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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 18:20
  barricade-2-bis-jpg.jpg
 
Ceci est en quelque sorte une suite de mon article "Z'allez bien nous faire des ch'tites émeutes ?", et pourrait d'ailleurs porter le même titre.
 
Rappel : le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel, deux adolescents, Mouhsin (15 ans) et Lakhami (16 ans), sur une mini-moto sans casque percutaient une voiture de police et se retrouvaient raides morts.

Quiconque vit ou travaille dans certaines zones de certaines banlieues connaît ça, les petits jeunes qui font des heures durant des circuits pétaradants en empruntant allègrement les sens interdits et les espaces piétons, le but étant d'emmerder le maximum de gens avec le maximum de décibels. Une manière de graffiti sonores. Quand on est jeune on est con. Moi-même quand j'étais jeune j'étais con, c'est vous dire. D'ailleurs je suis resté très jeune. Si en plus les parents, pour une raison ou une autre, ne remplissent pas leur rôle, je vous raconte pas. Toujours est-il que la population qui a affaire à ces charmants bambins ne souhaite évidemment pas les expédier ad patres, mais les expédierait volontiers aux îles Kerguelen. Sans leur mini-moto, hein, les manchots ne méritent pas ça !

Bref, ce 25 novembre, vu qu'il y a des keufs en cause, des éléments de la jeunesse locale s'étaient mis à casser et à incendier tout ce qui était à portée de mains, y compris l'école maternelle et la bibliothèque. Figure imposée. Le jour de l'accident, un commissaire divisionnaire qui tentait de ramener le calme était sévèrement passé à tabac ; 52 policiers étaient blessés, dont 26 par des armes à feu. Le lendemain, 81 policiers étaient blessés, dont 54 par armes à feu.

Certains quartiers de Villers-le Bel sont un peu particuliers. Le 2 de ce mois, trois jeunes étaient blessés par des coups de feu tirés d'une voiture par un homme encagoulé. Et pas plus tard que ce 26 juin, un jeune a été blessé et un autre tué par des tireurs encagoulés.

Toujours est-il que suite à ces tirs sur la police de novembre 2007, ce 21 juin s'ouvrait à la cour d'assises de Pontoise le procès de quatre jeunes jugés pour "tentative de meurtre en bande organisée", et d'un cinquième pour "détention et port d'arme prohibé". Les témoins sont en règle des "témoins sous X", on comprend pourquoi vu l'ambiance du patelin.

Dès le mois de mai, un comité de soutien aux inculpés s'était mis en place, diffusait un texte, organisait des manifestations de soutien... Pourquoi pas. Jusqu'au jugement, les inculpés bénéficient de la présomption d'innocence. Et dans une démocratie, il est même permis de soutenir des condamnés. Mais là où le bât blesse, c'est que ces soutiens, relayés par quelques sites d'ultra-gauche, présentent les émeutes comme un événement politique, comme la révolte d'une jeunesse opprimée...

Et c'est à l'appel publié dans Libération le 21 juin, jour de l'ouverture du procès, que je veux en venir.

Je l'ai copié pour la postérité, j'ai trop peur qu'il disparaisse du web : Pour les cinq de Villiers-le-Bel (Libération-21/06/10).
On vérifie d'abord la date. Non, on est pas le premier avril. Non, ce n'est pas du second degré.
Alors c'est un talentueux pastiche d'un partisan de Philippe de Villiers ? Non, s'il y avait du talent chez les villiéristes, ça se saurait, et puis ils n'auraient pas colonne ouverte dans Libération.
Alors c'est une performance artistique néo-dadaïste ? Non plus. Ça paraît difficile à croire, mais les auteurs de ce texte se pensent sérieux.
 
Il faut le lire dans son intégralité, autant de couenneries au paragraphe, ça vaut son pesant de caramel. Contentons-nous de citer quelques perles significatives :
 
« A Villiers-le-Bel, les 25 et 26 novembre 2007, un renversement s’est produit : ces gamins que la police s’amuse de mois en mois à shooter ont à leur tour pris leurs aises avec ceux qui les ciblent. Ces quartiers submergés par une occupation devenue militaire ont, un temps, submergé les forces d’occupation. Les roueurs ont été roués. L’espace de deux soirées, la peur a changé de camp. »

« Depuis deux siècles, l’histoire de France a cessé d’être la légende de ses rois pour devenir, un jour de 1789, celle de leur renversement. » (...) « avec le peuple en armes, en grève ou en révolte. »

« Dans ces moments politiques » (...) « On est soit du côté de la police, soit du côté du peuple. »

« On ne reculera devant aucune infamie pour justifier que l’on prenne ainsi le parti de forces de l’ordre qui, après avoir renversé deux enfants du quartier et entraîné leur mort, vont se plaindre devant le tribunal d’avoir reçu quelques plombs dans l’épaisseur de leurs gilets pare-balles. »

« nous disons que la justice n’a pas à connaître de ce dossier » (...) « Nous appelons tous ceux qui nous entendent à manifester leur soutien aux inculpés et leur refus de cette justice. »
 
Qui sont les auteurs ? Quelques intellectuels du monde littéraire ou artistique parisien, classés gauche voire extrême-gauche (Hugues Jallon, Jean-Marie Straub, Eric Hazan, Rémy Toulouse, Miguel Benasayag, Serge Quadruppani, Dominique Grange), ou moins facilement classables (Pierre Alféri, Antoine Volodine). "Miss Tic", qui fait sur les murs des vieux quartiers de Paris d'inoffensifs dessins au pochoir, que je ne regarderai plus du même oeil. Une rappeuse, Keny Arkana. Une militante associative chroniqueuse sur Canal+ et RTL, Rokhaya Diallo. Le regrettable Siné, toujours ravi qu'on essaye de tuer du flic. Dominique Tribaud, un avocat contestataire. Et Benjamin Rosoux, un inculpé du groupe de Tarnac qui a connu en préventive un inculpé de Villiers. Vu que Jallon, Hazan, Toulouse et Benasayag avaient aussi signé le soutien aux inculpés de Tarnac, ça fait une superbe pub à ces derniers...
 
Bien entendu, je tire sur une ambulance. Les réactions ne se sont pas fait attendre, y compris dans les commentaires du journal Libération, dont de nombreux lecteurs font état de la première réaction qui vient à l'esprit : mais qu'attendent ces communards en chambre pour déménager et aller s'installer dans le quartier de la Cerisaie à Villiers-le-Bel, au milieu des vrais révolutionnaires du XXIe siècle ??
On pourra lire aussi cet article du site Causeur.fr, ou celui du prolixe Philippe Bilger.
 
Bref, l'extrême-droite raciste et le sarkozysme sécuritaire ont trouvé, en cette improbable brochette d'intellectuels et d'artistes, de bien précieux alliés objectifs.
Et si j'avais à connaître de cette affaire en tant que juré d'assises, il me faudrait un travail mental considérable pour m'émanciper des préjugés défavorables qu'induit inévitablement, à l'encontre des inculpés, un soutien si contre-productif.
 
Mais bon, à vrai dire je commente simplement ce manifeste insignifiant pour faire suite à mon article du 27/11/2007, et produire ainsi mon papier annuel.

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 02:55
 
 
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
 
L'Amaury Sport Organisation, la société organisatrice du Paris-Dakar (qui devait être cette année le Lisbonne-Dakar), annule in extremis le rallye because menace terroriste en Mauritanie.
 
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
 
C'est une décision dangereuse : pour un peu, ça rendrait Al Qaïda sympathique.
 
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

(Renaud, 1991)

 
En tout cas pas d'inquiétude : le 23ème Marathon des Sables, prévu fin mars dans le Sahara marocain, a lieu suffisamment au nord pour ne pas être compromis.
  
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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 02:03

 

De toutes les couenneries plus hénaurmes les unes que les autres qui ont été écrites ou prononcées cette année, à laquelle accorder la palme ?
Entre les deux suivantes mon coeur balance :

« Le statut éthique du taureau dans la corrida pourrait servir de modèle à celui que nous devons à tous les animaux »
Francis Wolff (professeur de philosophie à l'ENS), in Philosophie de la corrida, Fayard, juin 2007, p 40.

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »
Nicolas Sarkozy (président de la République), discours prononcé au Palais du Latran à Rome le 20 décembre 2007.

 

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 01:03

 

 

Hier dimanche vers 17 heures, à Villiers-le-Bel, riante cité de la banlieue parisienne nord, deux garçons, Mouhsin (15 ans) et Lakhami (16 ans) s'emplafonnent sur une bagnole de flics. Ils faisaient apparemment les fous, sans casques, sur une moto-cross de poche, égayant la population environnante de leurs joyeux décibels.

Pas de pot, les voilà raides morts.

Quelques éléments de la jeunesse locale se mettent donc en charge d'incendier poubelles et voitures.

Jusque là rien de particulier. La routine suburbaine.

Mais les médias ont flairé la bonne affaire. Des bonnes petites émeutes, c'est ça qui serait cool pour l'audimat !
Donc dimanche, dès le 19/20, France 3 annonçait "deux jeunes en moto... Villiers-le-Bel... voiture de police... morts... quartier sensible... incidents..."
Et au JT de 20 heures de France 2, séquence sur Villiers-le-Bel, avec images de girophares, de flics et d'incendies, et envoyé spécial décrivant l'atmosphère en direct live.
J'imagine que sur les autres chaines c'était le même topo.
 
Le résultat ne s'est pas fait attendre : à l'heure où je vous cause (lundi, minuit et demi), c'est reparti dans le neuf-cinq comme en 2005.
Merci qui ?
Merci les journaleux. Qui bien entendu ne manqueront pas de se demander gravement, sociologues à l'appui, comment une réaction de protestation locale a pu à nouveau prendre autant d'ampleur.

(et me demandez pas pourquoi la mob est presque intacte alors que la bagnole de flics a l'air d'avoir été culbutée par un semi-remorque, aucun journaleux n'a eu l'air de trouver ça zarbi).

 

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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 21:47

J'aime les comptes ronds, mais bientôt dix jours après la saillie lexicale de M'ame Royal sur la Grande Muraille, son néologisme n'a pas atteint le million d'occurrences sur Gogol.fr. Il plafonne depuis plusieurs jours à 900 000 - 950 000 (ne me demandez pas pourquoi, mais le nombre de pages d'un terme sur Gogol fluctue dans les deux sens au fil du temps).

Mais c'est quand même un chiffre honorable. Disons qu'il tend vers le million.


Ainsi donc, Internet (et notamment la blogosphère), dont on espère pourtant avec béatitude sa dissimilitude d'avec les platitudes des médias traditionnels, a généré avec promptitude des commentaires qui frisent l'infinitude. Pour ceux qui attendent d'internet un renouveau du discours politique, il y a lieu d'éprouver un sentiment d'incomplétude qui peut confiner à l'hébétude. Mais bon, autant faire montre de mansuétude envers ce qui ne relève après tout que des inévitables vicissitudes de toute sphère de communication.

Aucune sphère de communication n'échappe à la bla-blattitude : plus c'est insignifiant, plus on glose. Au demeurant, beaucoup des commentaires du Net sur le néologisme de M'ame Royal sont en soi amusants et érudits. Attention, hein, moi je métaglose sur la glose, tutt tutt, rien à voir. C'est plus reposant de gloser sur l'écume qui accompagne l'actualité des personnages politiques que d'argumenter pour ou contre la politique monétariste de la Banque Centrale Européenne. Et surtout, c'est à la portée de tout le monde, c'est le moyen pour tout citoyen de se réattribuer le débat politique. Mais bon, ça reste une pratique de la politique qui ne mène nulle part, et la politique qui ne mène nulle part, c'est peu dire qu'on en souffre.

Dans le même esprit, on se souvient bien entendu aussi des débats passionnés sur l'"abracadabrantesque" chiraquien, mais dont l'origine rimbaldienne est attestée (il rimait dans "Le coeur supplicié" avec le non moins néologique "pioupiesque").

On se souvient aussi de ce qu'on a appelé les "raffarinades", avec la "positive attitude" ou le "Win, the yes needs the no to win, against the no".

Pour embrayer sur la langue de Shakespeare, Outre-Atlantique, ce type d'amusement para-politique a atteint des sommets avec les collections de "bushismes", les "malapropisms" de GW Bush, comme son "misunderestimated".
Le terme anglais "malapropism", qui désigne au sens large aussi bien les lapsus que les barbarismes par ignorance, vient de Mrs Malaprop, un personnage d'une pièce de Richard Sheridan, auteur irlandais du XVIIIème siècle, et le nom vient lui-même bien entendu de l'expression française "mal à propos".

Notons qu'en anglais le mot "barbarism" signifie autant "barbarisme" que "barbarie", si bien qu'on trouve sur Internet quelques retraductions de "Socialism or barbarism" par  "Socialisme ou barbarisme" (je le sais parce que j'ai vérifié qu'on ne l'avait pas déjà faite avant de pondre mon titre).
En fait je me demande si la bonne traduction du mouvement révolutionnaire de Castoriadis et Lefort ne serait pas "Socialism or barbarity". Qu'on pourrait peut-être retraduire par "Socialisme ou barbaritude". Bon, j'arrête.

Bref, peut-être bientôt 1 000 000 d'occurrences gogolisées.
Ce qui n'empêche pas Gogol de nous suggérer bravement et gravement « Essayez avec cette orthographe : gravitude »
Alors que le pôvre « gravitude » plafonne aujourd'hui laborieusement à moins de 60 000 pages.

Les médias "traditionnels" ont d'ailleurs flairé l'affaire, puisqu'en tapant sur Gogol.fr le terme dont il était question dans cet article, on obtient en prime des liens commerciaux vers Le Monde, Le Figaro, Le Nouvel Obs, LCI ou Métro.

 

NB : nous sommes aujourd'hui le 28 janvier, et le nombre d'occurrences relevées par Gogol n'a pas atteint le million, il a décrû pour être actuellement de 470 000. J'avoue que je ne comprends pas bien comment Gogol fonctionne et à quoi correspondent toutes les pages qui ont "fondu"...

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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 23:54

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré


J'espère que cette année nous ne laisserons pas des jeunes d'origine africaine s'en prendre à des véhicules sous le nez de leurs propriétaires impuissants ??

Rappelons-nous, l'an dernier, en Guinée, un garçon d'une dizaine d'années avait percuté la voiture d'un des concurrents du Dakar. Par chance, le voyou n'avait pas survécu.

Le lendemain, au Sénégal, un deuxième garçon de 12 ans avait heurté violemment un camion d'assistance. Là aussi, Dieu merci, le vaurien était passé de vie à trépas.

Et l'année d'avant, en 2005, toujours au Sénégal, c'est une Sénégalaise de 5 ans qui s'était précipité haineusement sous la roue arrière d'un camion d'assistance, lequel n'avait dû son salut qu'à la mort de la sauvageonne.

Jusqu'où s'arrêteront-ils !?

 

Qui pourra contester que les familles d'origine africaine ne savent pas éduquer leurs enfants, lesquels sont laissés à eux-mêmes dans les rues !

Je préconise de longue date d'envoyer nos troupes pour imposer le couvre-feu permanent pendant toute la durée du rallye, que les racailles ne viennent pas mettre en péril la sécurité de nos vaillants chevaliers des temps modernes !

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

 

Le petit monde qui gravite autour du Paris-Dakar n'a cesse de se justifier par les bénéfices économiques et matériels sur les régions traversées, et de se réclamer du soutien des autorités nationales et locales des pays concernés.

Puisque l'objectif des organisateurs du Paris-Dakar est de rendre service aux populations africaines, pourquoi n'organisent-ils pas une course en VTT avec le même tralala ?
Evidemment, des vrais sportifs, c'est plus dur à trouver que des rouleurs de mécaniques qui se la jouent aventuriers des terres du sud.

Pourtant, nos médias qui nous abrutissent tant et plus avec le Paris-Dakar font par contre bel et bien l'impasse sur l'extraordinaire "Marathon des Sables" dans le Sahara marocain, qui ne dérange rien ni personne, et dont la 22ème édition a lieu en mars prochain.

(http://www.darbaroud.com/fr/html/mds/general/22mds_presentation.php)

 
Ça serait-y une question de sponsors ?..

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

(Renaud, 1991)

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