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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 23:50


 

 

Sur le blog de Nicolas Sarkozy (www.elysee.fr), si on fait une recherche à partir de mots, on trouve à ce jour 1276 occurrences pour le mot "victime(s)". Par comparaison, on trouve 968 occurrences pour le mot "chômage".
 

L'exibition d'un intérêt particulier pour les "victimes" se retrouve chez M Sarkozy dès le temps où il était ministre de l'Intérieur sous Villepin (2005-2007). On pourra notamment lire sur le sujet les observations de Serge Portelli, vice-Président au Tribunal de Grande Instance de Paris (et, en tant que membre du Syndicat de la Magistrature, assez critique envers M Sarkozy)

Par parenthèse, ces observations sont extraites d'un ouvrage, "Ruptures", qui dresse le bilan de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Il devait être publié par les éditions Michalon, et celles-ci ayant reculé en février 2007, quelques mois avant les élections présidentielles, Serge Portelli a fort pertinemment décidé en mars 2007 de publier son ouvrage en ligne.
 

M Sarkozy, à présent président, continue d'afficher une sollicitude spéciale envers les victimes.

Soit par ses propos, par exemple quand il a reçu début mars 2008 les associations et familles de victimes, quelques jours après la publication de la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Il a notamment selon son porte-parole rappelé "qu'il voulait mettre les victimes au coeur de tout"

Soit par ses décisions, comme la création, par un décret ministériel de novembre 2007 , d'un juge délégué aux victimes, en fonction depuis le début de l'année 2008.
  

Je voudrais commenter ici deux faits divers récents, qui ont en commun de mettre en cause le milieu hospitalier, et les dérives auxquelles ils ont donné lieu : la mort d'un enfant de 3 ans dans un hôpital parisien par erreur de produit perfusé il y a 4 jours, et le meurtre d'un jeune homme par un patient schizophrène près de Grenoble le mois dernier. Inutile de préciser que le terme "fait divers" ne diminue en rien le caractère dramatique de ces événements pour les personnes concernées et leur entourage.

 

 

La mort d'un enfant de 3 ans, à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, le 24 décembre

 

Rappel des faits

Cet enfant prénommé Ilyès, hospitalisé pour une angine compliquée, est mort semble-t-il suite à une perfusion de chlorure de magnésium à la place de sérum glucosé. Le chlorure de magnésium n'est pas un produit dangereux aux doses habituellement utilisées, mais il est toxique à fortes doses.

L'infirmière qui a administré le mauvais produit a été placée en garde à vue, deux heures après la mort du petit, par la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne (BRDP), organe de la Direction de la Police Judiciaire de la Préfecture de Police de Paris. La garde à vue à été renouvelée au bout de 24h (donc avec autorisation explicite du Parquet).

Le 26 décembre, l'infirmière a été déférée dans l'après-midi au pôle santé publique du tribunal de Paris pour y être présentée à une juge d'instruction spécialisée. Elle y a été mise en examen pour "homicide involontaire" et placée sous contrôle judiciaire avec interdiction provisoire d'exercer, avant d'être remise en liberté.
 

Une mise en examen peut se concevoir dans ces circonstances. Mais la garde à vue, quant à elle, est tout simplement scandaleuse, a fortiori puisque cette infirmière a d'emblée reconnu l'erreur. L'article 63 du code de procédure pénale précise qu'un officier de police judiciaire peut décider d'une garde à vue "pour les nécessités de l'enquête". En quoi la garde à vue et sa prolongation était-elle nécessaires dans le cadre d'un dysfonctionnement hospitalier, quelque tragiques qu'aient été ses conséquences ? De nombreuses voix, dans le monde de la santé comme dans le monde politique, se sont élevées jeudi et vendredi contre cette garde à vue.
 

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, n'a rien trouvé de mieux que de déclarer le 25 décembre que la garde à vue "est une procédure normale en ces circonstances", qui plus alors qu'elle était en visite dans un autre hôpital parisien. On peut l'entendre déclarer, dans un interview (cf 35:45) diffusé le 26, que "La garde à vue est [...] destinée à faire toute la lumière", "nous le devons aux parents qui sont sous le choc d'un chagrin épouvantable" (elle croit bon d'ajouter "nous le devons aussi au personnel").
 

Quand le Figaro demande à Mme Bachelot ce qu'elle pense des nombreuses protestations contre la GAV, celle-ci botte en touche "Il ne me revient pas de commenter une procédure judiciaire", et se gargarise avec le "drame" (terme 4 fois utilisé dans ce court interview) et "la douleur d'un père et d'une famille qui hurlent leur chagrin", ce qui, même si ces termes sont vrais, n'est pas ce qu'on attend d'un ministre de la Santé.
 

A côté de l'erreur (pour autant que l'on sache) de produit de perfusion, il y a eu d'après le père de l'enfant un manque de réactivité de l'équipe soignante, qui lui a dit de ne pas s'affoler pour une simple somnolence de son enfant.
 

Il est vrai que les soignants développent avec le temps une certaine "distance", pour ne pas dire un distance certaine, vis à vis des angoisses de l'entourage du patient. Pour inévitable que soit cette distance, les soignants doivent en reconnaître l'existence, et probablement mettre en place des stratégies pour ne pas la laisser prendre une rigidité excessive.
 

Les déplorations itératives de Mme Bachelot-Narquin sur le "drame" que vit la famille du petit garçon, curieusement, ne se sont accompagnées d'aucune mesure concrète de soutien à cette famille. Cherchez l'erreur.
 

Au-delà des déclarations lapidaires, des justifications empêtrées, et des contradictions de la ministresse de la Santé, on ne peut que s'inquiéter, sous le gouvernement actuel, de l'exploitation immédiate de tout fait divers (ce terme n'enlève rien, répétons-le, au caractère tragique de l'événement) pour désigner un ou quelques coupables à la vindicte administrative, policière, judiciaire et médiatique.

Ce n'est pas par hasard que la BRDP et le Parquet ont pris cette initiative ubuesque et sans précédent de garde à vue d'un personnel soignant dans de telles circonstances.

Ceci s'inscrit évidemment dans la préoccupation exhibée du président de la République envers les "victimes".

D'un point de vue quantitatif, Serge Portelli constatait dans l'ouvrage sus-cité une explosion des gardes à vue depuis 2002, année du premier passage de Nicolas Sarkozy place Beauvau, sous Raffarin.
 

En tout cas chaque citoyen est désormais un coupable en puissance.

 

 

Le meurtre d'un jeune homme par un patient schizophrène, à Grenoble, le 12 novembre dernier

 

Rappel des faits

Le 12 novembre dernier, un patient schizophrène de 56 ans en hospitalisation d'office (hospitalisation sous contrainte décidée par la préfecture) à l'hôpital de Saint Egrève près de Grenoble, avait fugué alors qu'il effectuait une promenade dans le parc de l'établissement, où il avait accès libre (comme beaucoup de patients stabilisés). Il s'était rendu à Grenoble, avait acheté un couteau, et avait poignardé un passant, un étudiant de 26 ans qui devait décéder dans la soirée. Le patient avait été interpellé sur les lieux de l'agression peu après celle-ci, avait déclaré avoir choisi sa victime au hasard, et ne pas avoir d'explication à son geste sinon des voix qui le commandaient. Il avait réintégré l'hôpital de Saint-Egrève et été placé en isolement.

D'après les informations communiquées à la presse, il avait dans le passé commis trois agressions du même type qui s'étaient soldées chaque fois par son placement d'office en hôpital psychiatrique. En 1989, il avait poignardé dans le ventre un clochard à Grenoble, en 1995 un autre passant dans la ville après s'être échappé de l'hôpital, puis en 2006 un résident d'une maison de retraite.

Il était hospitalisé à Saint-Egrève depuis mai 2006, à la suite de la dernière agression. Le médecin chef avait précisé que rien ne permettait de penser dans son évolution qu'il pouvait passer à nouveau à l'acte. Outre les sorties autorisées par l'hôpital dans le parc, le patient bénéficiait, depuis février 2008, de sorties d'essai hebdomadaires.
 

Quatre jours après le meurtre, le directeur de l'hôpital de Saint-Égrève avait été suspendu de ses fonctions par le Centre National de Gestion, organe chargé de la gestion des personnels de direction (et des praticiens) sous la tutelle du ministère de la Santé. Cette suspension avait été jugée tellement absurde et injuste, qu'elle avait réussi la prouesse de mobiliser l'ensemble du personnel et des syndicats de l'établissement pour soutenir le directeur.
 
Le lendemain du meurtre, le 13 novembre, Nicolas Sarkozy, toujours à l'affût du fait divers sanglant pour montrer à l'électeur qu'il veille personnellement sur sa sécurité, demandait aux ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé de lancer une réforme de l'hospitalisation psychiatrique !...
 
Et le 2 décembre, lors d'un discours à l'hôpital d'Anthony, il annonçait un chapelet de mesures visant à encadrer les malades mentaux potentiellement dangereux.

Avec cette assurance démesurée qui le caractérise, notre hyperprésident s'était pour commencer fendu d'un diagnostic criminologique rétrospectif  "Voilà une personne éminemment dangereuse qui bénéficiait pourtant de deux sorties dessai par semaine ! Et jentends dire que rien nindiquait que cette personne pouvait à nouveau passer à lacte, que rien navait été fait pour renforcer sa surveillance ?".

En rappelant un peu plus tard pour ceux qui l'ignoraient encore : "Je dois répondre à linterrogation des familles des victimes que je reçois."

Plus loin, à propos de l'hospitalisation d'office, M Sarkozy semblait pris d'un accès de lucidité : "Jai bien conscience que ce sont des sujets quil nest pas raisonnable pour un Président de la République dévoquer", mais enchaînait rapidement : "Le drame de Grenoble ne doit pas se reproduire."

Et il martèlera dans sa conclusion : "des gens dangereux dans la rue, cest un scandale".
 
Les mesures annoncées sont les suivantes :
 

1) Sécurisation des établissements (30 millions d'euros) :

- mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements ;

- mettre en place des dispositifs de géo-localisation avec alerte ;

- installer une unité fermée dans chaque établissement qui le nécessite, avec contrôle des entrées et sorties par systèmes de vidéosurveillance ;
- aménagement de 200 chambres d’isolement.
 

2) Création de quatre unités supplémentaires pour malades difficiles de quarante lits chacune (40 millions d'euros).
 

3) Réforme des procédures de l’hospitalisation d’office (HO).

- obligation de soins ambulatoires en milieu psychiatrique ;

- en cas de sortie d’essai ou définitive, nécessité de l'avis du psychiatre qui suit le patient, du cadre infirmier, et d'un psychiatre qui ne suit pas le patient ;

- engagement de la responsabilité des préfets lors des décisions de sortie.
 

L'alourdissement des procédures de sortie pour l'hospitalisation d'office sont de la pure poudre aux yeux (le risque zéro n'existe pas plus en psychiatrie qu'ailleurs). La désignation des Préfets, qui ne peuvent pas moufter face à l'exécutif, comme boucs émissaires/fusibles potentiels en chef, ne relève que de cette obsession de trouver des responsables pour tout (enfin, les Préfets ont choisi leur boulot). Ceci dit, sans apporter une réelle sécurité quelconque, cette mesure risque de rendre plus difficile les sorties d'HO, alors même que les services de psychiatrie manquent de place.
 

Les deux premières séries de mesures ne sont pas nécessairement malvenues. Mais elles devaient être tout simplement insérées dans un plan hospitalier, sans éclats, surtout sans déclarations héroïques du premier personnage de l'État. Car, une fois de plus, c'est une image désatreuse de la psychiatrie et des patients dont elle a charge qui est donnée. Les soignants s'appliquent en France depuis au moins un demi-siècle à déstigmatiser les représentations de la maladie mentale, et voilà que le président de la République en personne vient casser ce travail, déjà particulièrement ardu, en insistant avec de gros sabots sur la dangerosité et la sécurité.
 

L'image de la maladie mentale est notamment faussée dans le public pour une question de "perception du risque", concept notamment développé en matière environnementale mais pouvant être étudié dans tous les domaines. Il aborde les risques non pas tels qu'ils sont objectivement évalués, mais perçus par le public. L'un des spécialistes du sujet, Peter Sandman a notamment insisté sur les facteurs d'indignation ("outrage factors"), qui interviennent beaucoup à côté des dangers objectifs.

Les agressions graves de la part de patients schizophrènes sont, chacun en conviendra, infiniment moins fréquentes que les accidents de la circulation occasionnant blessures ou décès. Sur le plan de la responsabilité, un schizophrène en phase pathologique active, qui a perdu le contrôle de son esprit, n'est pas davantage "responsable" qu'un automobiliste qui a perdu le contrôle de son véhicule. Or, chacun accepte le risque qu'il encourt en prenant son véhicule. Cherchez l'erreur.
 

Les médias ne sont pas les derniers responsables de cette perception du risque sans queue ni tête. Au moment où j'écris ces lignes, on fait grand bruit autour d'un "schizophrène dangereux", en Hospitalisation d'Office, en fugue d'un hôpital de Marseille. "Un fou dangereux s'échappe de l'hôpital", titre La Provence façon XIXe siècle.  Ce patient a des antécédents lourds : auteur de plusieurs actes de violence, il a tué en 2004 le compagnon de sa grand-mère à coups de hache (ah, la hache, ça aussi les journaleux aiment bien dans leurs gros titres, si seulement ça avait pu être une tronçonneuse). Personne ne contestera que ce meurtre était particulièrement choquant. Cependant, des patients avec des antécédents lourds qui fuguent, il y en a probablement tous les jours. Et, fort heureusement, il ne surgit en règle aucun nouveau comportement violent. Pourquoi cette agitation médiatique ? Parce que le malade mental dangereux est à la mode, et parce que la bavure hospitalière est tendance, vis à vis d'une clientèle de victimes potentielles.
 

Précisons par ailleurs que les patients schizophrènes, s'ils présentent statistiquement un risque d'être auteurs d'actes violents plus élevé que la population générale, présentent un risque d'être victimes d'agression encore plus élevé, et un risque de suicide encore beaucoup élevé. On n'a pas entendu notre hyperprésident s'exprimer à ce sujet...

 

D'autre part, si M Sarkozy s'intéresse tant à la sécurité en milieu hospitalier, il gagnerait à prendre conscience que la première garantie de sécurité vis à vis des patients traités en établissements de soins, ce sont des lits en nombre suffisants et du personnel en nombre suffisant.
Paut-être le sait-il, tant c'est évident. Mais voilà, ça coûterait plus de sous, et la priorité, pour un homme politique responsable, c'est la lutte contre le déficit budgétaire. C'est ainsi qu'il paraissait également impossible cet été de trouver 1,3 milliard d'euros pour financer le revenu de solidarité active (RSA) de Martin Hirsch.
A ce détail près que lorsque les spéculateurs mondiaux ont fini, en septembre et octobre dernier, par scier l'énorme fausse branche sur laquelle ils étaient assis (sans compter les fraudes démasquées par la crise des liquidités, genre le scandale Madoff et ses 50 milliards de dollars envolés en fumée), le gouvernement de M Sarkozy (oh, comme les autres) a trouvé le moyen de débloquer (au moins virtuellement) des sommes faramineuses pour voler au secours des banques, des assurances, et des divers secteurs économiques.
La loi de Finances rectificative du 17 octobre prévoit ainsi jusqu'à 320 milliards d'euros de garantie des emprunts interbancaires, et jusqu'à 40 milliards d'euros de recapitalisation des établissements financiers.
Et le récent plan de relance annoncé le 4 décembre prévoit ainsi 26 milliards d'aide aux entreprises, à l'automobile, au bâtiment, ainsi que pour l'investissement public qui bénéficie tout à coup de financements tombés du ciel.
 

Mais la relance ne concerne apparemment pas la santé publique. Dans son discours d'Antony le 2 décembre, le président de la République proclamait

"Il faut que l’hôpital psychiatrique - allez, j’ose le mot - ait un patron, et un seul, qui ait le pouvoir de dire oui, de décider et d’agir."
Le Directeur, le "patron", a généralement pour mission de diminuer les lits, de réduire le personnel, et de faire sous-traiter au maximum toutes les activités de l'hôpital public par des structures privées ou associatives. L'éternelle confusion entre la rationalisation et le rationnement. Dans l'hôpital où je travaille, pour prendre un exemple au hasard, le Directeur est parvenu à se mettre à dos par son absence de dialogue l'ensemble des personnels de l'établissement, des techniciens aux praticiens.
 

L'enfermement de la psychiatrie dans un discours sécuritaire par le chef de l'État a suscité des protestations très fermes de l'ensemble des soignants. Les syndicats psychiatriques ont immédiatement réagi, une pétition générale a été lancée à l'initiative d'un collectif de soignants, les réactions se sont poursuivies,  une pétition de professionnels de la santé a été lancée par un syndicat de psychiatres, et le 21 décembre dernier les quatre syndicats de psychiatres publics ont signé un communiqué commun dénonçant sans ambiguité le discours réducteur de M Sarkozy.
 

En conclusion :

 

Il est évident que les victimes doivent faire l'objet d'une attention particulière, personne ne le contestera, d'autant que chacun d'entre nous est une victime en puissance.

 

Les mauvais esprits pourront cependant estimer que, sous la présidence de M Sarkozy :

- le remue-ménage fait autour des victimes d'atteintes à la personne humaine permet de laisser dans l'ombre les victimes de la délinquance en col blanc, des victimes des licenciements destinés à faire grimper un titre en bourse, des victimes des spéculateurs financiers (bien sûr, M Sarkozy y a été de sa réaction indignée au plus fort de la crise financière, mais il était un peu tard)...

- le souci des victimes peut être prétexte à des dérives de la prévention secondaire (dépistage précoce des sujets à risque de déviance) et tertiaire (prévention des récidives de comportements déviants), avec risque de ce qu'il est convenu d'appeler un État policier.

 

Je sais, tout ça fait un peu gauchiste, c'est l'effet Sarko, merci au Président de me permettre un rajeunissement.

 
Le rôle de l'État n'est en tout cas certainement pas de mettre de l'huile sur le feu à chaque fait divers, mais au contraire d'assurer l'équilibre entre :

- D'une part la déresponsabilisation systématique du coupable dès lors qu'il est peu ou prou institutionnel, système où la victime lambda, hors les infractions crapuleuses individuelles, est renvoyée à sa misère (modèle des Etats totalitaires à la chinoise). 

- D'autre part la déresponsabilisation systématique de la victime, système où le citoyen infantilisé va réclamer pour tout accident, outre des dédommagements légitimes, la désignation de responsables et de coupables, et la mise en oeuvre d'actions administratives, judiciaires ou politiques. Le risque zéro n'existe pas, malgré la dérive contemporaine des États occidentaux, permise par le système judiciaire dans des pays comme les États-Unis, ou par une volonté politique suspecte dans des pays comme la France, et partout appuyée par de trop nombreux médias.
 
Comment ça, j'ai été trop long ?

 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 22:58

 

Julien Gracq, figure majeure du paysage littéraire français, édité de son vivant à la Bibliothèque de la Pléiade, est mort aujourd'hui à l'âge de 97 ans après avoir été hospitalisé à Angers suite à un malaise.

Nicolas Sarkozy, au nom du peuple français, tient à faire part à ses parents de sa profonde et sincère sympathie en ces circonstances douloureuses.

 

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 22:14
 
Hier, en mettant en ligne la « vidéo qui va rester dans les annales » où s'exposait la fureur bredouillante de not' Président au Guilvinec, je commentais « La question à mille euros est : de quoi donc l'a traité le pêcheur en colère pour mettre notre hyperprésident encore plus en colère que lui. Est-ce que ça a rapport avec, euh, les annales ? »
 
Bingo !
 
Aujourd'hui, par la grâce d'Internet et de Dailymotion, nous avons un champ élargi tourné par un journaliste du Télégramme de Brest et mis en ligne ce jour.
Ma première hypothèse d'hier s'avère la bonne : ça a trait aux « annales » :

 

 

Si je gagne pas au moins un point d'audimat avec ça !

 

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:17

 

Amis lecteurs, dès aujourd'hui sur votre blog préféré une vidéo qui va rester dans les annales : M'sieur Sarkozy ce matin au Guilvinec sur BFM TV. J'ai eu du mal à la mettre en ligne, vu que chaque fois que je la visionne, le SAMU doit intervenir pour me réanimer et me remettre la mâchoire en place rapport au dépassement du seuil critique d'hilarité.
 

 

Avec derrière, Michel Barnier qui a l'air de penser : « T'as voulu venir faire le malin ? Eh ben t'y es ! »

Le pire, c'est que ça ne me rend pas Son Altesse Nicolas 1er particulièrement antipathique.


La question à mille euros est : de quoi donc l'a traité le pêcheur en colère pour mettre notre hyperprésident encore plus en colère que lui ?
Est-ce que ça a rapport avec, euh, les annales ?

Ou est ce que ça a rapport avec la future-ex-M'ame Sarkozy ?

En tout cas, les différentes vidéos des interventions de M'sieur Sarkozy au Guilvinec le montrent toutes d'humeur plutôt tendue.
Il est vrai que se faire lourder par bobonne après lui avoir fourni l'alibi pour montrer qu'elle n'était pas qu'une potiche, ça peut jouer sur les nerfs.

Il devait pas avoir plus que ça envie de venir, mais un conseiller a dû lui laisser entendre, avec raison, que les mobilisations de marins-pêcheurs peuvent salement dégénérer. Z'ont quand même incendié le Palais de Justice de Rennes, monument historique (le Parlement de Bretagne), en février 1994.

Bon, d'accord les marins-pêcheurs bretons sont un peu relous. Pis demander à brûler du gasoil pour continuer à dépeupler l'océan, c'est pas forcément tip top.
Attention, hein, je parle pas des petits patrons-pêcheurs bretons artisanaux genre chalutiers côtiers, ferait bon voir qu'on dise du mal de mes ancêtres maternels. Mais c'est pas simple, y en a qui sont passé du stade artisanal au stade industriel, ça a même pu être une condition de survie au prix de surendettements pour faire face non seulement à la diminution de la faune maritime, mais aussi à l'ouverture du marché sur l’étranger et aux pressions de la grande distribution. Enfin bon...

 
Notre hyperprésident est à l'heure où je mets en ligne aux Tazunis. On espère qu'il a retrouvé son calme. Une autre vidéo circule déjà sur le web (je vous en fais grâce), il s'agit de l'émission "60 Minutes" de CBS, enregistrée début octobre et diffusée fin octobre, où, sur une question de la journaliste-vedette concernant les rumeurs de divorce, Nicolas 1er enlevait oreillette et micro et quittait sèchement le plateau.

 

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 23:58

 

Grâce à M'sieur Sarkozy, plus personne en France ne peut depuis le début de l'année 2007 ignorer que Guy Môquet n'est pas seulement une station de métro ou une rue parisienne, mais un garçon au destin héroïque et malheureux, dont chacun à présent pense à mettre le circonflexe sur le "o".

 

C'est ce matin que, sur la volonté de notre hyperprésident (et de son très républicain conseiller Henri Guaino), la lettre d'adieu que ce garçon de 17 ans avait écrite à sa famille depuis sa prison, avant d'être fusillé par l'occupant allemand, le 22 octobre 1941, a été lue (tant bien que mal) dans tous les lycées de France. Plusieurs VIP de l'UMP, dont M'ame Dati et M'sieur Darcos, ont payé de leur personne en se rendant dans des établissements scolaires pour solenniser l'initiative.

 

Je ne vais pas revenir sur les polémiques qui ont entouré cette initiative, des plus stupides (ça va encourager le suicide des ados) aux plus pertinentes (quel statut et quelle place doit avoir la commémoration) en passant par les bagarres d'appropriation politiciennes  ou les controverses sur le rôle de l'enseignant.

Tout ce que j'ai à dire, c'est que c'est par excellence le genre de truc qui me gonflait quand j'avais l'âge d'être lycéen, donc je ne suis pas sûr que c'est par ces moyens qu'on donnera aux p'tits jeunes le sens des valeurs.

 

De multiples commentaires ont essaimé sur le Web. Je citerai une récapitulation fort complète sur le site de Jean-Pierre Husson (prof à Nancy 2) consacré à l'histoire et la mémoire des deux guerres mondiales. On trouvera sur cette page la copie manuscrite de la lettre du jeune homme, l'original étant quant à lui ici.

Cette lettre est bien entendu émouvante, et étonnante sous la plume d'un gars de 17 ans. Henri Guaino n'est pas un amateur.

 

Faut-il faire un commentaire sur la consternante instrumentalisation, pour le coup, de cette lettre par Bernard Laporte, le sélectionneur du XV de France, qui l'avait fait lire par un joueur avant le France-Argentine du 7 septembre dernier, pensant faire plaisir à M'sieur Sarkozy ?

Par une coïncidence malheureuse du calendrier, M'sieur Laporte a pris ses fonctions de secrétaire d'Etat aux Sports également aujourd'hui, avec en prime quelques casseroles fiscales. On en viendrait à se féliciter, vu la récupération qu'avait orchestrée notre hyperprésident, que le XV de France se soit pris la pâtée.

Enfin, M'ame Bachelot peut se réjouir : on lui a trouvé un secrétaire aux Sports encore plus nouille qu'elle, et ça c'était pas gagné.

 

Mais ce n'est pas là que je veux en venir.

 

Je réclame, si les commémorations doivent entrer officiellement à l'école, un hommage semblable au chevalier de La Barre, dernier condamné à mort français pour blasphème, à l'âge de 19 ans, le 1er juillet 1766. Son copain d'Étallonde, qui n'avait pas 18 ans, avait pu quant à lui se barrer en Prusse.

 

On pourrait lire des extraits de la fameuse lettre "Relation de la mort du chevalier de La Barre" que Voltaire écrivit à Beccaria sous le nom de Cassen.

 

« Je vous dirai plus, monsieur; il n’y a point en France de loi expresse qui condamne à mort pour des blasphèmes. L’ordonnance de 1666 prescrit une amende pour la première fois, le double pour la seconde, etc., et le pilori pour la sixième récidive.

Cependant les juges d’Abbeville, par une ignorance et une cruauté inconcevables, condamnèrent le jeune d’Étallonde, âgé de dix-huit ans:

1° A souffrir le supplice de l’amputation de la langue jusqu’à la racine, ce qui s’exécute de manière que si le patient ne présente pas la langue lui-même, on la lui tire avec des tenailles de fer, et on la lui arrache.

2° On devait lui couper la main droite à la porte de la principale église.

3° Ensuite il devait être conduit dans un tombereau à la place du marché, être attaché à un poteau avec une chaîne de fer, et être brûlé à petit feu. Le sieur d’Étallonde avait heureusement épargné, par la fuite, à ses juges l’horreur de cette exécution.

Le chevalier de La Barre étant entre leurs mains, ils eurent l’humanité d’adoucir la sentence, en ordonnant qu’il serait décapité avant d’être jeté dans les flammes; mais s’ils diminuèrent le supplice d’un côté, ils l’augmentèrent de l’autre, en le condamnant à subir la question ordinaire et extraordinaire, pour lui faire déclarer ses complices; comme si des extravagances de jeune homme, des paroles emportées dont il ne reste pas le moindre vestige, étaient un crime d’État, une conspiration. Cette étonnante sentence fut rendue le 28 février de cette année 1766.

[...]

Enfin, le 1er juillet de cette année, se fit dans Abbeville cette exécution trop mémorable: cet enfant fut d’abord appliqué à la torture. Voici quel est ce genre de tourment.

Les jambes du patient sont serrées entre des ais; on enfonce des coins de fer ou de bois entre les ais et les genoux, les os en sont brisés. Le chevalier s’évanouit, mais il revint bientôt à lui, à l’aide de quelques liqueurs spiritueuses, et déclara, sans se plaindre, qu’il n’avait point de complices.

[...]

Le spectacle en effet était terrible: on avait envoyé de Paris cinq bourreaux pour cette exécution. Je ne puis dire en effet si on lui coupa la langue et la main. Tout ce que je sais par les lettres d’Abbeville, c’est qu’il monta sur l’échafaud avec un courage tranquille, sans plainte, sans colère, et sans ostentation: tout ce qu’il dit au religieux qui l’assistait se réduit à ces paroles: « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose. »

[...]

Quelques juges ont dit que, dans les circonstances présentes, la religion avait besoin de ce funeste exemple. Ils se sont bien trompés; rien ne lui a fait plus de tort. On ne subjugue pas ainsi les esprits; on les indigne et on les révolte. 

J’ai entendu dire malheureusement à plusieurs personnes qu’elles ne pouvaient s’empêcher de détester une secte qui ne se soutenait que par des bourreaux. Ces discours publics et répétés m’ont fait frémir plus d’une fois.

On a voulu faire périr, par un supplice réservé aux empoisonneurs et aux parricides, des enfants accusés d’avoir chanté d’anciennes chansons blasphématoires, et cela même a fait prononcer plus de cent mille blasphèmes. Vous ne sauriez croire, monsieur, combien cet événement rend notre religion catholique romaine exécrable à tous les étrangers. Les juges disent que la politique les a forcés à en user ainsi. Quelle politique imbécile et barbare! Ah! monsieur, quel crime horrible contre la justice de prononcer un jugement par politique, surtout un jugement de mort! et encore de quelle mort ! »

 

 

Vu que le 1er juillet, ça tombe pas forcément bien, je suggère pour cette commémoration le 9 décembre, date de la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.

 

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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 23:27

 

 

On se doutait que l'amendement Mariani sur l'établissement de la filiation par test génétique pour l'établissement de visas dans le cadre du regroupement familial allait provoquer une levée de boucliers.

Cependant, à lire ou écouter les protestaires, on se demande combien ont pris connaissance du paragraphe 1er de l'art 5 bis de la "petite loi" à ce jour (état d'une loi en cours de discussion à l'AN et au Sénat) relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile :

 

I - L'article L. 111-6 du même code [de l'entrée et du séjour des étrangers] est complété par neuf alinéas ainsi rédigés :

 
2 « Le demandeur d'un visa pour un séjour de longue durée supérieure à trois mois, ou son représentant légal, ressortissant d'un pays dans lequel l'état civil présente des carences peut, en cas d'inexistence de l'acte de l'état civil ou lorsqu'il a été informé par les agents diplomatiques ou consulaires de l'existence d'un doute sérieux sur l'authenticité de celui-ci, qui n'a pu être levé par la possession d'état telle que définie à l'article 311-1 du même code, demander que son identification par ses empreintes génétiques soit recherchée afin d'apporter un élément de preuve d'une filiation déclarée avec la mère du demandeur de visa. Le consentement des personnes dont l'identification est ainsi recherchée doit être préalablement et expressément recueilli. Une information appropriée quant à la portée et aux conséquences d'une telle mesure leur est délivrée.


3 « Les agents diplomatiques ou consulaires saisissent sans délai le tribunal de grande instance de Nantes, pour qu'il statue, après toutes investigations utiles et un débat contradictoire, sur la nécessité de faire procéder à une telle identification.


4 « Si le tribunal estime la mesure d'identification nécessaire, il désigne une personne chargée de la mettre en oeuvre parmi les personnes habilitées dans les conditions prévues au dernier alinéa.

5 « La décision du tribunal et, le cas échéant, les conclusions des analyses d'identification autorisées par celui-ci, sont communiquées aux agents diplomatiques ou consulaires. Ces analyses sont réalisées aux frais de l'État.

[...]

 

 

Force est de reconnaître en passant que le Sénat, l'institution la plus réactionnaire de France, a pour une fois tenu son rôle censé être au-dessus des luttes partisanes et des turbulences de l'actualité en imposant une réécriture de plusieurs points du projet de loi Hortefeux sur l'immigration.

On voit, pour ce qui est du test ADN, que :

- Le test n'est pas imposé, c'est le postulant qui prend l'initiative de le demander  à titre d'alternative à un état-civil défectueux. Gardons à l'esprit que ce postulant est de par les textes nécessairement âgé de moins de 18 ans, et que rares sont les pays où la majorité légale est inférieure à 18 ans. Donc en pratique la demande vient d'un "représentant légal".

- La filiation recherchée est avec la mère du demandeur de visa.

La recherche d'une filiation paternelle serait effectivement dangereuse pour les femmes, vu la vision de l'adultère et la situation de la femme dans les cultures afro-maghrébines.

- La décision est judiciaire et non administrative.

Quoique, si c'est le Parquet du TGI de Nantes (spécialisé rappelons-le en matière d'état civil) qui intervient en première ligne, on est pas tellement plus avancé en matière d'indépendance.

- Le test est réalisé aux frais de l'Etat.

 

Il semble que les réactions d'opposition relèvent de deux rubriques (d'ailleurs parfaitement compatibles) :

 

1 - Les réactions des anti-sarkozystes et/ou des opposants au contrôle de l'immigration

 

Ce sont les réactions attendues de SOS Racisme, Charlie Hebdo, les Guignols, de toute la gauche altermondialiste ou radicale, ainsi que d'une façon générale d'un certain nombre d'opposants au gouvernement.

Force est de reconnaître qu'on ne peut qu'être méfiant vis à vis de M'sieur Sarkozy sur ce sujet depuis qu'il a annoncé puis créé son scandaleux Ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale (bon, et du co-développement).

Et il est vrai que ce débat contribue à jeter la suspicion sur la figure de l'immigré (surtout quand sa figure est foncée), implicitement présenté comme un fraudeur et un profiteur.

 

2 - Le refus de la biologisation de l'être humain et de l'irruption de la biologie dans le politique

 

C'est à l'évidence le problème de fond. C'est un problème resté sensible en France, qui fut un des théatres des excès où conduisit l'extension de ce type d'approche dans les pays occidentaux durant le dernier tiers du XIXème et le premier tiers du XXème siècle.

Notons qu'en Allemagne, premier théatre de ces excès historiques, ces tests ADN dans le contexte immigratoire ne font pas l'objet d'un cadre juridique spécifique et que le recours à eux y resterait une pratique exceptionnelle.

 

Il y a par ailleurs probablement en France une suspicion à l'égard des techniques génétiques (cf les OGM) comme il y en a à l'égard des techniques nucléaires. Peu de personnes imaginent cependant l'apport des techniques génétiques et nucléaires au diagnostic médical.

Mais la question va ici plus loin.

 

Nous sommes renvoyés en l'occurrence à une définition de la famille. Le fondement de la famille, il est inutile de nier, est biologique. Les institutions familiales ont au départ pour objet sinon explicite du moins implicite de permettre à chaque parent de transmettre ses gènes dans les meilleures conditions. Ce n'est pas abuser de la sociobiologie que de le constater. Avec cette différence que, la plupart des sociétés étant patriarcales, les hommes exerçaient (ou exercent encore) un contrôle beaucoup plus strict sur la descendance. Cela en s'assurant que les enfants mis au monde par leurs femmes ne risquaient pas de venir d'autres mâles, alors que les femmes, elles, disposaient de nettement moins de moyens d'empêcher leurs époux d'aller voir ailleurs. Je ne sais pas si la théorie des jeux s'est intéressée à l'analyse des effets de l'adultère pour élucider ce paradoxe (l'homme de sexe masculin, sauf vous et moi, étant porté à aller honorer d'autres femmes mais voulant empêcher les autres hommes d'honorer sa femme) en termes d'économie génique. Bon, ne nous éloignons pas du sujet.

 

Cependant, à la conception biologique de la famille, il faut opposer deux bémols de taille.

D'abord, les familles recomposées, où des enfants se retrouvent avec un père ou une mère qui n'est pas leur père ou leur mère biologique, ont toujours existé suite à des décès ou des séparations. Elles croissent d'ailleurs de façon impressionnante dans nos propres sociétés occidentales, depuis que les traditions sociales et familiales laissent de plus en plus place (avec plus ou moins de bonheur) aux choix individuels.

Ensuite, d'autres sociétés ont des conceptions de la structure familiale différente de la nôtre. Par exemple, dans maintes sociétés africaines, les rôles des oncles et des tantes sont incomparablement plus importants que chez nous, ainsi que le statut des cousins. Mais je conviens que la société d'accueil est en droit d'imposer ses normes (c'est ainsi que la France ne prend pas en compte la polygamie, qui sévit encore dans un certain nombre de pays africains notamment de l'Ouest, pour procéder aux regroupements familiaux).

D'un autre côté, sous les latitudes où sévissent des conditions de vie parfois déplorables en terme de santé ou de sécurité, il n'est pas rare de devoir confier l'enfant à des parents de substitution après le décès d'un des parents. Mais si la biologie ne peut en attester, souvent l'état civil ne le peut davantage.

 

- Alors, en fin de compte, t'es pour ou t'es contre les tests ADN pour le regroupement familial ??

 

Bien sûr, les problèmes liés à l'immigration existent.

Que la différence de niveau de vie incite une quantité de personnes des pays du Sud à venir en Europe par toutes sortes de moyens, c'est une évidence. Et si cela induit d'inévitables problèmes de prise en charge de la part du pays d'accueil, l'impact douloureux concerne surtout les familles et les individus du pays d'origine.

Que l'état civil officiel soit n'importe quoi dans un certain nombre de pays, et que le trafic de papiers soit un commerce florissant, c'est une réalité.


La question du regroupement familial n'est qu'un des aspects de l'immigration économique. Sur le problème général de l'immigration économique, je n'ai aucune solution miracle, sinon de clamer avec le choeur que la solution réside dans l'auto-suffisance des pays du Sud (vous remarquerez que je n'ai pas dit la "croissance"). Déjà il faudrait que les organismes internationaux comme la BM, le FMI ou l'OMC ne soient ni les vecteurs du néo-libéralisme ni les émissaires des pays riches. Et que l'ONU intervienne efficacement pour régler les conflits armés locaux. Bon, je déconne.

 

Euh, et les tests ADN ?

On va dire que je suis contre. Je ne suis pas fondamentalement contre, et de toute façon je pense que ce genre de truc finira par se faire en vertu de principe de Gabor (tout ce qui est techniquement réalisable finira un jour ou l'autre par être réalisé) appliqué aux sociétés.

Mais je n'ai pas confiance dans ce que pourrait en faire une administration sous l'égide d'un gouvernement comme le nôtre actuellement, dans le climat actuel de méfiance vis à vis des personnes d'origine extra-européenne, même si l'initiative vient du demandeur et que la décision de pratiquer le test est judiciaire.

 

En fait, pour conclure, je ne peux que vous inviter à lire l'avis du Comité Consultatif National d'Ethique du 4 octobre dernier intitulé « Migration, filiation et identification par empreintes génétiques ».

Pas à dire, ils causent bien, au CCNE.

 

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 00:51

 

Mes chers compatriotes,

 

Je ne vais certainement pas y aller de mon commentaire sur le résultat et les suites du présidentiel scrutin. Si la majorité des Français veulent se lever tôt et travailler plus pour que ceux qui gagnent beaucoup gagnent encore plus, ça les regarde.

 

Mais, après la constitution du nouveau gouvernement, je voudrais réparer la carence des médias concernant la nouvelle titulaire de mon Ministère de tutelle, oubliée des commentaires.

M'sieur Sarkozy a confié comme attendu le Ministère de la Santé à M'ame Bachelot.
Avec la Jeunesse et les Sports. C'est logique, hein, le meilleur moyen d'être en bonne santé c'est d'être jeune, et c'est plus facile de faire du sport quand on est jeune et en bonne santé.

On se rappelle que M'ame Bachelot, mise à la tête de l'Ecologie de mai 2002 à mars 2004 (sous Raffarin I et II) par M'sieur Chirac, avait enfin dégagé des idéologies le Ministère de l'Environnement pour en faire une agence décomplexée et sans tabou au services des lobbies.
Prenons un exemple au hasard : la chasse.
Elle avait multiplié les arrêtés illégaux visant à élargir les dates de chasse, arrêtés régulièrement annulés par le Conseil d'Etat.
Elle avait défendu les chasseurs bec et ongles, et avait déposé et défendu la loi du 17 juillet 2003 qui supprimait les contrôles du budget des Fédérations de chasse, qui supprimait le jour hebdomadaire sans chasse, qui étendait la chasse de nuit à de nouveaux départements...
Elle avait brillamment illustré sa cohérence politique et sa hauteur de vue à l'Assemblée Nationale, qui résonne encore de ses formules définitives comme « À chaque fois que la chasse recule c'est le Coca-Cola qui avance ! » (11/02/03).


M'ame Bachelot est à n'en pas douter une personnalité exceptionnelle : c'est le seul personnage politique français qui soit la caricature de sa marionnette des Guignols.

Manifestement, M'sieur Sarkozy manquait de femmes de sexe féminin pour compléter son gouvernement. Ou bien il a pensé qu'il fallait un pendant à la réputation réactionnaire en matière sociétale de M'ame Boutin. On se rappelle en effet que M'ame Bachelot s'est fait bien voir du petit monde LGBT par ses prises de position en faveur de l'homoparentalité. Et toujours dans le registre du sociétalement branchouille, elle a signé le « Manifeste des Chiennes de Garde », ce qui ne saurait étonner de sa part puisque cette association est au féminisme ce que Patrick Sébastien est à la chanson.

Quand je pense qu'on nous serinait « le seul critère de composition du gouvernement, ça sera la compétence »...

En tout cas le féminisme a fait un pas en avant si l'on en croit la fameuse formule de Françoise Giroud : « La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente. »

En réalité, faut dire que M'sieur Sarkozy, pas si bête, n'a confié qu'un Ministère croupion à cette dinde, puisque c'est le Ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique qui va gérer le budget de la Santé, donc exercer les vraies responsabilités.
Oups, pardon aux dindes.
 

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 01:38

 

Dédiée à « La France qui se lève tôt » :

 

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, jusqu’à l’heure où les autres se lèvent.

(Jules Renard, Journal)

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