Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 22:15

 

 

 

 

 

 

 

 

Après l'historique de la distinction droite /gauche, embrayons sur son actualité.

Qu'en est-il dans la France contemporaine de l'opposition droite gauche, a-t-elle encore un sens ?


A la lumière des débats politiques hexagonaux actuels, et en tentant de faire la synthèse de ce qui semble déterminer le positionnement des différents candidats, je propose de distinguer les 4 axes suivants.

 

 

 

 

1) Axe économique, avec pôle libéral et pôle social

 

Au fond, c'est la véritable signification actuelle de la différence droite/gauche.


D'un côté le primat du marché, la déréglementation, la privatisation, au nom de la déification de la main invisible du marché et/ou de la réification (i.e. l'inéluctabilité) de la compétition mondialisée.
De l'autre côté la nécessité de contrôles politiques, à l'échelon étatique ou supra-étatique, sur le monde du travail et sur les échanges, au nom du bien commun et des valeurs de solidarité.


Les tenants du marché mettent en avant la "Liberté", l'esprit d'entreprise, le goût de l'initiative, la prise de risque. Ils oublient de dire qu'avec le passage du capitalisme entrepreneurial /managerial au capitalisme actionnarial /patrimonial caractéristique du néolibéralisme, ces valeurs, dont l'intérêt est incontestable, sont précisément passées à l'arrière-plan, au profit de l'impératif de rentabilité maximale à court-terme.

Les tenants de l'intervention de l'Etat mettent en avant la "Fraternité", et cherchent à limiter les inégalités matérielles par des règles de contrôle ou de redistribution. Pour certains archéo-marxistes, il s'agit toujours d'une logique d'opposition bourgeoisie versus prolétariat.

 


2) Axe sociétal, avec pôle libertaire et pôle autoritaire


Dans un sens, c'est la société du "droit" contre la société du "devoir".

D'un côté droit de l'individu, droit de la femme, droit des minorités, droit des communautés...

De l'autre côté devoir d'allégeance des citoyens envers l'Etat, nécessaire Léviathan considéré comme garant de la cohésion sociale.


Cette opposition a accompagné historiquement l'opposition gauche/droite, la "droite" ayant appuyé la notion de "devoir" pour maintenir un certain ordre social établi, jusqu'à l'éclatement de cette notion dans le sillage de 68, où le "droit" des uns et des autres est passé au premier plan. Mais depuis, force est de constater que la coloration politique de l'opposition "droit/devoir" est plus qu'incertaine.

 

La distiction d'un axe sociétal vis à vis d'un axe économique a été popularisée par David Nolan à partir de 1971 (le diagramme de Nolan). Nolan est l'un des fondateurs du parti libertarien aux USA. Le courant libertarien est un courant assez inconnu en France, mais qui constitue l'un des grands courants politiques aux Etats-Unis en dehors des 2 grands partis. C'est un parti prônant la liberté aussi bien sur le plan économique (dérégulation de l'économie, baisse voire suppression des impôts...) que sur le plan individuel (liberté d'usage des drogues, liberté de possession d'armes à feu...)

 

  

 Par ailleurs, pointons ici la possiblité d'au moins deux types de paradoxes:


- Les partisans de l'intervention étatique en matière socio-économique peuvent être les adversaires de cette même intervention étatique en matière sociétale (à "gauche"), ou inversement (à "droite")


- Les partisans du pôle libertaire demandent en principe le désengagement de l'Etat (et la liberté de fumer du hackick, d'avorter, de convoler avec des gensses de son sexe, d'immigrer en France ...). Mais, quand ils sont de "gauche", ils réclament aussi l'intervention de l'Etat (pour instaurer la parité, pour lutter contre les discriminations, pour interdire l'extrême-droite, pour punir les racistes...).


Sur d'autres thèmes, les divisions sont encore plus difficiles à suivre (par exemple la question de la laïcité, avec la diversité de ses motivations et de ses aspects)


Enfin, un point-clé du débat politique est la question de la sécurité, au sens policier de la sécurité des biens et des personnes.

Pour les "libertaires" de "gauche", le terme "sécuritaire" est une insulte.

Mais pour eux, il appartient en revanche à l'Etat de créer en amont les conditions d'une société sans délinquance.

 


3) Axe national politique, avec pôle souverainiste et pôle supranational

 
Cet axe est un axe politique, économique, et géopolitique, qui met en jeu la France en tant que Nation.
Il oppose en pratique le pôle "souverainiste" avec, à l'autre extrémité, le pôle "fédéraliste" européen.

On peut constater que l'opposition "souverainiste" vs "atlantiste" (partisan d'une alliance avec les USA) ne s'écarte pas vraiment de cet axe.

Les "souverainistes" sont anti-atlantistes. Et les "européistes" soit sont atlantistes (M Sarkozy ou M Strauss-Kahn), soit se tiennent dans une prudente réserve, connaissant les réticences des citoyens français envers la domination américaine et l'emploi qui en est fait.

On notera bien entendu qu'il ne faut pas assimiler l'"anti-atlantisme" avec la position "anti-américaine" de la gauche anti-libérale, laquelle ne se confond nullement avec un quelconque souverainisme, voire se réclame d'une "internationale" anti-libérale.

 


4) Axe national culturel, avec pôle identitaire et pôle multiculturaliste

 

Cet axe est un axe normatif, qui met en jeu la France en tant qu'entité culturelle.

 

Il met en oeuvre la menace d'une dilution de l'identité nationale non pas de l'extérieur, par d'autres Etats ou des institutions supra-étatiques, mais de l'intérieur, par la présence d'individus de culture étrangère, notamment extra-européenne, et tout particulièrement musulmane.
L'immigration (actuelle, passée, ou à venir) est la question centrale de cet axe.

 

C'est un axe qui, pour avoir quelques recoupements avec le précédent, ne se confond pas pour autant avec lui.

 

 

Et c'est surtout un sujet (comme le sujet de la "sécurité") qui permet d'escamoter les vrais sujets et qui est volontiers instrumentalisé par les démagogues. De tout temps et dans tous les pays, les périodes d'immigration, de crise économique et/ou de crise politique se sont accompagnées de débats passionnés sur certains étrangers ou personnes d'ascendance étrangère. Il n'est que de voir l'importance démesurée de cette question dans les médias de toutes sortes, y compris bien entendu Internet.


Les obsessions de "pureté" ethno-culturelle sont actuellement volontiers mêlées à des impératifs de préférence nationale en matière de travail, de logement, de protection sociale...

Ce qui fait qu'aucun homme politique ne peut échapper à cette question.

 

Cet axe renvoie bien entendu à la position traditionnelle de la droite nationaliste et son discours xénophobe. Mais pas seulement.

 

 

 - Beaucoup d'électeurs y sont sensibles, pour des raisons variées trop longues à préciser ici.

- Les médias, tout en dénonçant la bouche en cul de poule le racisme, la discrimination et l'exclusion, maintiennent les clichés et les préjugés, parce que les médias populaires fonctionnent précisément sur les clichés et les préjugés.

- La question de la "culture" française" renvoie à des questions sensibles comme la place des femmes ou la laïcité. Des gensses de gauche ont donc été amenés à taper du poing sur la table pour défendre les valeurs françaises par exemple sur l'affaire du voile à l'école ou sur l'affaire des caricatures de Mahomet. 


Notons que c'est là aussi un domaine où fleurissent les paradoxes.

 

 - L'immigration, y compris en provenance de pays hors UE, est une des solutions prônées par les employeurs français pour subvenir à la pénurie de main d'oeuvre dans des secteurs d'activité comme le BTP, l'industrie, notamment métallurgique et mécanique, ou l'hôtellerie-restauration.

La gauche trotskyste anti-patronat quant à elle, et notamment les divers faux nez de la LCR,  milite pour la régularisation systématique des immigrés en situation irrégulière, dans une logique de lutte des classes à l'échelon planétaire.

On voit que la droite libérale et la gauche anti-libérale sont ici complémentaires.

 

 - Les défenseurs des immigrés qui, soit de bonne foi, soit par stratégie politique, veulent ouvrir large les portes d'un pays qui n'est de toute façon pas prêt à les recevoir, condamnent ces immigrés aux problèmes de logement, de travail, au statut d'assisté ou de délinquant, et à l'intégration quasi-impossible.


 - Les tenants du pôle identitaire, en favorisant l'exclusion des sujets d'origine culturelle différente, jugés inintégrables, les poussent à rester en communautés qui vont perpétuer les clivages.
Ils montrent constamment du doigt ces gensses en les accusant de tous les maux de la société, et ainsi travaillent à la réalisation de leur prédiction selon laquelle ces gensses posent des problèmes d'intégration, représentent une charge pour l'Etat, et sont facteurs de délinquance.

 

 - Les tenants du pôle multiculturaliste dans sa version communautariste, en favorisant la juxtaposition de communautés au nom du droit des minorités et de la diversité culturelle, maintiennent également l'exclusion des citoyens d'origine différente.

Il critiquent le point de vue essentialiste, d'inspiration biologique, des racistes, mais parfois le reproduisent sur le mode anthropologique, en faisant d'un individu la simple somme de ses racines culturelles. C'est ainsi par exemple qu'un citoyen issu de la culture musulmane sera sommé d'afficher des prises de position pro-musulmanes, ou bien qu'un citoyen issu d'une généalogie juive sera sommé d'afficher (ou soupçonné de défendre) des prises de position pro-sionistes.
Ils mettent le droit des minorités à s'auto-organiser au-delà du devoir de cohésion nationale, mais réclament de l'Etat qu'il protège ces minorités en tant que telles, portant devant la justice la moindre parole critique (envers les musulmans, envers les Juifs,...).

 

 Autres axes 

 

   

 Certains axes ne sont pas déterminants en France.

Je pense notamment à l'axe écologique. Les médias y vont de temps en temps de leurs trompettes quand on les sollicite comme ils l'aiment, et chaque parti y va de ses incantations. Mais cela ne fait pas vraiment débat et reste abstrait, alors que c'est un domaine qui devrait déterminer les positionnements tant des candidats que des électeurs.

C'est en quelque sorte l'inverse des questions comme la sécurité ou l'identité nationale.

Pourtant c'est évidemment un domaine crucial.

Tiens, j'y reviendrai dans un autre article.

 

 

 

 

En tout cas, ce qui continue à faire la différence droite/gauche, c'est l'axe économique. Le reste, soit ce sont des questions transversales, soit c'est du bla-bla, du bla-bla dont nous inondent les médias parce que nous aimons le bla-bla, vu que chacun peut avoir une opinion immédiate sur le bla-bla voire bla-blater lui-même sans compétence particulière, exactement comme moi sur ce blog.

 

 

Repost 0
7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 22:01

Bon, je sens qu'il faut que j'intervienne encore.

De quoi causait-on la dernière fois ? Ah oui, des éléphants droitiers et des éléphants gauchers.

Bon, alors j'embraye. Les éléphants, la droite et la gauche, ça vous évoque la politique, pas vrai ?

Eh bien je vais donc vous entretenir de la droite et de la gauche.

 

Mais d'abord, d'où ça vient, cette habitude de désigner les courants conservateurs ou inégalitaristes par "la droite" et les courants progressistes ou égalitaristes par "la gauche" ?

 

OK, vous n'êtes pas nés de la dernière pluie, vous savez que la distinction droite-gauche remonte aux débuts de la Révolution française, et se réfère à la disposition des députés dans la salle de l'Assemblée. Cette distinction est restée en France, puis s'est étendue aux autres pays d'Europe et aux Etazunis.

 

On a même coutume de se référer à une date précise, le 28 août 1789, depuis l'ouvrage de PBJ Buchez et PC Roux "L'histoire parlementaire de la révolution" (40 volumes publiés de 1834 à 1840), première compilation des débats parlementaires, d'articles de journaux et de débats de clubs révolutionnaires, assortie de commentaires).

 

Les auteurs mentionnent la séance du 28 août 1789, avec un débat sur la Constitution, et notamment sur les principes du gouvernement monarchique, et donc sur les prérogatives accordées au roi, en particulier son droit de veto absolu sur les décisions des députés.

Et ils concluent ( http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k288684 , p 349 ) :

 

" Ce fut à la suite de cette séance que l'assemblée se sépara définitivement en côté gauche et côté droit. Tous les partisans du veto allèrent s'asseoir à la gauche du président; tous les antagonistes se groupèrent dans la partie opposée. Cette séparation rendait plus facile le calcul des voix dans le vote par assis et levé, qui avait été conservé.

Depuis longtemps déjà, et des avant la réunion des ordres, l'extrême gauche et l'extrême droite étaient devenues le point de réunion des députés les plus ardents dans les opinions alors opposées. Chaque groupe avait été en augmentant en nombre, au fur et à mesure que les discussions devenaient plus irritantes. Les habitués des bancs de droite appelaient le côté gauche coin du Palais Royal; non pas, ainsi qu'on l'a dit plus tard, parce qu'il était composé des partisans d'Orléans, mais parce qu'ils agissaient dans l'opinion des motionnaires du Palais Royal : ce surnom lui était donné à titre d'injure. On désignait les motions de ses membres sous le nom d'arrêtés bretons. Mais la majorité des représentants ne se classa complètement dans l'une des deux divisions qu'après la séance dont nous venons de parler."

 

Quelques commentaires pour mieux comprendre :

 

D'abord, il faut se souvenir que, durant ce long foutoir que fut la Révolution Française, et à laquelle l'Histoire a donné par la suite un ordre et un sens pour l'édification du citoyen, le Roi n'a pas été retiré de la circulation à la date mythique du 14 juillet 1789, mais 3 ans plus tard en août 1792.

 

Le point de vue de Buchez et Roux est nuancé : ils disent que cette séance n'a fait que confirmer une répartition qui existait déjà dès le temps des Etats Généraux. Dans le même sens, Edna Hindie-Lemay cite dans "La vie quotidienne des députés aux États généraux" (1989)  le Journal du député Pierre-Paul Nairac qui écrivait dès le 8 mai 1789 : "On a cru parvenir à une solution quelconque en invitant l'Assemblée de se partager en sorte que ceux qui seraient de l'avis de Malouet [monarchien] passeraient à droite, et ceux qui préféreraient la motion de Mirabeau [patriote] se rangeraient à gauche".

 

La "réunion des ordres" se réfère probablement à la réunion des 3 ordres en une Assemblée Nationale unique à partir du 27 juin 1789, le roi se pliant devant le  fait accompli. Les 3 ordres de la société de l'Ancien Régime, noblesse, clergé et tiers état, siègeaient jusqu'alors sur convocation du roi dans le cadre des Etats Généraux depuis le 5 mai 1789. Le 17 juin, les députés du Tiers état, constatant avec Sieyès qu'ils représentaient 96% de la nation, votaient la transformation des Etats Généraux en Assemblée nationale. Dans les jours qui suivaient, un certain nombre de députés du bas clergé et de nobles libéraux s'étaient déjà ralliés à l'Assemblée Nationale.

 

Le "Palais Royal" fait référence au duc d'Orléans. C'était la demeure de la branche des Orléans depuis que Philippe de France, le frère de Louis XIV, l'avait reçu en apanage.

Louis Philippe Joseph d'Orléans avait de longue date marqué sa dissidence vis à vis de la monarchie en place, notamment après qu'il soit devenu duc d'Orléans après la mort de son père en 1785. Il s'était montré favorable aux Tiers état et s'y était rallié au sein de l'Assemblée Nationale peu après sa proclamation.

Le duc d'Orléans passait pour le protecteur plus ou moins occulte des opposants au roi, des "patriotes", voire des agitateurs et des factieux.

Notons par parenthèse que Buchez et Roux écrivirent leur ouvrage durant la Monarchie de Juillet, sous Louis-Philippe 1er, fils justement de Louis Philippe Joseph d'Orléans, porté au pouvoir entre les barricades de 1830 et celles de 1848.

 

Pourtant, les "orléanistes" sont restés dans la mémoire française comme un courant monarchiste, donc conservateur (par rapport aux républicains). C'était une des branches de la monarchie (opposée à l'autre branche principale, les "légitimistes").

Et d'une façon plus générale, la droite "orléaniste" est considérée depuis l'ouvrage de l'historien politologue René Rémond "La Droite en France de 1815 à nos jours" (1954) comme l'une des trois composantes de la droite en France (à savoir une composante libérale, à côté de la droite "légitimiste", réactionnaire, dont l'auteur reconnait dans un ouvrage de 2005 qu'elle n'existe plus que comme vestige, et de la droite "bonapartiste", autoritaire).

Mais bon, l'Histoire vous juge selon le contexte progressiste un jour, et réactionnaire le lendemain.

 

Les jardins du Palais Royal, ouverts au public depuis l'époque du père de Louis Philippe Joseph d'Orléans, et où la police royale n'avait pas autorité, étaient devenus un club révolutionnaire, un forum où les idées subversives avaient droit de cité.

 

Les "motionnaires du Palais Royal" désignaient donc sous la plume de Buchez et Roux les députés qui proposaient des résolutions contre le pouvoir royal.

 

Les "arrêtés bretons" font probablement référence aux députés bretons, réputés les mieux organisés pour défendre le Tiers état contre le pouvoir aristocratique (et que les légitimistes disaient naturellement en cheville avec le duc d'Orléans). Les députés bretons se réunissaient dès les Etats Généraux en un "club breton", dans un café de Versailles, pour débattre à l'avance les sujets qui devaient être traités en séance. Comme quoi la légende de la Bretagne, fief des réactionnaires, hein !...

 

 

Maintenant, puisque nous sommes avec la "droite" et la "gauche" dans la désignation topographique, précisons dans quels lieux nous nous trouvions, car les députés ne siégeaient pas encore au Palais Bourbon.

 

L'Assemblée nationale constituante a d'abord siégé là où siégeaient les Etats Généraux, à savoir dans la salle de l'Hôtel des Menus Plaisirs (c'est-y pas mimi ?) de Versailles. Elle avait été aménagée en amphithéatre avec banquettes disposée en gradins à partir de fin juillet 1789.

C'est donc là que se prirent au début les habitudes de se disposer à droite ou à gauche.

 

En octobre 1789, après que le Roi ait été ramené de Versailles à Paris, au Palais des Tuileries, l'Assemblée le suivit, et tint séance à partir de novembre dans la salle du Manège des Tuileries. Les mêmes habitudes de disposition topographique s'y reprirent.

C'est dans cette salle du Manège que siégèrent de 1789 à 1793 trois assemblées révolutionnaires : la Constituante (novembre 1789-septembre 1791), la Législative (1791-1792) et la Convention (de septembre 1792 jusqu'au 9 mai 1793).

 

Puis, le 10 mai 1793, les 750 membres de la Convention s'installèrent à la salle des Machines du théatre des Tuileries, dont les banquettes étaient disposées en demi-cercles concentriques, inaugurant ainsi l'hémicycle.

 

Puis, en septembre 1795, la Convention thermidorienne adopta la Constitution de l'an III, qui allait mettre en place le Directoire, et qui instaurait le bicamérisme (dont nous héritons encore malheureusement aujourd'hui avec l'inutile Sénat). Le pouvoir législatif se retrouvait partagé entre un Conseil des Cinq-Cents (les députés) et un Conseil des Anciens (l'ancêtre du Sénat).

Les Cinq-Cents retournèrent à la salle du Manège en octobre 1795, au début du Directoire, en attendant qu'on leur aménage le Palais Bourbon, le siège de l'Assemblée que nous connaissons de nos jours.

C'est le 21 janvier 1798 que les députés des Cinq-Cents tinrent leur première séance au Palais Bourbon, dans une salle aménagée en hémicycle, mais qui n'est pas celle que nous connaissons actuellement : elle sera détruite sous la Restauration. Et de toute façon, le 18 brumaire an VIII  (9 novembre 1799), un sinistre personnage curieusement resté populaire en France du nom de Bonaparte allait mettre fin à la démocratie parlementaire.

 

Ce n'est qu'entre 1828 et 1832 que des travaux de transformation du Palais Bourbon aboutirent à l'actuelle salle en hémicycle que nous connaissons, inaugurée en novembre 1832, sous la Monarchie de Juillet, alors que Buchez et Roux allaient entamer la rédaction de leur "Histoire parlementaire de la Révolution".

La disposition des députés dans l'hémicycle actuel : 

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/deputes_hemicycle.asp

 

Pour ce qui est du Sénat, j'en sais rien et je veux pas le savoir.

(initialement publié le 28/12/06)

Repost 0
7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 21:56

Nom d’une pipe, voilà encore M’ame « Geraldine Over-blog », l'émissaire d'Over-blog, qui m’envoie un mail pour me faire remarquer (fort courtoisement au demeurant) qu’il faudrait voir à nourrir mon blog.

  

 Force est de constater que je suis un maître indigne, qui laisse son pôvre blog crever la bouche ouverte.

  

 Ma femme, elle, n'est pas indigne. Elle pense à verser des flocons multivitaminés dans son aquarium matin et soir.

Pourtant, un Corydora albinos, ça ne vous suit pas dans la cuisine en dressant les oreilles et en remuant la queue.

Pourtant, un Danio rerio, ça ne vient pas se frotter contre votre jambe en poussant des "meow" à fendre l’âme.

Pourtant, un Chromobotia macracanthus, ça ne saute pas d'un perchoir à l'autre en proférant des pépiements désespérés. Ma femme appelle ça un(e?) "loche clown", mais je ne veux pas avoir de procès avec le Collectif pour le Respect des Chromobotia Macracanthus, j'ai assez d'emmerdements en ce moment.

  

 Les archéodarwiniens disent que c'est darwinien. Les dames seraient plusses douées que les messieurs pour tout ce qui est "nurturing". Moi j'aurais tendance à penser que c'est des couenneries, et que les femmes de sexe féminin sont simplement formatées par l'éducation pour être plus gentilles et plus attentives que les hommes de sexe masculin.

La preuve, ce n'est qu'une tendance statistique, les exceptions sont loin d'être exceptionnelles.

Attention, hein, je dis pas qu'au départ y a pas une base biologique, c'est pas par hasard que les rôles féminins et masculins sont répartis de façon comparable dans la plupart des civilisations connues. Mais il suffirait d'éduquer les femmes à se comporter en "homme" ou les hommes à se comporter en "femme" et on inverse les statistiques, c'est mon point de vue et je le partage. Regardez les "rae rae" en Polynésie.

Je sais bien que tous les acquis récents des neurosciences vont contre moi, et que les cerveaux des dames et des messieurs sont pleins de différences. Voilà même un état de l'art récent pour les curieux :

 http://www.nature.com/nrn/journal/v7/n6/full/nrn1909.html

Mais je prétends que les contraintes éducatives peuvent l'emporter sur les contraintes biologiques chez ce drôle d'animal qu'est l'être humain. Enfin bon, d'accord les dames et les messieurs c'est pas tout à fait pareil, mais il faut se méfier des soi-disant différences entre les êtres humains établies par la "Science", la "Science" n'en serait pas à ses premières couenneries.

 

Bon, trêve de digression, il nous faut entrer dans le vif du sujet.

La question qui nous intéresse.

L'objet de notre réflexion.

Le thème de l'article.

Le fond de l'affaire.

Le topo du jour.

  

Eh bien figurez-vous que face à un miroir, les éléphants...

Ah non, j’en ai déjà causé.

  

Attendez, j’ai un autre truc formidable sur les éléphants. Ça concerne encore les éléphants d'Asie (Elephas maximus), dont on ne m'ôtera pas de l'idée qu'ils ont quand même un caractère moins ombrageux que les éléphants d'Afrique (euh, Loxodonta africana).

Voilà : il y aurait des droitiers et des gauchers chez les éléphants (d'Asie). Oui oui, des droitiers et des gauchers de la trompe. Des “right-trunkers” et des “left-trunkers".

Ça vous en bouche un coin, hein, qu'il puisse y avoir une asymétrie fonctionnelle pour un organe impair et médian ?

Cette hypothèse repose sur l'observation d'une quarantaine de pachydermes publiée en 2003 par des chercheurs de l'Institut de Biologie de l'Université Libre de Berlin.

Voici le lien de l'article intégral pour les gourmands :

http://81.196.151.37/articole/fisiere/anunturi%20zi/etologie/Etologie13.pdf

Lisez le paragraphe "Discussion" si vous anglophonez un peu, vous verrez, c'est pas inintéressant, ils y causent de  l'importance de la latéralisation d'un point de vue évolutionniste, et appellent  à étudier d'autres organes impairs médians et préhensiles comme la queue des Platyrrhiniens (les singes d'Amérique) ou de l'opossum,  le nez du tapir, la lèvre supérieure ou  la langue de certains herbivores, ou la langue de certains amphibiens et reptiles.

Cette équipe avait déjà publié l'année précédente une observation sur la latéralisation de la queue préhensile des singes araignées (Ateles paniscus).

Voilà. Maintenant, pour valider cette hypothèse, il ne reste plus qu'à fabriquer un appareil à Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle assez maousse pour y fourguer la cafetière de nos proboscidiens préférés.

(initalement publié le 22/11/06)

Repost 0
Published by Jean-Paul - dans Nos amies les bêtes
commenter cet article
7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 21:50
Bon, je fais faire un article, un blog ça s'entretient, c'est du sérieux, sinon le proprio risque de fermer ma boutique pour cause d'inoccupation.

J'ai trouvé quelque chose d'intéressant, en plus en plein dans les primaires du PS c'est d'actualité, ça cause des éléphants.

Les éléphants pourraient se reconnaître dans un miroir. Enfin, en tout cas les éléphants d'Asie. Faut pas oublier que même si l'éléphant d'Asie (Elephas maximus) et l'éléphant d'Afrique (Loxodonta africana) se ressemblent et appartiennent à la même famille, ce sont deux genres différents, dont on évalue actuellement la séparation à 6 ou 7 millions d'années.

Avec donc les possibles implications de la reconnaissance de soi quant à la conscience de soi et des autres, comme chez les chimpanzés.

Marrant qu'on ait attendu 35 ans après l'expérience de Gallup, sur justement les chimpanzés, pour faire ça avec des éléphants, dont on sait qu'ils sont quand même des bestioles pas tout à fait comme les autres.

Bon, d'accord, fallait une grande glace. Mais c'est rien à côté de la glace qu'il faudra pour tester les baleines.

Pour avoir l'article du PNAS en entier, faut payer, on n'a que le résumé :

http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/0608062103v1

Et voilà un communiqué de l'Université d'Emory :

http://www.whsc.emory.edu/press_releases2.cfm?announcement_id_seq=8080

 

Et voici un résumé en français de bonne qualité sous forme d'une dépêche de l'AP :

mardi 31 octobre 2006

Les éléphants se reconnaîtraient dans les miroirs

Le club des êtres vivants capables de se reconnaître dans un miroir est très fermé, mais une nouvelle étude rendue publique mardi suggère que l'éléphant pourrait y siéger avec les hommes et les chimpanzés, et dans une certaine mesure les dauphins.

Cette conscience de soi pourrait expliquer la complexité de la société de ces pachydermes et être liée à leur faculté d'empathie et d'altruisme que l'on a constatée chez eux, estime Diana Reiss, chercheuse à la Société de sauvegarde de la vie sauvage qui gère le Zoo du Bronx de New York où ont été réalisés les tests en 2005 auprès de trois éléphants d'Asie. Les conclusions sont publiées cette semaine sur le site Web de la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences".

La plus "douée" a été Happy, femelle de 34 ans qui, observant son reflet dans un miroir, a à plusieurs reprises touché de sa trompe un "X" dessiné au-dessus de son oeil et qu'elle ne pouvait voir que dans la glace. En revanche, elle a ignoré un autre "X" dessiné cette fois au-dessus de son autre oeil avec la même substance -même odeur, même texture- mais visible uniquement à la lumière noire (rayons ultra-violets). "Pour nous, cela semble confirmer qu'elle s'est vraiment reconnue dans le miroir", déclare Joshua Plotnik, l'un des chercheurs.

Les deux autres sujets de l'expérience, Maxine et Patty, n'ont pas su toucher, ni le "X" visible ni celui qui était invisible à l'oeil nu, mais les trois éléphantes se sont toutes comportées face à la glace d'une façon suggérant qu'elles s'y reconnaissaient, d'après Joshua Plotnik, diplômé de l'Université Emory d'Atlanta, en Géorgie.

Ainsi, face au miroir, Maxine a utilisé sa trompe pour explorer l'intérieur de sa gueule et tirer lentement l'une de ses oreilles vers son reflet, comme si elle se découvrait, alors que les chercheurs ne lui avaient jamais vu de tels gestes auparavant. Les trois pachydermes n'ont pas eu d'attitude suggérant qu'ils se croyaient en présence d'un autre individu, comme c'est le cas pour la plupart des autres animaux face à la glace.

"Pour moi, faire des choses devant le miroir en dit long sur le fait qu'ils se reconnaissent manifestement", commente Janine Brown, chercheuse en physiologie et spécialiste des éléphants au Parc zoologique smithsonien de Washington, qui n'est pas impliquée dans l'étude du zoo du Bronx.

Le psychologue Gordon Gallup, qui a mis au point le test destiné aux primates dans les années 1970, juge les résultats "très forts, très solides" mais que des études supplémentaires sur les éléphants et les dauphins sont nécessaires. "Il faut vraiment les répéter pour pouvoir dire avec certitude que les dauphins et les éléphants sont réellement des espèces capables de se reconnaître. La répétition est la base de la science", ajoute-t-il. Professeur à l'Université de l'Etat de New York à Albany, il a conseillé les chercheurs du Bronx.

L'étude des trois éléphants et le fait que ces animaux partagent la même capacité à se reconnaître que les dauphins alors qu'il s'agit d'espèces tellement différentes suggère qu'ils ont développé cette caractéristique indépendamment, estiment les auteurs.

Le dernier ancêtre commun aux éléphants et mammouths (disparus) d'une part, et aux mastodontes, également éteints, d'autre part, remonte à 24 millions d'années. Dans une étude distincte également publiée cette semaine sur le site Web, des chercheurs annoncent la découverte du fossile d'une espèce qui relie l'éléphant moderne à un ancêtre encore plus ancien. Le probable "maillon manquant" est une mâchoire fossile de 27 millions d'années exhumée en Erythrée. AP

(initialement publié le 01/11/06)

Repost 0
Published by Jean-Paul - dans Nos amies les bêtes
commenter cet article
7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 21:25
Mes chers compatriotes,
 
Sûr de la défiance du peuple tout entier, je fais à la blogosphère le don de ma personne pour atténuer son bonheur.
 
Bon, eh bien je crois que c'est assez bien parti.
 

En fait, je refais mon blog. On va dire que le précédent était une version bêta. De toute façon il y avait peu de choses, 3 articles non moins bêta que je republie ici histoire de pouvoir le clore proprement, la blogosphère est suffisamment encombrée comme ça.

Celui-ci a pour adresse "Zone Pazenn". Pourquoi ?

Pazenn désigne une zone de météo marine. Ces zones sont tout simplement destinées à savoir de quel endroit de la mer on cause lors des prévisions de météo marine.
Pour info, il s'agit d'une zone située au large du golfe de Gascogne,  baptisée ainsi lors de la dernière modification du découpage des zones marines "large" de Manche et d'Atlantique en février 2002, dans un souci d'harmonisation des zones et de leurs dénominations avec les pays voisins

(http://rerollea.perso.cegetel.net/voileespace/vie-du-bureau/infos-origine-zones-marines.pdf)

Le terme "Pazenn" a été retenu parce qu'il signifie "marche" en breton, au sens de "province frontière" d'un état, "confins" d'un pays.
En effet, cette zone englobe les limites du plateau continental au sens géophysique (la pente continentale ou talus continental, "marche d'escalier" entre le plateau continental et la plaine abyssale, en l'occurrence un bout de la "marge armoricaine" et un bout de la "marge celtique") comme au sens juridique (la limite de la Zone Economique Exclusive de la France).

  

 

Donc, voici pourquoi "Pazenn" :

 

- C'est un nom qui n'est pas déjà pris parmi les adresses d'"Over-blog" (sinon j'aurais tout simplement mis "Jean-Paul")

 

- C'est un nom breton, je suis originaire de Bretagne, la terre d'origine fait partie de l'identité d'un individu.

 

- J'ai des marins côté moman (mon grand-père) et côté popa (un grand-oncle), les racines familiales font partie de l'identité d'un individu (une identité abstraite, hein, parce que l'élément marin et moi, ça fait deux).

 

- J'ai toujours été vaguement fasciné depuis tout petit par les bulletins de météo marine, avec leur côté ritualisé sous forme d'un enchaînement de formules, leur côté hermétique pour l'auditeur lamba, et leur côté un peu effrayant quand le vent se lève et que la mer enfle. Tenez par exemple les prévisions à cette heure pour Pazenn : « Sud-Ouest 7 à 9, mollissant secteur Ouest 6 à 7 en milieu de nuit, fraichissant Sud-Ouest 6 à 8 lundi matin. Violentes rafales. Mer très forte à grosse. Pluie et averses. » On comprend quand même qu'il vaut mieux rester dans sa cabine.

 

- La signication de "territoire frontière" est pleine de promesses, tant il me semble évident que les domaines de la réflexion ou de l'activité humaines ne progressent jamais autant que lorsqu'on leur apporte l'éclairage d'autres domaines.

 

- Last, but not least, JE NE SUIS "PAS ZEN". Au sens de tranquille, serein, cool, qu'on donne communément à ce terme par analogie à l'état d'esprit supposé du moine bouddhiste méditant en position du lotus. L'informatique m'exaspère (elle m'en veut personnellement, c'est cliniquement prouvé). La télévision globalement m'exaspère. La plupart des médias d'une façon générale m'exaspèrent. Le bougisme, les modes frénétiques, les objets conçus pour ne pas durer, la multiplication des produits de consommation m'exaspèrent. La multiplicité et la complexité des interfaces, qu'elles soient technologiques ou organisationnelles, dans la société actuelle, m'exaspèrent. Et puis tout ce qui marche de travers dans la vie quotidienne m'exaspère, et vu que l'univers entier s'est ligué contre moi pour que tout marche toujours de travers -c'est archiprouvé-, comment voulez-vous que je sois zen ? Et lorsque les choses par miracle ne vont pas de travers, je sais que tôt ou tard un truc va foirer, et vous voudriez que je sois zen !?

 

Les trois articles suivants viennent donc de mon blog bêta, je les remets là pour pas gâcher, dame, c'est que je suis pas du genre à jeter.

Repost 0
Published by Jean-Paul - dans zone.pazenn
commenter cet article