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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 22:56

Dalai-pas-si-zen.jpg

 

Un bonheur n'arrive jamais seul. Alors que Monsieur Joseph Ratzinger alias Benoît n° 16 fait le pitre aux JMJ de Madrid du 16 au 21 août, v'là-t-y pas que le père Dalaï Lama n° 14 vient de faire son numéro à Toulouse du 13 au 15 août. On y a droit dans tous les médias. En Chine on a Le Quotidien du Peuple, l'Agence Chine Nouvelle, et CCTV qui tournent les infos en rond. En France on a davantage de médias, mais la circulation circulaire de l'information n'a rien à envier à la RPC (on en a eu d'ailleurs récemment maints autres exemples à propos des crises financières...)

 

Même le gars Stéphane Hessel, qu'on a connu nettement plus inspiré, pense devoir y aller de sa posture de soutien.

 

Ah, le quatorzième Dalaï Lama, ce gentil petit moine avec sa toge rouge et jaune toute simple, ses braves sandales, ses modestes lunettes, son bon sourire, et les millions de gogos occidentaux qui avalent sa propagande la bouche grande ouverte.

 

J'offrais quelques éléments de réflexions dans un article de décembre 2008.

 

Signalons la parution aujourd'hui 18 août du livre Dalai-Lama : Pas si zen, de Maxime Vivas.

Une lecture à conseiller à tous ceux qui souhaitent disposer d'informations objectives pour se faire une opinion eux-mêmes.

 

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 23:25

sarkovatican.jpg

 

Dans son intervention télévisée de ce 16 novembre, Nicolas Premier rappelle, à propos de l'identité nationale, « les valeurs de la France, un pays laïque ».
Mais voilà que plus loin (à propos des Roms), après avoir commenté la position de la Commission Européenne, il enchaîne « Mieux : j'ai vu le pape ! », et invoque la caution « expressis verbis » de Benoît Seize, le grand gourou de la secte vaticane, dont il avait été recueillir la bénédiction le 8 octobre dernier.

Il est vrai que l'avis de Joseph Ratzinger compte sûrement davantage que celui de la Commissaire à la Justice et aux droits fondamentaux, pour celui qui avait déclaré en décembre 2007 au Palais de Latran « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». 

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 23:18



 

Jetsun Jamphel Ngawang Lobsang Yeshe Tenzin Gyatso, c'est le titre complet de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama. Ça signifie quelque chose comme le Seigneur Saint, la Gloire Douce, le Compatissant, le Défenseur de la Foi, l'Océan de Sagesse.

Cet homme s'appelle plus simplement Lhamo Dhondrub, ou Lhamo Dhondup, de même que Sa Sainteté Benoît XVI s'appelle Joseph Ratzinger. Je l'appellerai dans cet article Lhamo Dhondrub, rapport au nombre d'occurrences sur Internet.

Le 6 décembre, Nicolas Sarkozy a rencontré Lhamo Dhondrub à Gdansk, au nord de la Pologne.

La réaction de la Chine a été comme prévu très vive.

Les relations bilatérales entre la France et la Chine pourraient en souffrir. Sur le plan économique, les produits français pourraient être boycottés, et des contrats avec des entreprises pourraient être remis en cause. La France n'a guère besoin de ça en cette période de crise économique...

Mais essayons de comprendre en quoi la réaction de la Chine à la démarche de Nicolas Sarkozy est légitime.


     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le régime des Lama

 

Avant que la République Populaire de Chine ne l'investisse en 1950, le Tibet était depuis des siècles, avec les Dalaï Lama, aux mains d'une théocratie féodale de facture moyen-âgeuse peu soucieuse de son peuple. Le Dalaï Lama vivait somptueusement à Lhassa, dans ses quartiers réservés (le Palais Blanc) du Palais du Potala et ses plus de mille pièces, tandis que la population vivait dans des conditions misérables. Il régnait une joyeuse confusion du pouvoir religieux et du pouvoir politique (que perpétue Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama sous le nez des Occidentaux hypnotisés, eux d'ordinaire si prompts à dénoncer ce genre de collusion), et un asservissement violent de la population au profit d'une minorité de possédants.


Une petite anecdote pour illustrer la vie au Tibet avant l'arrivée des Chinois.

On a placé au gars des os de yak sur les tempes, près des orbites, maintenus avec une lanière autour du crâne. On a inséré dans la lanière un bâton, et on s'en est servi comme d'un tourniquet pour serrer. Le but du jeu était de faire sauter les yeux hors des orbites. Un seul oeil a consenti à sortir de son orbite, il a fallu aller chercher l'autre au couteau. Une fois ainsi énucléé, le gars a été jeté en prison.

Le mécanisme de ce supplice devait comporter des techniques associées, car anatomiquement, la boîte cranienne est rigide. Mais il se retrouve sous la plume de plusieurs historiens, et repose manifestement sur des faits réels.


C'est donc au Tibet que cela s'est passé.

Au Moyen-Âge ?

Non non, en 1934. Quinze ans avant l'annexion par les Chinois.

Ce plaisant épisode de la vie tibétaine est bien connu des historiens, car il a concerné un haut dignitaire du régime tibétain, Lungshar Dorje Tsegyal. Lungshar, qui occupait des fonctions importantes sous le 13e Dalaï-Lama, avait séjourné en Grande-Bretagne et voyagé en Europe, et voulait réformer les institutions, notamment en donnant plus de pouvoir à l'Assemblée. Un an après la mort du 13e Dalaï-Lama (1933), le Kashag (cabinet exécutif composé de 8 aristocrates) l'a fait arrêter au motif de "bolchévisme", et le Tsongdu (l'Assemblée Nationale, à majorité religieuse, encore moins démocratique que le Majles-e Khobregāna, l'Assemblée des Experts en Iran) a voté à l'unanimité cette sanction.


La régence était alors assurée par Reting (ou Radreng) Rinpoche, qui venait de prendre ses fonctions. Un "Bouddha Vivant" du grade des Khutukhtu, lequel vient après les Dalaï et les Panchen. C'est lui qui a mené 3 ans plus tard la découverte de la réincarnation du Dalaï-Lama, alors âgé de 2 ans (notre médiatique ami Lhamo Dhondrub), qui l'a fait amener à Lhassa en 1939, et qui a été son tuteur jusqu'à l'âge de 6 ans, en 1941.

Cette année 1941, il avait provisoirement confié la régence à un autre Khutukhtu, Taktra (ou Tathag) Rinpoche. Mais lorsqu'il a voulu reprendre sa fonction en 1944, Taktra a entendu la garder. Reting a donc comploté, Taktra l'a ait arrêter (aux termes de combats meurtriers avec les moines pro-Reting) et jeter en prison en 1947 (oui, 2 ans avant l'arrivée de l'armée chinoise), où on l'a fait passer de vie à trépas peu après.


Bref, vous l'aurez compris, le Tibet, comme toutes les oligarchies, était le théatre de luttes de pouvoir entre clans et entre factions, avec son lot d'intrigues, de dénonciations, d'emprisonnements, d'empoisonnements, d'exécutions et d'attentats.


Le petit peuple était quant à lui maintenu dans la servitude et l'ignorance.

Notamment grâce à des peines dissuasives (on en a un aperçu avec le sort de Lungshar, pourtant aristocrate, citons aussi l'amputation des membres, supprimé en 1913 par le 13e Dalaï-Lama, reconnaissons à ce dernier quelques vertus).

Et grâce au bouddhisme, qui à cet égard remplissait exactement la même fonction que le christianisme, à savoir conserver l'ordre social en brandissant la menace de supplices infernaux aux récalcitrants. Le bouddhisme gelugpa n'était pas pour le paysan de base cette douce philosophie que fantasme l'Occidental contemporain, mais un micmac polythéiste d'esprits bénéfiques ou maléfiques, de fantômes, des démons, sur fond de superstitions et d'astrologie, s'exprimant par des fêtes annuelles, des rituels rigides, et bien sûr la domination des moines, avec la menace d'enfers terrifiants pour qui ne suivrait pas les lois divines relayées par les Lamas.

Le bouddhisme est peut-être par certains aspects, "dans les textes", une religion de paix et de non-violence. Tout comme le christianisme, d'ailleurs. Mais dans la réalité les hommes restent des hommes.


Om Mani Padme hum.

 


 













 

 

 


Le statut et les revendications de Lhamo Dhondrub

 

Cet homme a-t-il été élu ? Non, il se revendique comme la dernière réincarnation des Dalaï Lamas. Il n'a pas plus de légitimité que le petit-fils de Tchang Kaï-chek.

Monsieur Dhondrub est non seulement chef du clergé Gelugpa, mais il est chef temporel du Tibet (même si maintenant il la joue modeste, vu qu'à son âge il a plus à gagner à rester une icône qu'à assumer une réelle charge politique).
 

Les statuts qu'il demande pour le Tibet reprennent cette intrication du religieux et du politique. Monsieur Lama est une injure vivante au principe même de laïcité. Et les Français, qui se piquent tant d'être à cheval là-dessus, avalent ça la bouche ouverte.

Il demande une autonomie politique pour un territoire représentant le quart de la Chine, tout simplement. Il s'agit du Tibet historique, ou le Grand Tibet, qui comprend non seulement la Région Autonome du Tibet, mais aussi le Qinghai, ainsi qu'une partie du Gansu, du Sichuan et du Yunnan.

Le discours de Lhamo Dhondrub au Parlement Européen en 88 , qui reprenait le plan en 5 points présenté en 87 devant le Congrès des USA (ça n'a pas changé depuis), proclamait ainsi :

« Dans sa totalité, le Tibet connu sous le nom de Tcheulkha-Soum (U-Tsang, Kham et Amdo) deviendrait une entité politique démocratique et autonome (self-governing)

[...]
le gouvernement du Tibet aura le droit de décider de toutes les affaires concernant le Tibet et les Tibétains.

[...]
Etant donné que la religion constitue la source de l’identité nationale du Tibet, [...] le gouvernement du Tibet aurait comme devoir tout particulier d’en sauvegarder et développer la pratique. »


Mais ce n'est pas tout, M Dhondrub, c'est bien connu, est avant tout préoccupé par les droits-de-l'homme.

Depuis quand les Dalaï Lama se soucient-ils du peuple tibétain ?

Depuis que Lhamo Dhondrub, l'actuelle réincarnation de Chenrezig, aka Tenzin Gyatso, aka 14ème Dalaï Lama, s'est exilé en 1959. Sa secte des bonnets jaunes s'est ainsi au bout de trois siècles soudainement découvert un intérêt pour le petit peuple tibétain. Subitement illuminé, il a décidé en 1960 de créer une Assemblée de députés et de promulguer en 1963 une Constitution de facture démocratique (mais qui laissait quand même le pouvoir suprême au Dalaï-Lama).

Que voilà une bonne idée, pourquoi la lignée des Dalaï Lama n'y avait-elle pas pensé lorsqu'elle a déclaré l'indépendance du Tibet en 1912 ?

Et les Occidentaux en mal de spiritualité folklorique foncent dans le panneau de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, si simple avec sa bonne tête et son bon sourire... Il faut dire que notre homme est un stratège médiatique qui a construit sa popularité en Occident à la faveur de la Guerre Froide.

Soit dit en passant, Monsieur Dhondrub, au-delà de ses belles paroles universalistes, n'en a que pour les Tibétains. On aimerait de temps en temps le voir sortir de ses discours ethnocentrés et l'entendre dire un mot du sort des autres Chinois. Les 1 315 000 000 Chinois qui n'ont pas la chance d'être tibétains de sang n'ont donc aucune importance ? Il faut dire que le chef du "gouvernement en exil", Samdhong Rinpoche, réincarnation comme il se doit d'un Rinpoche précédent, insiste sur l'importance « de préserver une race tibétaine pure ». Dont acte.

Le culte dont Monsieur Dhondrub est l'objet chez les belles âmes occidentales est non seulement inepte, mais contre-productif : lorsqu'il aura rejoint le paradis des bonnets jaunes (il a 72 ans), qui "trouvera" sa réincarnation ? Et il n'y aura même pas de Panchen Lama disponible pour assurer la régence. Cette personnalisation de la problématique est avant tout une aubaine pour le PCC.

En tout cas, il n'y a pas lieu d'inclure dans le débat sur le Tibet Monsieur Lhamo Dhondrub, chef autoproclamé du gouvernement tibétain en exil, pas plus que le petit-fils de Tchang Kaï-chek, pas plus que Claude Vorilhon ou le révérent Moon.

 


 











 

 

 


La question du Tibet

 

Sur un plan géopolitique, l'annexion du Tibet par la Chine en 1950 n'a en soi rien d'exceptionnel. L'occupation de régions périphériques contestées et la résistance plus ou moins périodique de celles-ci constituent le quotidien des nations (France y compris) depuis que les nations existent dans l'histoire de l'humanité.

Les régions contestées peuvent présenter, outre une importance symbolique en tant que partie du territoire d'une nation, un intérêt au niveau de l'emplacement géographique, ou au niveau des ressources naturelles.
 

La motivation initiale de l'occupation en 1950 était territoriale, et venait en réponse à la proclamation de l'indépendance du Tibet par le Dalaï-Lama de l'époque en 1912 à la suite de chute de la dynastie mandchoue. Soit dit en passant, la Chine aurait probablement aussi réannexé la Mongolie si celle-ci n'avait pas été "protégée" par l'influence soviétique.

Bon, les Chinois devaient savoir aussi que les plus longs fleuves d'Asie méridionale prennent leur source sur le plateau tibétain. Le Tibet se caractérise aussi par les ressources forestières du sud-est de la région, et surtout par les ressources minérales du sous-sol, qui compensent probablement largement les considérables investissements au Tibet, en termes d'infrastructures, des Han (l'ethnie majoritaire de Chine, accusée de coloniser les ethnies minoritaires dont les Tibétains).


Rappelons quand même que l'armée populaire de Chine (et populaire elle l'était vraiment) venait en 1949 de libérer la Chine de l'emprise des féodalités guerrières et des magouilles du Kuomintang (Tchang Kaï-chek et ses sbires avaient filé se planquer sous protection étazunienne à Formose), sans parler de l'invasion japonaise.


Le Tibet était-il indépendant avant l'annexion par la Chine ? C'est compliqué, comme est compliquée l'histoire de presque toutes les nations.

Depuis le XIIIe siècle, le Tibet alterne indépendance et domination mongole ou chinoise.

D'ailleurs la secte gelugpa (les Bonnets Jaunes, la secte des Dalaï Lama) doit son rôle politique à l'intervention mongole aux XVIe-XVIIe siècles.


En conclusion, la Chine n'est en termes géopolitiques ni pire ni meilleure que les autres nations. Elle est plutôt moins pire que certaines nations de l'Europe maritime qui, elles, ne se sont pas contentées d'envahir les régions voisines, mais ont porté leurs appétits au-delà des mers. D'ailleurs l'Occident est d'autant moins bien placé pour donner des leçons à la Chine qu'il l'a allègrement exploitée par la force dans la foulée de la 1° guerre de l'opium et du traité de Nankin (1842), jusqu'à la chute de l'empire en 1911.


Il n'appartient en tout cas pas plus à la France de dire si le Tibet appartient à la Chine qu'à la Chine de dire si la Corse appartient à la France. Un problème géopolitique ne se traite pas avec du pathos. D'ailleurs la plupart des belles âmes occidentales qui frémissent pour le Dalaï-Lama savent à peine situer le Tibet sur une mappemonde, et ne font de toute façon pas la différence entre l'actuelle Région Autonome du Tibet, et le Grand Tibet revendiqué par Lhamo Dhondrub.

 


 

 

 

 











          


L'Occident et Lhamo Dhondrub

 

Entre l'Occident et Lhamo Dhondrub, c'est une longue histoire d'amour. Lorsqu'il quitta la Chine en 1959 pour s'installer à Dharamsala, en Inde, notre ami fut accueilli à bras ouverts par la CIA. Il faut dire que ses frères avaient opportunément contacté l'agence américaine dès 1956. Et l'administration Eisenhower avait formellement approuvé un soutien secret à la guérilla tibétaine contre la présence chinoise dès septembre 1958.

Durant toutes les années 60, la CIA appuya le mouvement tibétain en exil par une somme annuelle de l'ordre de 1,7 million de dollars, sans compter les 180 000 dollars personnellement attribués au 14ème Dalaï Lama. La CIA entraîna à la guérilla des Tibétains exilés, qu'elle faisait parachuter au Tibet, puis installa des camps de base au Népal.

Quand ces informations, contenues dans des documents déclassifiés de la CIA, furent publiées par le Département d'État en 1998, Lhamo Dhondrub dut bien reconnaître cette aide.

Tandis que la guérilla armée était mise au point, Lhamo Dhondrub et la CIA mettaient au point cette image de brave moine bouddhiste pacifique, simple et souriant, qui allait faire fureur.
 

C'est ainsi qu'il y a longtemps que l'Occident met, contre toute logique, Lhamo Dhondrub sur un piédestal. On l'a encore vu à l'occasion des derniers Jeux Olympiques de Pékin. En France, les hommes politiques de tous bords, les médias de toutes orientations, de nombreux personnages publics, et maints Français lambda n'ont cessé de gesticuler autour du personnage.
 

A titre d'exemple caricatural, un des défenseurs les plus ubuesques du Dalaï Lama est Lionnel Luca, président du groupe d’études sur le Tibet à l’Assemblée.

Il gesticule et vitupère contre la colonisation du Tibet par les Han et leur politique de sinisation. Mais il avait été un fervent défenseur de l’amendement introduisant dans la loi du 23 février 2005 le "rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Il gesticule et vitupère contre les atteintes aux droits de l'homme. Mais il fait partie de ceux qui instrumentalisent la notion de droits de l'homme en la réduisant aux libertés individuelles.

C'est nécessaire, les libertés individuelles, mais pas suffisant. Ça permet surtout de faire l'impasse sur les articles 22 à 26 de la DUDH, qui concernent le droit au travail, le salaire, les syndicats, la durée du travail, les congés, le minimum vital, la protection sociale, la santé, et l'éducation. Bref, tout ce que les ultralibéraux de la farine de M Luca font passer allègrement à la trappe.

Il faut reconnaître au moins à un homme politique le mérite d'avoir tenu un discours cohérent sur le 14ème Dalaï Lama, c'est Jean-Luc Mélenchon, lequel a par parenthèse quitté le Parti Socialiste il y a un mois, sur fond de la crise économique majuscule qui nous secoue, laissant le PS en pleine guéguerre des chefs, et a fondé le "Parti de Gauche". 
 















La récente rencontre de Nicolas Sarkozy avec les 14ème Dalaï Lama était organisée en marge des cérémonies du 25e anniversaire de la remise du prix Nobel de la paix à Lech Walesa, chef historique du mouvement Solidarnosc. M Sarkozy a été accueilli par M Walesa, et il s'est entretenu avec lui juste avant de s'entretenir avec M Dhondrub.

M Dhondrub et M Walesa, entre autres points communs, ont tous deux reçu le prix Nobel de la paix.

Le comité Nobel avait accordé le prix en 1989 à Lhamo Dhondrub, probablement pour marquer sa réprobation de la répression des manifestations de Tian an men par le gouvernement chinois. C'était un choix bien maladroit, d'autant qu'il était présenté comme le "chef religieux et politique du peuple tibétain".

Et 6 ans plus tôt, c'était donc le non moins contestable Lech Walesa qui avait les faveurs du comité Nobel, l'année de la visite en Pologne du pape Karol Wojtyla...

On ne peut pas dire que les années 80 aient toujours inspiré le comité Nobel. Trois ans avant l'octroi du prix au 14ème Dalaï Lama, il décernait son prix, allez savoir pourquoi, au contestable Elie Wiesel (qui d'ailleurs s'est ensuite illustré en soutenant la guerre de Bush en Irak).



On se demande pourquoi les belles âmes pro-tibétaines se polarisent tellement sur le Tibet et ses Tibétains et jamais sur le Xinjiang et ses Ouïghours, région située au nord du Tibet, plus grande (plus d'1 600 000 km2) et nettement plus peuplée (près de 20 millions d'habitants) que celui-ci, passée comme lui sous domination chinoise depuis le milieu du XXe siècle et comme lui "colonisée" par les Han ?

Est-ce parce que les paysages de l'ex Turkestan oriental font moins rêver que ceux du Tibet ?

Est-ce parce que la culture ouïghoure fait moins rêver que la culture tibétaine ?

Est-ce parce que les Ouïghours sont musulmans ?

Est-ce parce que les Ouïghours sont turcophones ?

Est-ce parce que le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental est moins glamour que Sa Sympathique Sainteté le Dalaï Lama ?

Est-ce parce que les belles âmes pro-tibétaines se contentent de reprendre en choeur un refrain à la mode, car après tout, comme on dit aux JO, "l'important c'est de participer" ?

 

Les Chinois pensent à juste titre que l'Occident n'est pas particulièrement bien placé pour leur donner des leçons. Outre que le démocratie ne s'est pas faite en un jour en Occident et reste imparfaite à bien des égards, nous rappelions plus haut que l'Occident a allègrement exploité la Chine par la force dans la foulée de la 1° guerre de l'opium et du traité de Nankin (1842) jusqu'à la chute le l'empire en 1911. Et nous rappelions aussi que lorsque l'armée populaire de Chine a libéré en 1949 la Chine de l'emprise des féodalités guerrières et des magouilles du Kuomintang, c'est sous protection étazunienne que Tchang Kaï-chek et ses sbires ont filé se planquer à Formose.

Notons en passant que notre chère patrie des Droits de l'Homme, donneuse de leçons au monde entier, est resté bien discrète, l'an dernier, sur le 50e anniversaire de la bataille d'Alger et les modes d'action de la 10e DP.
 

Quant à la masse du peuple chinois, dont il faut bien avoir à l'esprit qu'ils n'ont pour informations que les informations contrôlées par le pouvoir, elle s'identifie à la Chine et par le fait au gouvernement chinois. Les Chinois n'ont jamais connu la démocratie, et ce qu'ils ont connu avant la prise du pouvoir par le PCC était encore pire. On aurait tort de s'imaginer les Chinois comme un milliard trois cents millions de dissidents rentrés n'attendant que l'occasion de se libérer. C'est pourquoi les attaques envers la Chine sont inévitablement vécues par le Chinois moyen comme un camouflet de l'Occident envers leur patrie, et les portent à la méfiance envers lui.

 


Les droits de l'homme en Chine


Que le Parti Communiste Chinois ait quelques menus progrès à faire en matière de droits de l'homme (et de droits de l'animal, car là-dessus la Chine n'est pas mal non plus), personne ne le contestera. Et les réserves exposées ici à propos de la place donnée à Lhamo Dhondrub n'impliquent nullement qu'il ne faille pas critiquer la Chine.

Les Chinois (les membres du Parti et les Han implantés au Tibet) se sont sans doute mal comportés plus d'une fois au Tibet.

D'une manière générale, les dirigeants chinois et les cadres du Parti, s'ils ont au départ libéré le peuple chinois, en sont devenus à leur tour les oppresseurs (on a beau dire, le droit de vote, qu'il est devenu de bon ton de mépriser en France, ça a quand même des bons côtés).

Il est évident que des manifestations, des émeutes, voire des révoltes vont se développer de plus en plus au fur et à mesure de la croissance économique et de l'ouverture à l'Occident de la Chine. Ce qui s'est passé au Tibet lors des JO, que ce fut ou non orchestré à partir de l'étranger, n'était que le prémice d'une contestation qui est amenée à s'amplifier.
 

Il est tout à fait légitime de vouloir faire évoluer l'attitude du gouvernement chinois, notamment en matière de liberté d'expression, et ceci que ce soit dans la Région Autonome du Tibet ou dans les autres provinces. De la même manière qu'il est tout à fait légitime de réclamer des pouvoirs publics chinois une législation minimale de protection animale.


En tout cas, il faut espérer que le PCC constate que la main-mise sur l'information, la langue de bois et le formatage des esprits, tels qu'ils en font un mode de gouvernance en Chine, ne tient plus dès lors qu'on est sur la scène internationale. En obtenant les JO, les dirigeants chinois ont ouvert une fenêtre sur le monde extérieur et ont été secoués par pas mal de courants d'air. Ils vont devoir saisir qu'il ne pourront pas continuer à jouer la dictature s'ils veulent s'ouvrir sur le monde, même si leur poids économique présent et à venir leur vaut les yeux doux des décideurs occidentaux.
 

Mais il est impératif de prendre ses distances avec la dalaï-lamaïte qui sévit chez les Occidentaux, et qui porte en dernière analyse du tort à la cause des droits de l'homme (et des animaux).
 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:42


Spécial dernière : dans l'ensemble des démocraties du monde occidental, des instances politiques, des partis politiques, des hommes politiques, des médias, des mouvements associatifs, des ONG, des intellectuels, des personnalités exigent d'une seule voix que le gouvernement d'une nation représentant le cinquième de la population mondiale négocie avec la dernière réincarnation d'une lignée de gourous qui ont régné durant des siècles sur une obscure théocratie féodale.

Trop gros ?

Bon, si on peut plus déconner un 1er avril !

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 23:47

 

A l'approche de cette fin d'année, à l'heure des bilans, il est des problèmes de société majeurs qui s'imposent à la réflexion.

 

Miss France 2008 doit-elle être démise de sa couronne ?

 

Une série de photos censées être provocantes réalisées il y a 3 ans et publiées il y a 2 jours par le, euh, magazine Entrevue, ont amené M'ame de Fontenay à demander la démission de la Réunionnaise Valérie Bègue, Miss France 2008.

Les photos avaient été réalisées pour être proposées à la société Pardon ! , enseigne de vêtements réunionnaise qui se veut branchée et provocatrice, qui est ravie de la pub.

Celle-ci, que certains soupçonnent d'être à l'origine de la fuite des photos, annonce que Me Gilbert Collard va défendre dans cette affaire les intérêts de la marque. On voit le niveau...

Les photos en cause sont plus sages que n'importe quelle pub de n'importe quel magazine féminin. Celle qui fait scandale est en fait celle-ci :

 

L'annonce du retrait de la couronne  a fait l'effet d'un cyclone à la Réunion, qui se mobilise de façon spectaculaire pour soutenir sa Miss.

D'autant que M'ame de Fontenay a maladroitement déclaré "Elle n'a qu'à rester là-bas", ce "là-bas" étant on l'imagine mal vécu dans ce DOM dont on ne parle en métropole qu'à l'occasion des tempêtes ou des épidémies.

Un autre Gilbert se fait l'avocat de Mamzelle Bègue, puisque Gilbert Aubry, l'évêque de Saint Denis, sautant lui aussi sur l'occasion de se faire de la pub, a donné l'absolution à Valérie Bègue au cours d'une conférence de presse hier.

J'espère que Nicolas Ier va pouvoir faire intervenir Benoît XVI pour régler au mieux cette épineuse histoire de couronne qui touche la fille aînée de l'Eglise.

 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 02:45

 

 

Jeudi 20 décembre, le personnage qui est à la tête de la République française s'est rendu en grandes pompes chez Joseph Ratzinger aka Benoît XVI, gourou en chef de la secte vaticane.

L'après-midi, il se voyait conférer le titre de "chanoine honoraire" de la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome, tradition parait-il quadriséculaire.

 Vous me direz, tout ça ce sont des histoires de protocole, y a pas de quoi fouetter un chat.

Si on veut.

Mais Nicolas Ier enchainait, dans le Palais de Latran attenant à la basilique, avec un discours hallucinant probablement dû en grande partie à la plume de Max Gallo, lequel faisait partie de sa délégation à Rome.

 

Certes, M Sarkozy avait exprimé ses postures sur la religion dans son bouquin "La République, les religions, l'espérance" (2004), co-écrit avec un dominicain qui faisait d'ailleurs aussi partie de sa délégation. Les sombres ballots qui par leurs votes l'ont mis à la tête de l'Etat étaient censés savoir à quoi s'en tenir.

 

Le président de la République Catholique de France est si fier de ce discours que sa vidéo est à l'heure où je vous cause sur la page d'accueil du site de l'Elysée.

On y trouve bien sûr aussi le textequi a déjà été abondamment commenté dans la presse et les blogs, et dont je me contenterai par conséquent de citer de  menus extraits.

 

 

« Je sais les souffrances que [la] mise en œuvre [de la laïcité] a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie, reconnaissons-le, cher Max Gallo, une reconstruction rétrospective du passé. »

[...]

« La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. »

[...]

« Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle. Même après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle s’est montrée plus méfiante que bienveillante à l’égard des cultes. Chaque fois qu’elle a fait un pas vers les religions, qu’il s’agisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des congrégations, elle a donné le sentiment qu’elle agissait, allez, parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. »

[...]

« Aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refusant de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative, en répugnant à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholique, en n’accordant aucune valeur aux diplômes de théologie, considérant qu’elle ne doit pas s’intéresser à la formation des ministres du culte.

Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. »

[...]

« Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. »

[...]

« Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. »

[...]

« C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire d’une laïcité qui [...] ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. »

[...]

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »

[...]

« Mais ce que j’ai le plus à cœur de vous dire, c’est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d’identité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. »

[...]

« Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. »

 

Reconnaissez que ça se passe de commentaires.

Vous avez pas honte d'être français, vous, dans des moments pareils ?

Moi c'est pas compliqué, si cet énergumène est réélu en 2012, je demande à être déchu de la nationalité française.

 

Dans l'hypothèse farfelue où il y aurait parmi mes lecteurs des laborieux de la synapse, je vous fais ci-dessous l'équivalent de la même info dans un autre contexte.


Abdullah Gül, élu cette année président de la République turque, s'est rendu jeudi 20 décembre à la Mecque. Il a officiellement rencontré le Professeur Abdallah ben Abd Al Muhsin Atturki, Secrétaire Général de la Ligue Islamique  Mondiale, puis a fait un discours très remarqué devant un parterre de dignitaires de la Ligue Islamique Mondiale.

 

Un certain nombre d'observateurs avaient craint, lors de l'élection de l'actuel chef de l'Etat, que ses professions de foi musulmanes conduisent à de graves reniements de la laïcité, qui est au fondement de l'Etat turc moderne. Ce discours vient sans ambiguité confirmer ces craintes.

 

On peut en voir la vidéo sur la page d'accueil de la Présidence turque. Voici la retranscription de quelques extraits édifiants :

« Je sais les souffrances que [la] mise en œuvre [de la laïcité] a provoquées en Turquie chez les sunnites, chez les imams, dans les confréries, avant comme après 1937. Je sais que l’interprétation de constitution de 1937 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. »

[...]

« La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la Turquie de ses racines musulmanes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. »

[...]

« Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle. Même après l'établissement de relations entre la Turquie et la Ligue Islamique Mondiale, elle s’est montrée plus méfiante que bienveillante à l’égard des cultes. Chaque fois qu’elle a fait un pas vers les religions, qu’il s’agisse de la reconnaissance des associations de mosquée, de la question scolaire, des confréries, elle a donné le sentiment qu’elle agissait, allez, parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. »

[...]

« Aujourd’hui encore, la République maintient les confréries sous une forme de tutelle, refusant de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative, en répugnant à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur sunnites, en n’accordant aucune valeur aux diplômes de théologie, considérant qu’elle ne doit pas s’intéresser à la formation des ministres du culte.

Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. »

[...]

« Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. »

[...]

« Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. »

[...]

« C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire d’une laïcité qui [...] ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. »

[...]

 « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer l'imam ou le mollah »

[...]

« Mais ce que j’ai le plus à cœur de vous dire, c’est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d’identité, la Turquie a besoin de sunnites convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. »

[...]

« Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. »

 

  
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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 02:16

 

 

Lustiger par-ci, Lustiger par là, voilà cinq jours qu'on nous bassine dans tous les médias français avec Monseigneur Lustiger, et le décès de Mgr Lustiger, et les hommages envers Mgr Lustiger, et les messes à la mémoire de Mgr Lustiger, et la chapelle ardente pour Mgr Lustiger, et les obsèques de Mgr Lustiger...

 

Cet homme est décédé, d'accord, bon, qu'il repose en paix.

 

Mais qu'on nous lâche les baskets avec ça ! Que ses proches et ceux qui veulent lui rendre hommage fassent des messes ou ce qu'ils veulent, mais que les médias français cessent de jouer les organes de presse du Vatican.

 

Je pensais naïvement que nous étions une République laïque. En tout cas, c'est dans l'article 1er de la Constitution.

 

Et on voit aux obsèques le Premier Ministre, et le Président du Sénat, et le Président de la Région IDF... Jusqu'au Président Sarkozy qui retraverse l'Atlantique pour faire acte de présence ! Vous me direz, on connaît la complaisance de M'sieur Sarkozy envers les religions. Mais dans les médias, notamment écrits, toujours en principe jaloux de leur indépendance, on chercherait en vain l'ombre d'une critique, d'un recul, d'un questionnement...

 

Pourquoi pas un jour de deuil national, tant qu'à faire, que la foule puisse descendre dans la rue aux cris de « Santo subito ! »

 

On nous serine que Monsieur Lustiger aurait été le chantre du rapprochement entre chrétiens et juifs. Tout ça parce qu'il s'est précocément converti au catholicisme. Le meilleur moyen de rapprocher ces petits mondes, c'est encore qu'ils abandonnent leurs encombrantes croyances. Et de toute façon il serait plus utile à notre époque de rapprocher juifs et musulmans.

 

Je sais bien que je suis naïf.

En 2005, nous avions eu droit à un déferlement médiatique sur la mort de M. Wojtyla, ses obsèques, et la transition papale.

Et nous avions eu droit à la présence de M. Chirac et ses Ministres à la messe d'obsèques, avec drapeaux en berne sur le territoire français et Préfets invités à se rendre aux services funèbres !...

 

Alors que lorsque ça a été le tour de Rainier Grimaldi, rien de tout ça, alors qu'il était à la tête d'un Etat quatre fois plus vaste que Karol Vojtyla ! ...

 

Oh, je sais qu'on va me prendre pour un laïcard attardé, un bouffeur de curé anachronique, un anti-ratichon primaire.

Que non point ! Ni attardé, ni anachronique, ni primaire.

 

On nous brandit volontiers le totalitarisme religieux de certains imams et de certains ayatollahs, voire l'insolubilité de l'islam dans la République. Cependant qu'on s'imagine, depuis la loi de 1905 et depuis le Concile de Vatican II, que la secte vaticane est devenue inoffensive.

Mais M. Ratzinger, dans la foulée de M.Wojtyla, et leur clique de cardinaux dont faisait partie M. Lustiger, proclament de leur côté à qui veut l'entendre la prééminence de la loi de Dieu sur la loi des hommes. Et personne ne moufte.

 

Bien sûr, en France, les emmitrés ne donnent pas trop de la voix. Bon, on se souvient quand même qu'ils ont fait un syndrome à propos du Téléthon 2006, au motif de la recherche sur les cellules souches embryonnaires ou du diagnostic pré-implantatoire, puisque comme chacun sait Monsieur Dieu injecte avec sa seringue magique une belle âme toute neuve à l'embryon dès le passage du spermatozoïde à travers la zone pellucide de l'ovocyte.

 

On se souvient aussi en mars 2005 de l'interdiction en référé d'une affiche de Marithé & Girbaud sur requête de la Conférence des Evêques de France, par le biais de leur faux nez, l'association au nom oxymorique de "Croyances et Libertés". Les pubards, comme à leur habitude, avaient tout simplement mis le grappin sur une oeuvre appartenant au domaine public, à savoir la Cène, fresque peinte par Léonard de Vinci dans une cantine sur la commande du Duc Ludovic Sforza. Tant que ce sont les marchands de soupe et les calotins qui se font la guéguerre, ce n'est pas très grave, mais il s'était quand même trouvé des juges en référé puis en appel pour donner raison à l'escadron épiscopal, les deux fois contre l'avis du Parquet ! Il avait fallu attendre novembre 2006 pour que la Cour de Cassation renvoie enfin la bigoture à ses mitreries, guérie on l'espère pour  quelques temps de son prurit judiciaire.

 

Mais on doit aussi avoir à l'esprit les invraisemblables pressions anti-IVG de la hiérarchie romaine dans certains pays de tradition catho, comme le Portugal et la Pologne pour ne parler que de l'Europe.

 

On doit avoir à l'esprit l'appel à la désobéissance solennellement lancé par les évêques espingouins en mars dernier à l'encontre d'une loi sur l'éducation votée par le Parlement, et à nouveau en juin à l’issue d'une réunion de la Commission permanente de la Conférence Episcopale Espagnole.

 

On doit avoir à l'esprit les attaques incessantes des emmitrés vénézuéliens contre la politique d'Hugo Chávez, avec encore en juillet dernier une salve d'attaques rédigée lors de leur Assemblée plénière. On est revenu aux beaux jours des encycliques qui jetaient le socialisme aux enfers, de Pie IX à Benoît XV ! Non pas qu'Hugo Chávez soit exempt de critiques, mais Dieu sait qu'en Amérique latine on a vu toutes sortes de régimes beaucoup plus autoritaires et beaucoup plus injustes, sans que la hiérarchie catholique se montre aussi chatouilleuse.

 
Bref, la laïcité est le minimum vital en attendant l'extinction des religions. Et il conviendrait de rappeler à nos hommes politiques et à nos médias de laisser les vestiges du clergé romain à leur juste place.

 

 

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