporaine, mais c'est là un débat à part entière.
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Published by Jean-Paul - dans Nos amies les bêtes
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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 21:42

 

Hier, la Fédération Nationale des Chasseurs a cru bon de convoquer les candidats à la Présidentielle pour leur faire dire combien ils aimaient les allumés de la gâchette. Et bien entendu les candidats ont cru bon de s'y rendre ou d'y envoyer des émissaires distingués pour montrer patte blanche. A l'exception toutefois de Dominique Voynet, seule présente à rappeler à la clique vociférante qu'ils n'étaient pas les maîtres du monde.

 

Ceci me donne envie de mettre en ligne une FAQ établie à l'intention de mes amis les chasseurs du temps où ils avaient leur forum sur usenet (fr.rec.peche-chasse, jusqu'à mi-2000).  Je l'avais rédigée pour leur éviter des efforts après avoir soigneusement colligé leurs propos.

 

 

 

FAQ À L'USAGE DES CHASSEURS

 

 

 

 I : SAVOIR PARLER DE LA CHASSE

 

 

Ami chasseur, quelques excités pseudo-écolos prétendent te faire la morale et tentent de te culpabiliser. Il faut donc bien avoir présent à l'esprit que la chasse est une activité noble et utile.

 

 

1) Question : La chasse se justifie-t-elle encore de nos jours et dans nos pays ?

Réponse : Oh, que oui !! Et voici pourquoi :

a) Elle perpétue une activité qui remonte au poléalithi... au pélaolithi... au paloélithi... au temps des cavernes. C'est bien simple, aller à son encontre c'est aller à l'encontre de l'Homme tel qu'il s'est fait.

b) Elle perpétue des traditions régionales, et c'est vachement important, à notre époque où on voudrait tous nous couler dans le même moule jacobino-parisien, euro-aseptisé et américano-macdonaldisé.

c) Elle participe à la régulation de la faune, à la gestion des nuisibles et à la sauvegarde des espaces naturels, parce que s'il fallait compter sur les pseudo-écolos des villes, hein !

 

 

2) Q : Chasser est-il moral ?

: La question ne se pose pas en ces termes :

a) La chasse a toujours existé, ça fait partie de la vie

b) La chasse n'a pas à être ni bien ni mal, c'est le prélèvement normal des ressources naturelles.

c) La chasse, c'est un acquis de la Révolution, les privilégiés des villes peuvent garder leurs leçons de morale.

 

 

3) Q : Est-ce que les chasseurs éprouvent du plaisir à tuer ?

: Moi, personnellement, jamais !! J'appuie sur la détente, et encore pas toujours, parce que c'est la conclusion normale de ma rencontre avec l'animal, mais l'important n'est pas là :

a) Je chasse avant tout pour être en communion avec la nature.

b) Je chasse parce que mon popa chassait, mon grand-popa chassait, et que j'aime partager ces moments avec mes zamis.

c) Je chasse pour manger des choses saines, on bouffe suffisamment de surgelés comme ça.

 

 

4) Q: La chasse comporte t-elle des risques importants de souffrance pour le gibier blessé ?

R: Un chasseur digne de ce nom, parexempleauhasardmoi, fait en sorte de minimiser ce risque :

a) En ne tirant qu'à coup sûr, moi si le gibier est trop loin je m'abstiens.

b) En ne tirant que si on est certain de pouvoir récupérer le gibier.

c) En localisant sans délai le gibier blessé grâce à des chiens de recherche de sang.

 

 

5) Q : Pensez-vous que beaucoup de chasseurs aient ce souci ?

: Joker.

 

 

6) Q : Y a t-il des mauvais chasseurs ?

: Comme partout, il y a quelques brebis galeuses qui déconsidèrent la corporation. Mais attention : C'EST PAS MOI C'EST LES AUTRES.

a) Y a des viandards qui canardent tout ce qui bouge ! Pfff !… Pas moi qui ferais une chose pareille.

b) Y a des pollueurs qui laissent traîner leurs cartouches partout ! Pfff !… Pas moi qui ferais une chose pareille.

c) Y a des énervés, qui insultent tout le monde, qui picolent et qui saccagent tout ! Pfff !… Pas moi qui ferais une chose pareille.

  

 

7) Q : Pourquoi y a-t-il des mauvais chasseurs ?

: C'est simple, c'est à cause des extrémistes anti-chasse et des intégristes écolos : à force de bloquer tout dialogue, d'exiger des choses irréalistes, de maintenir la pression sur le monde cynégétique, ils provoquent un mouvement de réaction. Les extrêmes génèrent les extrêmes. La percée de CPNT, c'est pas autre chose, moi je vous le dis !

 

 

8) Q : Donc pour nous résumer, qui est responsable de tout ce qui ne va pas dans le monde de la chasse ?

R: Les extrémistes anti-chasse et les intégristes écolos.

    

 

 

 

 

II : CONNAITRE LES ANTI-CHASSE ET LES ÉCOLOS

 

 

Ami chasseur, certains excités affirment que de nos jours et dans nos contrées la chasse n'a d'autres justifications que le plaisir de quelques uns, ou encore que la chasse telle qu'elle est pratiquée chez nous nuit à la biodiversité et à l'environnement.

Ce sont les anti-chasse et les écolos. Enfin, quand je dis "les écolos", il faut comprendre "certains écolos", car chacun sait que les authentiques écologistes se recrutent au sein des chasseurs.

Apprends donc à les connaître :

 

 

1) Q : Quelle différence y a t-il entre les écolos et les anti-chasse ?

R : Aucune, puisqu'ils sont tous à nous faire chier.

D'ailleurs qu'est ce qu'ils peuvent y connaître à la chasse s'ils n'ont jamais chassé ?

  

  

2) Q: Qu'est-ce qu'un anti-chasse ?

R: C'est un mec qui ne comprend rien et qui ne comprendra jamais rien. C'est :

a) Un mec des villes, un promeneur du dimanche, un gars qui voit les choses de son salon.

b) Un ayatollah, un taliban, un extrémiste, un intégriste, un terroriste.

c) Un malade, un illuminé, un névropathe, un délirant, un refoulé sexuel.

 

 

3) Q : Qu'est ce qui motive les anti-chasse à s'acharner sur nous ?

R : Ce sont des pervers qui préfèrent les animaux aux hommes. La preuve, s'ils ont de l'énergie à perdre :

a) Pourquoi ne la consacrent-ils pas à lutter contre la pauvreté ?

b) Pourquoi ne la consacrent-ils pas à lutter contre la faim dans le monde ?

c) Pourquoi ne la consacrent-ils pas à lutter contre la prostitution enfantine ?

  

  

4) Q : Les anti-chasse sont-ils des gens normaux ?

R : Ce sont des véritables malades, et leurs motivations sont claires:

a) Ce sont des froussards qui seraient bien incapables de venir nous dire en face ce qu'ils disent bien à l'abri.

b) Ce sont des caractériels qui épanchent leur fiel à bon compte sur des braves gens.

c) Ce sont des frustrés qui se donnent de l'importance en déclenchant des polémiques creuses.

 

 

5) Q : Comment le sais-tu ?

R : Simple: as-tu seulement essayé d'argumenter avec eux ?

Q : Non, et toi ?

R : Attends, tu voudrais que je discute avec des malades ?

   

 

 6) Q : Qu'est-ce qu'un écolo ?

R : D'abord, si c'est pas un chasseur c'est forcément un pseudo-écolo. C'est :

a) Un mec des villes, un promeneur du dimanche, un gars qui voit les choses de son salon.

b) Un techno-sbire de Bruxelles, un écolocrate, un eurofonctionnaire.

c) Un type qui confond nature et politique, un sous-marin du lobby des écolos manipulé par la mafia des anti-chasse.

 

 

7) Q : Les anti-chasse représentent-ils un véritable courant croissant de l'opinion ?

R : Alors là, ça me fait bien rigoler:

a) C'est une toute petite minorité qui remue beaucoup de vent.

b) Les médias à la solde des politiciens leur font la part belle et méprisent la France d'en bas.

c) Les sondages qui voudraient nous faire croire que la majorité des Français sont contre la chasse, eh ben c'est intox et compagnie, la preuve moi je ne connais que des chasseurs.

 

 

 

 

III : SAVOIR DIALOGUER

  

 

Ami chasseur, il faut bien sûr éviter de te lancer dans des débats stériles avec les excités qui contestent la chasse de loisir telle que nous la pratiquons en France.

Toutefois, évidemment, leurs arguties revêtiront parfois le masque d'une logique si dérangeante que tu jugeras de ton devoir d'intervenir. Mais ne te laisse pas emmener sur leur terrain.

 

 

1) Q : Comment détourner la conversation face à une personne qui trouve que la chasse est cruelle ?

 

 

R (Option A) :  Je l'embrouille avec d'autres souffrances non causées par l'homme, genre : "Ah bon, la nature elle n'est pas cruelle, elle ?" Et j'enchaîne :

a) Et les animaux quand ils chassent, tu crois qu'ils se font des cadeaux ? Tu vas jouer les Casques Bleus entre les belettes et les campagnols ?

b) Et les animaux qui se foutent sur le museau pour des histoires de territoire ou de femelles, tu vas leur proposer de rédiger une Constitution ?

c) Et pour les animaux malades ou blessés, tu vas mettre en place un SAMU Vert ?

 

 

R (Option B) : Je l'embrouille avec des exemples de souffrances imposées aux animaux pouvant s'argumenter :

a) Tu sais comment ils ont été mis au point, les médicaments que tu donnes à ta chère tête blonde quand elle fait son otite ?

b) Si on a besoin de greffer un rein à ton gamin, tu voudrais qu'on fasse la première expérience sur lui ?

c) Si un jour t'as un môme qui a une maladie métabolique, tu seras pas content qu'on ait commencé à tester les thérapies géniques sur des bestioles ?

 

 

R (Option C) : Je l'embrouille avec d'autres souffrances imposées aux animaux sans motif valable :

a) Tu sais comment ils ont été testés, les produits que bobonne se met sur le museau pour plaire ?

b) Et les chiens enfermés seuls dans les appartements toute la journée, t'appelles ça de l'amour des bêtes ?

c) Tu penses que pour un animal il vaut mieux finir dans un zoo ou dans un cirque que d'être abattu par un chasseur ?

   

 

R (Option D) : Je l'embrouille avec d'autres souffrances causées aux animaux par négligence ou par recherche du profit, genre : "Tu ne manges jamais de viande, bien sûr ?", et j'enchaîne:

a) Occupe-toi plutôt des conditions d'élevage des animaux.

b) Occupe-toi plutôt des conditions de transport des animaux.

c) Occupe-toi plutôt des conditions d'abattage des animaux.

 

 

R (Option E) : Je l'embrouille avec des éliminations involontaires d'animaux, genre : "Et toi, tu ne leur fais jamais de mal, aux animaux ?"

a) Tu dégommes jamais de moustiques quand tu conduis ta bagnole ?

b) Tu marches jamais sur des escargots quand tu vas cueillir des champignons ?

c) Si t'étais agriculteur ou bûcheron, tu crois que tu pourrais éviter de trucider des milliers de petites bestioles ?

 

 

R (Option F) : Je l'embrouille avec des éliminations d'animaux basées sur le conflit d'intérêt ou l'auto-défense.

a) Si t'as le ver solitaire, tu vas en acheter un deuxième à Petland pour lui faire de la compagnie ?

b) Si une taupe bousille ton terrain, tu vas lui proposer des verres de contact pour qu'elle ne se perde pas ?

c) Si tu trouves une Veuve Noire dans ton lit, tu vas lui faire un bisou avant de t'endormir ?

 

 

2) Q : Euh, peut-on vraiment mettre en parallèle des moustiques ou des vers avec des oiseaux ou des mammifères ?

R : Hé hé !

 

 

3) Q : Comment détourner la conversation face à un écolo qui te parle de l'effet néfaste de la chasse sur certaines espèces ?

R : Je lui réponds : "Tu crois que l'homme n'a pas d'autres effets plus néfastes sur les populations animales ?", et j'enchaîne :

a) Occupe-toi plutôt de la déforestation.

b) Occupe-toi plutôt de l'urbanisation galopante des espaces.

c) Occupe-toi plutôt de la pollution des sols et des eaux.

   

 

4) Q : Que répondre à un anti-chasse qui te parle de la souffrance de l'animal ?

: Des arguments écologiques !

  

  

5) Q : Que répondre à un écolo qui te parle d'arguments écologiques ?

: D'autres arguments écologiques, ça ne mange pas de pain !

 

 

6) Q : Oui, mais à un écolo qui ne se laisse pas embobiner et qui connaît les vrais dossiers ?

: Un écolo qui argumente avec des chiffres et des faits ?

a) Je réponds que ses références sont l'oeuvre de pseudo-scientifiques à la solde du lobby vert.

b) J'affirme des conneries, qui ira vérifier ?

c) Je détourne la conversation sur l'effet de serre, le réchauffement de la planète, ou les OGM.

 

 

7) Q : Et que répondre à un anti-chasse qui argumente logiquement ?

: Le genre de type qui veut toujours avoir le dernier mot ? Je lui dis "Pfff, ça sert vraiment à rien de causer avec toi, de toutes façons t'admettras jamais que t'as tort !"

 

 

8) Q : Que répondre à un anti-chasse qui te parle gentiment ?

R : Pfff...

a) Je ne lui réponds pas, ça ne m'intéresse pas d'alimenter des bla-bla stériles.

b) Je me fous de sa tronche, les leçons de morale à trois francs six sous, ça va deux minutes.

c) Je souris en le fusillant du regard, et je réponds un truc bateau à côté de sa question, genre «c'est notre passion, nous on oblige personne à la partager», ou «c'est une tradition, nous on n'empêche pas les autres traditions», ou encore «tu sais, heureusement qu'il y a les chasseurs pour s'occuper de la nature».

  

  

9) Q : Que répondre si une personne s'inquiète des dangers d'accidents liés à la chasse ?

: Fastoche, je lui réponds du tac au tac :

a) T'as vu le nombre d'accidents de voiture ? Faudrait interdire la bagnole ?

b) T'as vu le nombre d'accidents de ski ? Faudrait interdire les sports d'hivers ?

c) T'as vu le nombre d'accidents du travail ? Faudrait interdire le boulot ?

 

 

10) Q : Que répondre à un anti-chasse qui commence à s'impatienter des réponses à côté ?

: Je lui réponds, la bouche en cul de poule et le petit doigt en l'air :

a) Eh ben ! On voit de quel côté est la violence !

b) Eh ben ! On voit de quel coté est l'intolérance !

c) Eh ben ! On voit pourquoi tout dialogue est impossible !

 

 

 

IV : SAVOIR POSER LES LIMITES DU DIALOGUE

  

 

Ami chasseur, tu sais au fond de toi que la raison est de ton côté et que tu es dans ton bon droit, mais les anti-chasse et les écolos te poussent tellement à bout que souvent tu ne sais plus quoi répondre.

En fin de compte, de quel droit ces excités te cherchent-ils des poux dans la tête ?

   

 

 1) Q : Est-il légitime que des personnes contestent la chasse de loisir ?

: Ceci n'est évidemment pas acceptable, et témoigne de l'intolérance de certains illuminés qui s'attaquent à notre liberté d'exercer tranquillement notre passion. Imaginez que chacun veuille limiter ou interdire ce que font les autres sous prétexte qu'il ne partage pas leur point de vue !

a) Est ce qu'on va empêcher les amateurs de jet-ski de se livrer à leur passion ?

c) Est-ce qu'on va empêcher les amateurs de corrida de se livrer à leur passion ?

b) Est ce qu'on va empêcher les amateurs de petits garçons de se livrer à leur passion, du moment qu'ils ne font pas ça en France ?

 

  

 

2) Q : En définitive, qu'est-ce que l'intolérance ?

: L'intolérance, c'est exprimer des idées qui ne sont pas les notres.

 

 

 

3) Q : Et qu'est ce que la tolérance ?

: La tolérance, c'est lutter contre l'intolérance telle qu'on vient de la définir.

 

 

4) Q : Quelle est la meilleure preuve de notre tolérance ?

: Nous n'obligeons personne à chasser.

: Ni à penser comme nous !

: Ni à penser comme nous !!

: Ni à exprimer les mêmes points de vue que nous !

: Ni à… Euh, oui, mais attention, d'un autre côté, exprimer des points de vue contraire aux notres, c'est de l'intolérance, on ne va quand même pas laisser l'intolérance se développer dans une démocratie !

  

  

5) Q : Qu'est-ce qu'un anti-chasse qui s'exprime avec agressivité ?

: C'est un type qui donne la preuve de son intolérance.

 

 

6) Q : Qu'est-ce qu'un chasseur qui s'exprime avec agressivité ?

: C'est un brave gars qui a été poussé à bout par les anti-chasse, ces pisse-au-lit boutonneux, ces peine-à-jouir fouteurs de merde, ces va-de-la-gueule bon pour l'asile !

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 21:56

Nom d’une pipe, voilà encore M’ame « Geraldine Over-blog », l'émissaire d'Over-blog, qui m’envoie un mail pour me faire remarquer (fort courtoisement au demeurant) qu’il faudrait voir à nourrir mon blog.

  

 Force est de constater que je suis un maître indigne, qui laisse son pôvre blog crever la bouche ouverte.

  

 Ma femme, elle, n'est pas indigne. Elle pense à verser des flocons multivitaminés dans son aquarium matin et soir.

Pourtant, un Corydora albinos, ça ne vous suit pas dans la cuisine en dressant les oreilles et en remuant la queue.

Pourtant, un Danio rerio, ça ne vient pas se frotter contre votre jambe en poussant des "meow" à fendre l’âme.

Pourtant, un Chromobotia macracanthus, ça ne saute pas d'un perchoir à l'autre en proférant des pépiements désespérés. Ma femme appelle ça un(e?) "loche clown", mais je ne veux pas avoir de procès avec le Collectif pour le Respect des Chromobotia Macracanthus, j'ai assez d'emmerdements en ce moment.

  

 Les archéodarwiniens disent que c'est darwinien. Les dames seraient plusses douées que les messieurs pour tout ce qui est "nurturing". Moi j'aurais tendance à penser que c'est des couenneries, et que les femmes de sexe féminin sont simplement formatées par l'éducation pour être plus gentilles et plus attentives que les hommes de sexe masculin.

La preuve, ce n'est qu'une tendance statistique, les exceptions sont loin d'être exceptionnelles.

Attention, hein, je dis pas qu'au départ y a pas une base biologique, c'est pas par hasard que les rôles féminins et masculins sont répartis de façon comparable dans la plupart des civilisations connues. Mais il suffirait d'éduquer les femmes à se comporter en "homme" ou les hommes à se comporter en "femme" et on inverse les statistiques, c'est mon point de vue et je le partage. Regardez les "rae rae" en Polynésie.

Je sais bien que tous les acquis récents des neurosciences vont contre moi, et que les cerveaux des dames et des messieurs sont pleins de différences. Voilà même un état de l'art récent pour les curieux :

 http://www.nature.com/nrn/journal/v7/n6/full/nrn1909.html

Mais je prétends que les contraintes éducatives peuvent l'emporter sur les contraintes biologiques chez ce drôle d'animal qu'est l'être humain. Enfin bon, d'accord les dames et les messieurs c'est pas tout à fait pareil, mais il faut se méfier des soi-disant différences entre les êtres humains établies par la "Science", la "Science" n'en serait pas à ses premières couenneries.

 

Bon, trêve de digression, il nous faut entrer dans le vif du sujet.

La question qui nous intéresse.

L'objet de notre réflexion.

Le thème de l'article.

Le fond de l'affaire.

Le topo du jour.

  

Eh bien figurez-vous que face à un miroir, les éléphants...

Ah non, j’en ai déjà causé.

  

Attendez, j’ai un autre truc formidable sur les éléphants. Ça concerne encore les éléphants d'Asie (Elephas maximus), dont on ne m'ôtera pas de l'idée qu'ils ont quand même un caractère moins ombrageux que les éléphants d'Afrique (euh, Loxodonta africana).

Voilà : il y aurait des droitiers et des gauchers chez les éléphants (d'Asie). Oui oui, des droitiers et des gauchers de la trompe. Des “right-trunkers” et des “left-trunkers".

Ça vous en bouche un coin, hein, qu'il puisse y avoir une asymétrie fonctionnelle pour un organe impair et médian ?

Cette hypothèse repose sur l'observation d'une quarantaine de pachydermes publiée en 2003 par des chercheurs de l'Institut de Biologie de l'Université Libre de Berlin.

Voici le lien de l'article intégral pour les gourmands :

http://81.196.151.37/articole/fisiere/anunturi%20zi/etologie/Etologie13.pdf

Lisez le paragraphe "Discussion" si vous anglophonez un peu, vous verrez, c'est pas inintéressant, ils y causent de  l'importance de la latéralisation d'un point de vue évolutionniste, et appellent  à étudier d'autres organes impairs médians et préhensiles comme la queue des Platyrrhiniens (les singes d'Amérique) ou de l'opossum,  le nez du tapir, la lèvre supérieure ou  la langue de certains herbivores, ou la langue de certains amphibiens et reptiles.

Cette équipe avait déjà publié l'année précédente une observation sur la latéralisation de la queue préhensile des singes araignées (Ateles paniscus).

Voilà. Maintenant, pour valider cette hypothèse, il ne reste plus qu'à fabriquer un appareil à Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle assez maousse pour y fourguer la cafetière de nos proboscidiens préférés.

(initalement publié le 22/11/06)

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 21:50
Bon, je fais faire un article, un blog ça s'entretient, c'est du sérieux, sinon le proprio risque de fermer ma boutique pour cause d'inoccupation.

J'ai trouvé quelque chose d'intéressant, en plus en plein dans les primaires du PS c'est d'actualité, ça cause des éléphants.

Les éléphants pourraient se reconnaître dans un miroir. Enfin, en tout cas les éléphants d'Asie. Faut pas oublier que même si l'éléphant d'Asie (Elephas maximus) et l'éléphant d'Afrique (Loxodonta africana) se ressemblent et appartiennent à la même famille, ce sont deux genres différents, dont on évalue actuellement la séparation à 6 ou 7 millions d'années.

Avec donc les possibles implications de la reconnaissance de soi quant à la conscience de soi et des autres, comme chez les chimpanzés.

Marrant qu'on ait attendu 35 ans après l'expérience de Gallup, sur justement les chimpanzés, pour faire ça avec des éléphants, dont on sait qu'ils sont quand même des bestioles pas tout à fait comme les autres.

Bon, d'accord, fallait une grande glace. Mais c'est rien à côté de la glace qu'il faudra pour tester les baleines.

Pour avoir l'article du PNAS en entier, faut payer, on n'a que le résumé :

http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/0608062103v1

Et voilà un communiqué de l'Université d'Emory :

http://www.whsc.emory.edu/press_releases2.cfm?announcement_id_seq=8080

 

Et voici un résumé en français de bonne qualité sous forme d'une dépêche de l'AP :

mardi 31 octobre 2006

Les éléphants se reconnaîtraient dans les miroirs

Le club des êtres vivants capables de se reconnaître dans un miroir est très fermé, mais une nouvelle étude rendue publique mardi suggère que l'éléphant pourrait y siéger avec les hommes et les chimpanzés, et dans une certaine mesure les dauphins.

Cette conscience de soi pourrait expliquer la complexité de la société de ces pachydermes et être liée à leur faculté d'empathie et d'altruisme que l'on a constatée chez eux, estime Diana Reiss, chercheuse à la Société de sauvegarde de la vie sauvage qui gère le Zoo du Bronx de New York où ont été réalisés les tests en 2005 auprès de trois éléphants d'Asie. Les conclusions sont publiées cette semaine sur le site Web de la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences".

La plus "douée" a été Happy, femelle de 34 ans qui, observant son reflet dans un miroir, a à plusieurs reprises touché de sa trompe un "X" dessiné au-dessus de son oeil et qu'elle ne pouvait voir que dans la glace. En revanche, elle a ignoré un autre "X" dessiné cette fois au-dessus de son autre oeil avec la même substance -même odeur, même texture- mais visible uniquement à la lumière noire (rayons ultra-violets). "Pour nous, cela semble confirmer qu'elle s'est vraiment reconnue dans le miroir", déclare Joshua Plotnik, l'un des chercheurs.

Les deux autres sujets de l'expérience, Maxine et Patty, n'ont pas su toucher, ni le "X" visible ni celui qui était invisible à l'oeil nu, mais les trois éléphantes se sont toutes comportées face à la glace d'une façon suggérant qu'elles s'y reconnaissaient, d'après Joshua Plotnik, diplômé de l'Université Emory d'Atlanta, en Géorgie.

Ainsi, face au miroir, Maxine a utilisé sa trompe pour explorer l'intérieur de sa gueule et tirer lentement l'une de ses oreilles vers son reflet, comme si elle se découvrait, alors que les chercheurs ne lui avaient jamais vu de tels gestes auparavant. Les trois pachydermes n'ont pas eu d'attitude suggérant qu'ils se croyaient en présence d'un autre individu, comme c'est le cas pour la plupart des autres animaux face à la glace.

"Pour moi, faire des choses devant le miroir en dit long sur le fait qu'ils se reconnaissent manifestement", commente Janine Brown, chercheuse en physiologie et spécialiste des éléphants au Parc zoologique smithsonien de Washington, qui n'est pas impliquée dans l'étude du zoo du Bronx.

Le psychologue Gordon Gallup, qui a mis au point le test destiné aux primates dans les années 1970, juge les résultats "très forts, très solides" mais que des études supplémentaires sur les éléphants et les dauphins sont nécessaires. "Il faut vraiment les répéter pour pouvoir dire avec certitude que les dauphins et les éléphants sont réellement des espèces capables de se reconnaître. La répétition est la base de la science", ajoute-t-il. Professeur à l'Université de l'Etat de New York à Albany, il a conseillé les chercheurs du Bronx.

L'étude des trois éléphants et le fait que ces animaux partagent la même capacité à se reconnaître que les dauphins alors qu'il s'agit d'espèces tellement différentes suggère qu'ils ont développé cette caractéristique indépendamment, estiment les auteurs.

Le dernier ancêtre commun aux éléphants et mammouths (disparus) d'une part, et aux mastodontes, également éteints, d'autre part, remonte à 24 millions d'années. Dans une étude distincte également publiée cette semaine sur le site Web, des chercheurs annoncent la découverte du fossile d'une espèce qui relie l'éléphant moderne à un ancêtre encore plus ancien. Le probable "maillon manquant" est une mâchoire fossile de 27 millions d'années exhumée en Erythrée. AP

(initialement publié le 01/11/06)

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