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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 13:17

 On l'a bien méritée, non ?

 

 

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:15

 

(suite de "Concordance des temps [2a])

Cette deuxième partie traite des problèmes liés aux Irlando-Américains après la guerre de Sécession.

 

   

 

ATTAQUES ANTI-ORANGISTES


A partir de 1868, les catholiques irlandais de New York ont attaqué la parade annuelle des Orangistes.
Rappelons que l'Ordre d'Orange était une société créée par des Irlandais protestants unionistes à la fin du XVIIIème pour défendre les intérêts protestants contre les catholiques. Il procède le 12 juillet de chaque année à une "Marche" célébrant la bataille de la Boyne, date clé de la victoire des troupes protestantes de Guillaume d'Orange contre les troupes catholiques de Jacques II (et de Louis XIV) en 1690. Cette marche est encore de nos jours facteur d'affrontement entre catholiques et paradeurs en Irlande du Nord.


Les Orangistes étaient installés dans le Nord-Est des Tazunis depuis les années 1820, et s'étaient particulièrement bien intégrés dans la société américaine.

En 1870, l'attaque d'un raout orangiste par une bande armée de catholiques le 12 juillet fit 9 morts et une centaine de blessés. L'année suivante, les Irlandais catholiques réclamèrent l'interdiction de la Parade. Le 10 juillet, le Chef de la Police de New York interdit la marche, et le New York Times titra en Une le 11 juillet : "Terrorism Rampant. City Authorities Overawed [se font intimider] by the Roman Catholics." Le gouverneur autorisa finalement la Parade, sous haute protection policière. Des bandes de catholiques attaquèrent, les ripostes policières firent 20 morts et plusieurs centaines de blessés. Et plusieurs centaines d'émeutiers furent arrêtés.

 

 

   

LES "MOLLY MAGUIRES"

 

 

Les immigrés irlandais se retrouvaient aussi en nombre important dans les mines de charbon de Pennsylvanie.

Au moment de la conscription pour la Guerre de Sécession, des émeutes éclatèrent aussi dans cette région, ainsi à Cass, dans le comté de Schuykill, le coeur de la région minière. Les mineurs étaient de pauvres immigrés européens, l'argent était difficile à gagner, l'ambiance était rude, les rivalités inter-ethniques monnaie courante (par exemple entre Irlandais et Gallois), et la criminalité de rue élevée.

Au moment de la Guerre de Sécession (1861-1865) se constitua parmi les mineurs irlandais du Nord-Est de la Pennsylvanie le mouvement clandestin dit "Molly Maguires", inspiré par le mouvement "Molly Maguires" né en Irlande dans les années 1840 et censé porter le nom d'une veuve qui mena un mouvement de révolte clandestine contre les propriétaires terriens. Le mouvement commença à faire parler de lui par ses exactions à partir de 1865.

 

 

En fait, les Molly Maguires furent décrits comme une mafia qui défendaient les irlandais catholiques par des méthodes terroristes d'intimidation et d'assassinats notamment auprès des responsables de l'organisation du travail des mines.

Pour d'autres il s'agissait du bras armé du syndicat, le Workingmen's Benevolent Association, dans un contexte où le droit du travail était plus que rudimentaire, et où les grèves étaient difficiles à tenir et peu efficaces. Et où sévissait depuis 1866 la rude "Coal and Iron police".

Les Molly Maguires sont réputés avoir eu des liens étroits avec l'Ancient Order of Hibernians (d'Hibernia, nom latin de l'Irlande), une organisation politico-religieuse catholique irlandaise (le pendant le l'Ordre d'Orange chez les protestants) dont la branche américaine fut fondée à New York en 1836.

En tout cas, pour beaucoup il n'y avait pas de différence en Pennsylvanie entre Mollies, Hibernians et syndicalistes.

 

L'organisation fut démantelée au bout d'une douzaine d'années, en 1876, après que l'agence de détectives Pinkerton, missionnée par Franklin B. Gowen, président de la Philadelphia and Reading Coal and Iron Company, ait infiltré l'organisation, notamment avec James McParlan.

 

 

L'AGITATION ANTI-BRITANNIQUE

 

 

Une autre figure de l'Irlandais en Amérique est celle de l'agitateur nationaliste, qui milite pour que l'Irlande soit libérée par la force de la tutelle britannique.

 

Le mouvement de l'agitation indépendantiste, toujours réprouvé par l'Eglise catholique bien qu'irlandais, a vu le jour aux USA au milieu du XIXème siècle. 

En 1858 est créée à Dublin la Fraternité Républicaine Irlandaise (Irish Republican Brotherhood, ou I.R.B.), société secrète armée visant à l'indépendance irlandaise, cependant que son équivalent voit le jour aux Etats-Unis, qui prendra en 1859 le nom de Fraternité Fénienne (Fenian Brotherhood, nom inspiré d'une bande de guerriers mythiques du IIIème siècle). Le terme "Fénien" (Fenian) en viendra à désigner de façon générique les indépendantistes révolutionnaires irlandais.

   

Par ailleurs, dans la communauté irlandaise immigrée, dont au départ l'appartenance se définissait en termes de famille, de paroisse, de village, le sentiment nationaliste irlandais se développait petit à petit ; ceci sous l'effet, par un paradoxe fréquent chez les immigrés,  aussi bien des valeurs américaines de citoyenneté et de nation, que du rejet dont ils pouvaient être l'objet de la part d'une partie de cette même population américaine. A partir des années 1850, les parades et les célébrations du jour de la Saint Patrick devinrent un événement majeur de la communauté d'origine irlandaise.

 

C'est au décours de la Guerre de Sécession (1861-1865) que la Fraternité Fénienne prit sa véritable ampleur, car elle comptait dans ses rangs de nombreux vétérans des deux camps. Ses Conventions et ses manifestations de rue prirent de l'importance, de même que les récoltes de ses levées de fonds.

   

Les Féniens, forts de leur expérience militaire, mirent au point plusieurs attaques vers le Canada à partir de la frontière américano-canadienne, visant à prendre le contrôle de territoires canadiens afin de faire pression sur la Grande-Bretagne. A l'époque le Canada était une possession britannique, même s'il fit un pas vers l'indépendance en 1867 avec la Confédération de trois provinces accédant au staut de "dominion". Les trois premières incursions armées eurent lieu en 1866, les deux autres en 1870 et 1871, mais se soldèrent par des échecs. Le gouvernement américan fit preuve au moins d'une bienveillance passive envers les Féniens, car la Guerre de Sécession avait réveillé des tensions entre les Etats de l'Union (vainqueurs) et la Grande-Bretagne.

 

Par la suite la Fraternité Fénienne perdit de son influence jusqu'à disparaître dans les années 1880.

Elle allait être remplacée dans les années 1870, en tant que correspondante de la Fraternité Républicaine Irlandaise, par une organisation du nom de Clan Na Gael (le Clan des Gaëls).

   

Celle-ci allait récolter des fonds, le "Skirmishing Fund" ("Fonds pour la Guérilla"), lancé par des souscriptions dans la publication new-yorkaise "The United Irishman" de O'Donovan Rossa, un Fénien des plus radicaux.

Elle allait servir de base arrière à l'activité non la plus importante mais la plus spectaculaire des indépendantistes, à savoir le terrorisme (Nobel venait d'inventer la dynamite). Elle fut notamment réputée être derrière la campagne de dynamitage dans les grandes villes anglaises de 1881 à 1885, en particulier lorsque son aile la plus radicale dite "Le Triangle" prit les commandes.

   

Ceci fut à l'origine de tensions entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, celle-ci leur reprochant leur manque de coopération dans la lutte anti-terroriste, et les Etats-Unis s'émouvant des citoyens américains d'origine irlandaise emprisonnés en Grande-Bretagne pour suspicion de terrorisme. La Grande-Bretagne avait suspendu l'"habeas corpus" en Irlande en 1881, comme elle l'avait déjà fait en 1866 dans un contexte analogue, et pouvait donc y prolonger des détentions sur simple suspicion.

La position des Etats-Unis reposait sur l'insuffisance selon eux des preuves, sur leurs différentes libertés constitutionnelles, non contrebalancées à l'époque par des outils juridiques adéquats face à ce nouveau terrorisme international, et aussi sur une prudence envers des mesures qui pourraient sembler anti-irlandaises, car le vote irlandais n'était pas négligeable aux Etats-Unis. Sans compter peut-être la crainte de représailles explosives sur le territoire américain. Et peut-être aussi pour certains avec le sentiment que c'est la mauvaise conduite de la Grande-Bretagne, nation colonialiste, en Irlande, qui entretenait les troubles.

 

Signalons aussi enfin que dans les années 1880 à New York, rien moins qu'un sous-marin vit le jour, le "Fenian Ram" (le Bélier Fénien), conçu par le sympathisant John Holland grâce au "Skirmishing Fund", qui avait vocation à attaquer les navires britanniques, mais qui fut mis à l'écart suite à des querelles intestines.

 

 
L'INTÉGRATION

 

- Les syndicats


Les Irlandais, nombreux dans le milieu du travail non qualifié, se sont petit à petit organisés pour former des syndicats.

En  1879, Terence Powderly, fils d'immigrés irlandais et franc-maçon, a été élu à la tête des Knights of Labor, premier syndicat américain, d'inspiration franc-maçonne, fondé en 1869 par Uriah Smith Stephens.

 

Il y resta jusqu'en 1893. Sous son mandat, le mouvement regroupa plus de 710 000 membres.

En 1886,  Sam Gompers, juif d'origine britannique, et P.J. McGuire, irlando-américain catholique de deuxième génération co-fondèrent l'American Federation of Labor (AFL) à partir de la Federation of Organized Trades and Labor Unions créée en 1881. Gompers fut élu président et McGuire, qui allait être une des figures dominantes des trois premières décennies de l'AFL, secrétaire. Aux alentours de 1910, près de la moitié des 110 syndicats membres étaient dirigés par des natifs d'Irlande ou des Irlando-américains.

  

- La politique

   

Les Irlandais s'engagèrent dans la politique dans le camp des Démocrates.

Les Irlandais s'impliquèrent précocément dans l'appareil new-yorkais du parti Démocrate, le "Tammany Hall" (du nom d'un chef indien delaware). Ils en prirent même la tête pour 30 ans à partir de 1871 avec John Kelly puis Richard Croker.

William R. Grace devint en 1880 le premier maire irlandais catholique de  New York. Et 4 ans plus tard, Hugh O'Brien le premier maire irlandais catholique de Boston.

Les Irlandais allaient dominer les appareils politiques de nombreuses grandes villes américaines.

  

- L'ascension sociale

   

Les nouvelles générations d'Irlandais ont petit à petit accédé à la classe moyenne.

A partir des années 1850-1860, on vit de plus en plus d'Irlandais policiers ou pompiers à New York et à Boston.

A la fin du XIXème siècle, l'intégration des Irlandais était conclue.

    

- Les derniers stéréotypes

 

Cependant, les stéréotypes sur les Irlando-Américains furent alimentés jusqu'aux années 1880 par d'une part leurs accointances clientélistes avec les Démocrates, notamment à New York (le fameux Tammany Hall et sa réputation de corruption), et d'autre part leurs liens avec le terrorisme anti-britannique.

 

Deux fameux magazines satiriques en témoignent, le "Harper's Weekly" fondé en 1857, avec notamment le dessinateur Thomas Nast qui y contribua de 1862 à 1886 (il a notamment popularisé le Père Noël, l'Âne Démocrate ou l'Éléphant Républicain), et "Puck", dont l'édition anglophone (il avait commencé par des éditions germanophones) new-yorkaise est fondée en 1877, avec notamment Joseph Keppler, son fondateur, ou des dessinateurs comme Frederick Burr Opper, de 1880 à 1898. Notons en passant que les caricaturistes anti-irlandais et anti-catholiques sus-nommés étaient d'origine germanique.

 

Les dessins anti-irlandais de ces revues s'inspirèrent parfois très directement des dessins anti-irlandais du magazine britannique "Punch". Le magazine "Punch", fondé en 1841, d'ailleurs à l'origine du mot "cartoon" désignant un dessin humoristique, s'inscrivait dans la tradition anti-irlandaise des Anglais, en fait plus précisément anti-indépendantiste, les indépendantistes étant représentés comme de dangereux terroristes. On y trouve des dessinateurs comme John Leech, qui y fit des caricatures de 1841 to 1861, ou John Tenniel (l'illustrateur de Lewis Carroll) de 1850 à 1901.

 

- En 1961, JF Kennedy sera le premier président d'origine irlandaise catholique des Etats-Unis. Un des points qu'on allait retenir de son mandat est son soutien au mouvement des Droits Civiques des Afro-Américains, ce qui est bien la moindre des réparations de la part d'un Irlando-Américain catholique romain, qui plus est comme il se doit... du parti Démocrate.

 

 

CONCLUSION 

 

Les Etats-Unis se sont toujours voulus une nation d'accueil et d'assimilation (tout comme la France), mais on voit que les choses sont loin d'avoir été aussi simples, même vis à vis d'autres Européens de religion chrétienne. L'intégration de nouvelles populations n'est jamais évidente, tant il est vrai qu'on retrouve à l'échelon des nations la même contradiction qui existe chez les individus entre hospitalité et méfiance, voire rejet.

   

La perspective historique à laquelle nous nous sommes livrés ne vise pas à donner dans l'angélisme. Il y a certes parmi les populations de culture musulmane en France une petite proportion qui mériterait pour diverses raisons d'être éjectée avec notre pied aux fesses ou sévèrement encadrée. De même qu'il existait probablement une fraction des populations de culture catholique dans l'Amérique du XIXème siècle qui méritait le même sort .

   

Mais cette perspective vise à inciter au relativisme. Il n'y a rien ni d'exceptionnel ni d'insurmontable aux tensions réciproques que nous pouvons observer actuellement, tous les hommes se caractérisent par leur exceptionnelle capacité d'adaptation, surtout sur plusieurs générations.

 

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Published by Jean-Paul - dans Un peu de sérieux
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 03:15

 
Nous entendons souvent dire, de nos jours en France, que les populations musulmanes immigrées ou d'origine immigrée récente sont inintégrables.
 
Il est intéressant de faire un parallèle avec les difficultés qu'a rencontrées la population irlandaise immigrée ou d'origine immigrée récente aux Etats-Unis durant le XIXème siècle.
C'est un aspect de l'histoire des Etats-Unis particulièrement mal connue des Français (pour tout dire, nous ne connaissons foutre rien de l'histoire de ce pays).

Les points communs sautent d'emblée aux yeux :

- c'était une immigration essentiellement économique ;
- les Américains "de souche" étaient des descendants de Britanniques, les colonisateurs de l'Irlande, et conservaient de forts préjugés envers les Irlandais ;

- la religion des immigrés différait de celle(s) du pays d'accueil, l'immigration irlandaise au XIXème siècle en Amérique étant catholique dans sa très grande majorité.
 

Nous allons voir que les ressemblances avec les configurations, les rumeurs, les conflits, les enjeux, les acteurs politiques et sociaux de l'actuelle opposition entre chrétiens et musulmans peuvent donner à réfléchir.


INTRO

L'immigration irlandaise catholique aux USA a commencé à être importante à partir de 1815, dans un contexte d'oppression économique, politique et religieuse, de rareté des terres disponibles et surtout de pauvreté générale du niveau de vie.

Rappelons qu'au XIXème siècle l'Irlande faisait partie du Royaume Uni et qu'elle n'avait pas encore été partagée en deux. Les Irlandais restaient traditionnellement catholiques, mais les terres et le pouvoir politique étaient aux mains des Protestants issus des colons Britanniques.

On avance qu'entre 1820 et 1860, les Irlandais constituèrent plus du tiers des immigrants aux Etats-Unis. Dans les années 1840, ils en constituèrent presque la moitié suite à la Grande Famine (1845-1849).

La plus grande partie des autres immigrants était constituée de population germanique (Allemagne, Autriche, Prusse), dont peut-être un tiers était quant à elle catholique. Elle a pu faire également l'objet d'une hostilité de la part des Américains "de souche", mais nettement moins ciblée qu'envers les Irlandais, lesquels ont en quelque sorte importé avec eux la stigmatisation dont ils faisaient l'objet de la part des Anglais. Egalement motivé par la pauvreté, ce mouvement de population a aussi comporté après l'échec des révolutions de 1848 des émigrés politiques.

L'immigration s'est diversifiée à partir des années 1880, à l'époque des "migrations de masse", avec une immigration provenant surtout d'Europe méridionale et orientale, et donc de nouvelles populations catholiques (Ritals, Polaks...).

Les Irlandais se sont principalement installés dans le Nord-Est des EU, (le New York et la Nouvelle Angleterre, qui comprenait 6 Etats), et ont notamment investi les grandes villes (Boston, Philadelphie, New York...).

Ils travaillaient dans les métiers manuels ou de service sans qualification, parfois rudes comme l'exploitation des mines ou la construction de chemins de fer. Les femmes travaillaient comme domestiques ou dans la couture.


RACISME ANTI-IRLANDAIS

Les Irlandais se sont heurtés à une violente opposition de la part des protestants "de souche", dès les années 1830 et surtout à partir de l'immigration irlandaise catholique massive des années 1840.

Cette population était composée surtout de paysans sans compétence, aux traditions bien enracinées et au fort accent, dont pour beaucoup la première langue était un des dialectes gaéliques irlandais.

Ils vivaient dans des quartiers pauvres surpeuplés (comme le Five Points district de New York mythifié par le film de Scorcese "Gangs of New York") et faisaient partie des couches les plus défavorisées économiquement.

Ils étaient considérés par les Américains de souche comme une plèbe inintégrable à la mentalité archaïque mettant en péril l'idéal républicain, composée d'ivrognes paresseux, violents, délinquants, venant générer pauvreté et désordres sociaux soit en piquant les emplois par le travail à bas prix, soit en propageant la délinquance et le crime.

 

 

                                                                                                                                                                                                           
Les "Paddys" (pour les Irlandais) et les "Bridgets" ou "Biddys" (pour les Irlandaises), surnoms donnés par dérision en référence à des prénoms répandus dans leur communauté (Patrick et Bridget), étaient même dotés par les plus fameux cartoonistes anglais et américains de caractéristiques physiques qui les identifiaient quasiment sur le mode racial, les hommes ayant quelque chose de simiesque, avec le front bas, un petit nez camus ou retroussé, un espace naso-labial long et bombé (cf par exemple les cartoons de la partie [
2b]) et les femmes ayant les traits grossiers et les membres épais. Ils étaient en somme confinés au rôle de "white negroes", ce qui, nous allons le voir plus loin, contribua à les opposer aux Noirs au lieu de les en rapprocher. Les "blagues irlandaises" ("irish jokes", comme il y a les "blagues belges" ou les "blagues sur les blondes") n'étaient pas à l'époque inoffensives comme elles le sont devenues.

Il
s étaient également volontiers perçus comme une cinquième colonne, en collusion avec le clergé catholique fait d'espions de Rome et d'agents des puissances despotiques européennes, menace pour et l'identité américaine et l'intégrité républicaine (cf chapitre suivant).

La discrimination dont les Irlandais faisaient l'objet à partir des années 1840 fut symbolisée par la mention (historiquement contestée, mais en tout cas entrée dans la mémoire collective) ajoutée sur les affiches ou les petites annonces proposant des emplois " No Irish Need Apply" ("il est inutile aux Irlandais de postuler"), et l'acronyme NINA devint le symbole de la xénophobie anti-irlandaise. En 1862, juste avant l'émeute de New York (cf + loin), une chanson satirique portant ce titre devint un succès populaire.


ANTI-CATHOLICISME

 

A partir des années 1830, s'exprimera un violent sentiment anti-catholique, la religion papiste étant non sans quelque raison considérée comme obscurantiste, rétrograde, hégémoniste, autoritaire, intolérante, intrusive, et complice des régimes despotiques européens.

Tant que les Etats d'Amérique étaient une colonie britannique, l'immigration de Catholiques romains, et tout particulièrement de membres du clergé, était explicitement prohibée. Ce n'est que lorsqu'ils se sont libérés de la couronne britannique (déclaration d'indépendance en 1776, et surtout victoire de la guerre d'indépendance -grâce aux Français- en1783) que l'immigration devint petit à petit mélangée. Mais les tensions envers Eglise catholique romaine et Eglises protestantes restaient présentes, la première affichant avec intransigeance son
hostilité à l'égard de celles-ci (le Concile Vatican II n'était pas encore passé par là).

Le clergé catholique était tout particulièrement soupçonné de trahison envers les valeurs républicaines et d'allégeance à Rome. Il faut dire qu'à l'époque l'Eglise romaine était en collusion complète avec les souverains européens.

Le sentiment anticatholique prendra donc différentes formes pouvant s'associer : animosité s'apparentant à la xénophobie de la part d'anglo-saxons protestants de base, querelles dogmatiques ou liturgiques de la part de pasteurs, élaborations conspirationnistes de la part d'intellectuels.

Des nombreuses églises et bâtiments catholiques furent dégradés ou attaqués par des anti-catholiques. Comme en 1834 le Couvent des Ursulines du Mont Benoît à Charlestown, près de Boston dans le Massachusetts, mis à sac et incendié après que des rumeurs aient couru que les religieuses étaient kidnappées, converties de force, retenues contre leur gré, abusées ou éliminées.

En Pennsylvanie, les tensions entre majorité protestante et minorité catholique étaient importantes. En 1838, une loi imposa la lecture de l'édition protestante de la bible à l'école. La tension continua à monter. Et entre mai et juillet 1844, à Philadelphie et dans sa banlieue, suite à une polémique à Kensington (banlieue) entre Nativistes protestants et Irlandais catholiques sur cette question, les Nativistes agressèrent les Irlandais, brûlèrent leurs maisons ainsi que plusieurs églises.

Les années 1830 et 1840 virent fleurir :

- Des livres anti-catholiques sensationnalistes. Comme "Six mois dans un couvent" (1835), écrit par une ex-novice du Couvent des Ursulines de Charleston, Rebecca Reed, qui décrivait les contraintes et les sévices subis par les jeunes filles, et dont la circulation du manuscrit les années précédant sa publication auraient contribué à la mise à sac du Couvent en 1834 (cf + haut). Ou comme "Les effroyables révélations de Maria Monk" (1836), censé avoir été écrit par une ex-nonne dénonçant les maltraitances et les abus sexuels dont les religieuses étaient victimes dans un couvent de Montréal, les enfants du péché étant naturellement étranglés et jetés dans une carrière.

- Des ouvrages anti-immigrationnistes imprégnés de considérations conspirationnistes. Comme "Conspiration étrangère contre les libertés des USA" (1835) et "Dangers imminents pour les institutions libres des USA de la part de l'immigration étrangère" (1835), de Samuel Morse (oui, l'inventeur du télégraphe). Ou comme "Plaidoyer pour l'Ouest" (1835), de Lyman Beecher, pasteur presbytérien de l'Ohio, ouvrage dans lequel il invitait les Américains à s'installer vers l'Ouest avant que les papistes, dont il dénonçait les dangers, ne s'y mettent, montrant lui-même la direction en ayant quitté Boston pour Cincinnati (qui était quand même déjà une grande ville confortable).

- Des revues comme l'American Protestant Vindicator, organe de combat contre les papistes.

- Des associations confessionnelles, comme, au début des années 1840, l'American Protestant Association, qui se fixait pour objectif d'enrayer l'extension du catholicisme aux US.


NATIVISME

Cette montée xénophobe, anti-immigrationniste, anti-catholique au nom de l'identité anglo-saxonne protestante prit une forme plus politique avec le "nativisme". Ce mouvement identitaire nationaliste entendait défendre les Américains "de souche" (native). Le terme "native" à l'époque désignait bien sûr non pas les Indiens, mais les Anglo-saxons protestants tels que les descendants des colons rebelles.

Samuel Morse, qui à l'époque était connu pour ses talents de peintre (il n'avait pas encore inventé ni l'alphabet éponyme ni l'ancêtre d'Internet), avait en 1835 publié deux ouvrages alarmistes mentionnés plus haut. La même année était fondée la Native American Democratic Association. Il se présenta à l'élection du maire de New York en 1836 sous l'étiquette de ce mouvement (sans succès).

A partir du début des années 1840 les "Nativistes" (ie les Nationalistes) n'eurent de cesse d'appeler à mettre hors d'état de nuire la racaille irlandaise ("irish scum") sur le thème l'"Amérique aux Américains".

En 1843 l'American Republican Party vit le jour à New York, puis s'étendit aux Etats voisins en prenant le nom de Native American Party en 1845.

Le Native American Party prônait l'arrêt de l'immigration pour conserver les valeurs des Pères fondateurs de l'Amérique, l'allongement du délai de naturalisation, et la préférence nationale (protestante) avec exclusivité des postes électifs aux Américains de souche.

Le mouvement dit "Know Nothing" à cause de ses activités semi-clandestines est né à la fin des années 1840 de la réaction d'Américains déçus par l'inertie des deux partis traditionnels (à l'époque les Démocrates et les Whigs) quant à la lutte contre l'invasion et l'influence des immigrés catholiques irlandais et accessoirement allemands et la menace papiste. Il est associé à l'"Order of the Star Spangled Banner" (Ordre de la Bannière Etoilée), créé à New York en 1849. C'est le directeur de journal Horace Greeley qui popularisa le terme "Know Nothing" en 1853, faidant référence à ce que les membres de ce mouvement répondaient quand on les questionnait sur celui-ci "I know nothing".

Les succès électoraux croissants du mouvement le poussèrent à donner naissance en 1854 à l'"American Party", qui allait symboliser la lutte contre l'immigration catholique jusqu'à la fin des années 1850 dans le Nord-Est des Tazunis.

Précisons que les immigrés irlandais, dès qu'ils ont commencé à participer à la vie politique au XIXème siècle,  ont longtemps voté dans leur grande majorité Démocrate.

Rappelons par parenthèse que le Parti Républicain, plus récent, a été créé en 1854 pour s'opposer à l'influence politique des propriétaires d'esclaves des Etats du Sud, soutenus quant à eux par les Démocrates. Eh oui !

Le Parti Républicain allait entrer dans l'histoire avec l'élection d'Abraham Lincoln en 1860.


GUERRE DE SECESSION

En mars 1863, Abraham Lincoln en manque de soldats dans la guerre de Sécession qui durait depuis 2 ans, fit voter une loi l'autorisant à enrôler des soldats parmi les citoyens. Cette conscription, première de l'histoire des Etats-Unis qui avait fonctionné jusqu'alors sur le volontariat, était obligatoire (sur tirage au sort).

Deux mois plus tôt, en janvier, Lincoln avait promulgué la Proclamation de l'Emancipation, déclarant libres tous les esclaves du territoire confédéré en sécession (le Sud). L'Emancipation des Noirs devenait ainsi un enjeu majeur de la Guerre de Sécession.

Parmi les opposants à la guerre de Sécession et donc plus encore à la conscription obligatoire se trouvaient les immigrés irlandais pour les raisons suivantes :

- Les immigrés irlandais étaient de damnés racistes négrophobes. Probablement d'une part, paradoxalement, parce qu'ils faisaient l'objet du même ostracisme que les Afro-Américains de la part des Américains protestants de souche, et qu'ils tenaient à montrer qu'ils étaient des Blancs n'ayant rien à voir avec les Noirs. D'autre part parce qu'ils étaient en compétition économique avec eux pour les travaux sans qualification (dockers...), et encore plus depuis le début de la guerre, alors même que l'inflation liée à la guerre rendait la vie difficile. C'est un grand classique : le racisme se développe dans les situations de compétition.

- En combattant le Sud on allait libérer les Noirs, donc accroître leur concurrence déjà fort mal vue par les Irlandais sur le marché de la main d'oeuvre du New York et de la Nouvelle Angleterre.

- Nombre d'immigrés irlandais entre eux n'étaient pas encore naturalisés, et donc, n'ayant pas le droit de vote, trouvaient abusif de pouvoir être enrôlés d'autorité.

- On pouvait échapper au service soit en payant une somme de 300 $, soit en payant un remplaçant. Privilège donc réservé aux riches, surtout en ces temps d'inflation, et particulièrement mal vécu par les classes laborieuses.

- Les immigrés irlandais, venus chercher le "rêve américain", et qui n'avaient trouvé que misère, exploitation et xénophobie, étaient violemment déçus.

- L'Eglise catholique était pro-esclavagiste et anti-abolitionniste (ben oui, vous vous attendiez à quoi ?), pour la raison habituelle de l'Eglise que l'ordre établi vaut mieux que le désordre, et que de toutes façons les inégalités terrestres seront compensées par la vie éternelle. En Europe, à la même époque, le Magistère romain passait d'ailleurs son temps à pondre des textes condamnant ceux qui faisaient miroiter aux hommes de condition inférieure la possibilité d'une vie terrestre meilleure.

- Les immigrants irlandais votaient massivement Démocrates. Une bonne partie des Démocrates de l'Union (le Nord), forte minorité face à la majorité républicaine à la tête de laquelle était le président Lincoln, étaient pro-esclavagistes anti-abolitionniste, et anti-guerre, pour ne pas risquer de mettre en péril l'ordre économique des deux territoires. C'étaient les "Démocrates pour la Paix", partisans d'une solution négociée. Ils portaient en signe de reconnaissance un badge formé d'une pièce de cuivre représentant la Tête de la Liberté. Les Républicains en retour les surnommèrent les "Copperheads", du nom d'un serpent venimeux bien connu d'Amérique (le mocassin à tête cuivrée). A partir de début 1863, le terme Copperhead et le terme Démocrate devinrent synonymes, et les Démocrates l'assumèrent. Les "Démocrates pour la guerre" faisaient campagne et votaient quant à eux avec les Républicains.

Les Copperheads avaient de nombreux soutiens parmi les catholiques d'origine irlandaise des villes de l'Est, des villes industrielles et des villes minières, notamment les bassins houilliers de Pennsylvanie.

Il y eut des manifs contre la conscription dans de nombreuses villes du Nord, mais ce sont les émeutes de New York, ville acquise aux Démocrates, dont les immigrés irlandais furent les principaux acteurs, qui furent les plus violentes et les plus marquantes, voire selon certains qui furent les plus graves de l'histoire des Tazunis.

Du 13 au 16 juillet 1863, une cinquantaine de milliers d'émeutiers semèrent la terreur, une à plusieurs centaines de personnes furent tuées ou blessées, l'armée fédérale dut venir en renfort de la police, et la facture fut d'un million et demi de dollars de l'époque. Signalons que durant cette émeute, des bandes d'Irlandais incontrôlables s'en prirent aux Noirs, femmes et enfants compris (ainsi qu'à ceux qui prenaient leur parti). Les Noirs furent pourchassés, passés à tabac, lynchés, leurs biens saccagés. Le Colored Orphan Asylum, orphelinat pour enfants noirs, fut incendié. On retint le chiffre de onze Noirs tués.

 

L'avocat new yorkais George Templeton Strong, hérault des Nordistes, dont le "Journal personnel" décrivait depuis les années 1830 les immigrés catholiques comme des créatures immondes et bestiales, déclara après que les forces de l'ordre aient non sans mal maîtrisé les émeutes : "I would like to see war made on Irish scum".

On a dit aussi que c'est parmi les Irlandais catholiques que l'armée de l'Union avait souffert du plus grand nombre de désertions.
Bref, après que les Nordistes aient eu mis la pâtée aux Sudistes, et que ceux-là eussent imposé leurs idées à ceux-ci, l'image de marque des catholiques d'origine irlandaise n'est on s'en doute pas sortie grandie. Cependant, comme on le verra plus loin, d'autres conscrits d'origine irlandaise ont mis quant à eux à profit cette expérience militaire dans l'optique de la lutte armée pour la libération de l'Irlande de la tutelle anglaise.

  

Fin de la première partie, suite dans Concordance des temps [2b]

 

 

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 02:02

Amis lecteurs (ou ami-e-s lecteur-e-s, comme on dit dans les courants alternatifs), je souhaiterais vous inviter à méditer sur les répétitions des situations dans l'Histoire.
Voici donc sans plus de préambule des extraits de textes un peu anciens, provenant de deux auteurs que je vais préciser plus loin. Leur lecture attentive donne à réfléchir tant ils résonnent objectivement avec le discours anti-immigrationniste anti-musulman actuel :




1-a

« C'est une belle caractéristique de notre Constitution, qui fait que chaque homme est libre de vénérer Dieu selon les directives de sa propre  conscience, que la religion est séparée de l'Etat, et qu'une égale protection est accordée à toutes les croyances. »
...
« Ce n'est pas une réfutation de la charge d'intolérance ici établie à l'encontre des Musulmans, que de montrer que de petits groupes d'entre eux, en des circonstances particulières, ont été tolérants, ou que dans ce pays, où ils ont toujours été une petite minorité, ils peuvent faire de hautes déclarations d'amour ardent pour les institutions républicaines et tolérantes de notre gouvernement. Personne ne saurait être trompé par des preuves si partielles et si circonscrites, alors que le sang des persécutés pour leur opinion colore de la teinte la plus profonde chaque page de l'histoire de cette religion, oui, et même alors qu'il est encore humide sur les sols des geôles d'Arabie ; alors que les principes intolérants et anti-républicains du Mahométisme sont à présent vociférés chaque semaine depuis les mosquées, et répétés dans nos oreilles par presque chaque nouvelle arrivée en provenance d'Afrique ou du Moyen-Orient. »
...
« Si le Mahométisme est tolérant, nous allons voir l'Arabie, et le Pakistan, et l'Iran, et la Mauritanie, ouvrir leurs portes aux émissaires de la foi chrétienne ; nous allons voir ces pays laisser les missionnaires chrétiens, aussi librement que nous laissons les Musulmans, s'en aller disséminer leur doctrine à travers toutes les classes sous leur influence. Alors le Mahométisme pourra parler de tolérance, alors nous pourrons croire qu'il a senti l'effet de l'esprit du temps et s'est réformé ; mais alors ce ne sera plus le Mahométisme, car le Mahométisme ne changera jamais, il est infailliblement le même, infailliblement intolérant. »
...
« Dans les pays arabes le Mahométisme soutient le despotisme le plus tyrannique, prête ses foudres pour maintenir par la terreur le peuple dans la plus abjecte soumission, et maintient au sommet de ses dogmes l'indissoluble union de la religion et de l'Etat ! Pourtant, dans notre pays, où il est encore en train d'explorer son chemin, il s'est allié avec la démocratie, il est le plus bruyant dans ses dénonciations de la tyrannie, la tyrannie des patriotes français ! Il est le premier à détecter l'oppression, il voit au loin les machinations des Français chrétiens de souche pour unir l'Eglise et l'Etat ! Et il se met en avant comme le gardien le plus zélé de la liberté civile et religieuse ! Avec de telles sentinelles, nos libertés sont certainement en sécurité, avec de tels gardiens de nos droits, nous pouvons dormir en paix ! »
...
« Alors que nous accueillons les intellectuels et les persécutés de toutes les nations et leur donnons un asile et un partage de nos privilèges, prenons garde d'admettre en une dangereuse familiarité ceux qui ne peuvent pas utiliser et n'utiliseront pas notre hospitalité de façon correcte. Que ceci puisse arriver, et arrivera, il n'y a pas de raison d'en douter.
 [...]
 En ce moment l'océan grouille de navires bondés de cette population misérable, les emportant de la misère de là-bas à la misère ici.
 [...]
 La dépense encourue dans cette ville (Paris) pour le soutien des pauvres étrangers, c'est bien connu, est énorme. A Lyon plus des trois quarts des résidents du foyer d'hébergement sont des étrangers. On sait que des familles entières débarquent de navires et vont directement au foyer d'hébergement. Au dispensaire de Marseille il y avait l'an dernier, pour deux arrondissements seulement, 477 patients, dont 441 étaient des étrangers !! Ne laissant que 36 personnes de notre propre population avoir accès aux soins. Au foyer d'hébergement de Marseille, [...], le paupérisme de souche a diminué en cinq ans, et le paupérisme étranger a plus que doublé.
A Montpellier, plus des quatre cinquièmes des pauvres sont des étrangers.
 
« Le premier pas qui doit immédiatement être fait, c'est de faire pression sur le Parlement et sur la nation pour porter d'urgence l'attention sur les lois de naturalisation. Nous devons d'abord arrêter cette fuite dans le navire, à travers laquelle les eaux boueuses de l'extérieur menacent de nous noyer. Si nous voulons empêcher notre pays, ce canot de sauvetage de la planète, de sombrer avec tout l'équipage, nous ne devons plus rien prendre à bord en provenance de l'épave arabo-africaine jusqu'à ce que nous ayons accosté en sécurité et mis à l'abri notre cargaison actuelle. Mais devons-nous abandonner le caractère de notre pays, asile du monde ? Non : mais c'est une philanthropie erronée en vérité que de vouloir tenter de sauver une personne au dépens de la vie de milliers d'autres, une philanthropie qui voudrait accueillir au sein de nos familles ceux qui meurent de la peste. Nos lois de naturalisation n'ont jamais eu pour but de faire de ce pays le foyer d'hébergement des pays arabo-africains [...]. »
...
« La grande masse des émigrants de ce pays sont des pauvres, durs à la tâche et mentalement incuriques, des pays musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient, qui ont quitté une terre où ils étaient réduits en esclavage pour une terre de liberté. Quelque bien disposés qu'ils puissent être envers le pays qui les protège, et les adopte en tant que citoyen, ils ne sont pas aptes à agir avec jugement dans les affaires politiques de leur nouveau pays, comme les citoyens de souche éduqués depuis leur petite enfance dans les principes et les coutumes de nos institutions. La plupart d'entre eux sont trop ignorants pour agir en tout par eux-mêmes, et s'attendent à être entièrement guidés par les autres. Ces autres sont évidemment les imams. Les imams les ont gouvernés chez eux par le droit divin ; leurs esprits ignorants ne peuvent pas d'ordinaire être émancipés de leur sujétion habituelle, ils n'apprendront pas ni n'apprécieront leur exemption de toute usurpation du pouvoir clérical dans ce pays, et ils sont implicitement à la botte de leurs guides spirituels. Ils vivent entourés par la liberté, et pourtant la liberté de conscience, le droit au jugement privé, en religion comme en politique, sont exclus par les imams tout aussi efficacement que si la charia dirigeait déjà le pays. Ils forment un corps d'individus dont les habitudes d'action (puisque je ne peux pas dire de pensée) sont opposés aux principes de nos institutions libres, car ils sont inaccessibles aux raisonnements de la presse, ils ne peuvent pas penser et ne pensent pas par eux-mêmes.

« Chaque immigrant musulman illettré, par conséquent, qui vient dans ce pays, s'ajoute à la masse d'ignorance qu'il sera difficile d'atteindre par quelque instruction libérale, et même s'ils sont honnêtes (et je n'ai pas de doutes que la plupart le soient), néanmoins de par la nature des choses ils ne sont que des instruments obéissants dans les mains de leurs guides plus éduqués pour accomplir les desseins de leurs maîtres étrangers. L'éducation républicaine, quand on lui permet librement d'entrer en contact avec leurs esprits, devrait dans aucun doute fournir bientôt un remède à un mal pour lequel, dans l'état actuel des choses, nous n'avons pas de traitement. Il n'y a qu'à continuer pendant quelques années cette sorte d'immigration qui actuellement déverse tous les jours ses milliers d'arrivants de pays arabo-africains, et nos institutions, pour autant que je puisse voir, seront à la merci d'un corps d'étrangers, commandées par des étrangers, et seront entièrement sous le contrôle d'un pouvoir étranger. Nous pourrons alors avoir une raison de dire que nous somme dupes de notre propre hospitalité ; nous aurons abrité dans notre foyer bien approvisionné un groupe d'étrangers nécessiteux qui, bien emplis de notre approbation, seront encouragés par la familiarité inaccoutumée avec laquelle ils sont traités, d'abord à chambouler les règles du foyer, puis à mettre leur hôte et sa famille à la porte. »


1-b

« Ce n'est pas une prédiction extravagante lorsque je dis que la question du Mahométisme et du Christianisme, ou de l'Absolutisme et du Républicanisme, lesquels en ces deux catégories opposées sont des termes convertibles, devient rapidement et sera bientôt la grande question préoccupante, non seulement de ce pays mais de tout le monde civilisé. Je ne dis pas cela au hasard. Je dis cela à partir d'une observation longue et assidue dans les pays d'Afrique et du Moyen Orient, et de la comparaison de l'état des choses dans ce pays avec l'état de l'opinion publique dans les pays d'Afrique et du Moyen Orient. »
...
« N'est-il pas l'heure pour tout patriote d'ouvrir les yeux sur la vérité, à savoir que nous sommes politiquement attaqués sous couvert d'un système religieux, et n'est-ce pas une question sérieuse de se demander si notre presse politique doit soutenir la cause d'ennemis étrangers de notre gouvernement, ou bien aider à les dénoncer et à les repousser ? »
...
« Pour autant que j'ai pu le déduire des documents publics, l'objet du Front National semble être de résister à l'agression de l'influence étrangère et à ses attaques insidieuses et dangereuses sur tout ce qui est cher aux Français, d'un point de vue politique comme religieux.t»
...
« Ce sujet implique des questions qui, à mon avis, rend toutes les autres insignifiantes en comparaison, car elles retentissent sur toutes les autres. C'est à l'influence perturbante de l'action étrangère parmi nous sur les questions politiques et religieuses d'aujourd'hui que peut être attribuée pour une grande part la désorganisation actuelle dans toutes les parties du pays.»


2

« Le danger des esprits non éduqués augmente tous les jours par l'afflux rapide d'émigrants étrangers, ignorants de nos institutions, inaccoutumés à l'autonomie, inaccessibles à l'éducation, et aisément accessibles aux préjugés, et à la crédulité invétérée, et à l'intrigue, et aisément embrigadés et manipulés par de sinistres intentions. Au début cette éruption du continent africain post-colonial n'avait pas été prévu, et nous avions ouvert nos portes à l'afflux et à la naturalisation des étrangers. Mais c'est devenu une inondation terrifiante ; elle a augmenté par rapport à notre population de souche de cinq à trente-sept pour cent, et progresse chaque année.»
...
« Mais si, après examen, il apparaissait que les trois-quarts des émigrants étrangers dont les flots montants déferlent sur nous sont, par le biais de leur religion et de leur clergé, aussi entièrement accessibles au contrôle des potentats arabes que s'ils étaient une armée de soldats, enrôlés et commandés, et envahissant le pays ; alors, en vérité, aurions nous juste l'occasion d'appréhender le danger pour nos libertés. Ce serait l'union de l'islam et de l'Etat parmi nous. L'islam et l'Etat tous deux dans les pays arabes, et l'islam colonisateur docile ici. »
...
« La voix de l'histoire aussi nous avertit que nulle influence sinistre ne s'est jamais introduite dans la politique  avec un effet si virulent et destructeur qu'une influence religieuse ambitieuse.»
...
« Si les Musulmans se considéraient simplement comme l'une des nombreuses dénominations des croyants, pouvant simplement prétendre aux mêmes droits et privilèges, il n'y aurait pas de raison pour de l'appréhension [...]. Mais il n'en va pas de même si on a dit aux Musulmans de croire que leur religion est la seule religion, hors du sein de laquelle il n'y a point de salut, que personne ne peut lire les textes sacrés sans la permission de son clergé, et que personne n'a l'autorisation de les comprendre et de vénérer Dieu selon les directives de sa propre conscience, que l'hérésie est une offense capitale qui ne doit pas être tolérée, mais punie par le pouvoir civil par la privation des droits, la mort et la confiscation des biens, [...] que leurs clercs possèdent le droit d'interférer avec les questions politiques des nations, renforcés par leur autorité sur la conscience des Musulmans, et par leur pouvoir de confirmer ou d'annuler leur serment d'allégeance, et de les pousser à l'obéissance comme à l'insurrection par le pouvoir de la vie ou de la mort éternelle. »
...
« Car depuis l'invasion des Barbares venus du Nord, le Monde n'a jamais connu une telle ruée de population à l'esprit obscur d'un pays vers l'autre, comme actuellement celle qui quitte le Continent africain et qui s'écrase sur nos rivages. Ce n'est pas la partie nordique de la ruche, mais la totalité de la ruche qui essaime sur nos cités et nos territoires inoccupés, par l'effet de la surpopulation, de l'oppression civile, du crime et de la pauvreté, et par l'effet d'intentions politiques et religieuses. Des nuées pareilles aux sauterelles d'Egypte s'élèvent des collines et des plaines du Continent africain, et sur les ailes de chaque vent viennent s'installer sur nos champs blonds ; cependant que des millions, mis en branle par la rumeur de leur essor et encouragés par les nouvelles de leur arrivée en sécurité et des verts pâturages, se préparent à l'envol, dans une succession sans fin. »




Bon.
Qui a écrit ça ?
Pour être franc, j'ai un tout petit peu modifié quelques termes.
J'ai tout au long de ces extraits remplacé "Catholiques" par "Musulmans", et "Europe" par "Afrique et Moyen-Orient", et "européen" par  "arabo-africain" (ou des termes analogues).

Eh oui, ces immigrés pouilleux, incultes et profiteurs, ces fanatiques inféodés à une religion incapable d'évoluer, inaptes à la République, c'étaient les immigrants catholiques d'Europe qui débarquaient sur la terre promise des Etats Unis d'Amérique au XIXème siècle.

Ces textes, qui datent presque tous de 1835, sont dûs à deux figures emblématiques de l'anti-catholicisme et de l'anti-immigrationnisme américains, pionniers du mouvement "nativiste" qui allait se développer à partir des années 1840 (qu'on peut traduire par "nationaliste", les Américains "de souche" (native) étant à l'époque non pas les Indiens mais les Anglo-saxons protestants tels que les descendants des colons rebelles). Il s'agit de Samuel Morse et Lyman Beecher.

Samuel F. B. Morse, comme son nom l'indique, n'est autre que le gars qui a inventé le morse (et le télégraphe). Les extraits sont tirés du chap 5 de son ouvrage "Foreign conspiracy against the liberties of the United States. New York: Leavitt, Lord; 1835" (Conspiration étrangère contre les libertés des Etats-Unis) [1-a], 
 d'une lettre de 1835, et d'une lettre de 1854, ces dernières étant reproduites dans "Samuel F. B. Morse, His Letters and Journals In Two Volumes, Volume II" [1-b].  En 1835, il n'avait ni inventé le code éponyme, ni mis au point l'ancêtre d'Internet ; il était un peintre assez renommé qui s'intéressait à l'électricité ; il connaissait l'Europe pour y avoir voyagé plusieurs années.
Lyman Beecher était un pasteur presbytérien du Connecticut. Les extraits sont tirés de son ouvrage "A Plea for the West - Cincinnati : Truman and Smith, 1835"  ("Plaidoyer pour l'Ouest") [2]. 

Mes quelques autres aménagements des textes sont les suivants :
- J'ai remplacé "Popery" par "Mahométisme". "Popery" est un terme péjoratif intraduisible, sinon par "Paperie". Ou "Secte vaticane". Et j'ai remplacé "Protestantisme" par "Christianisme".
- J'ai remplacé "prêtres" par "imams", "le Vatican" par "les mosquées", "le code autrichien"* par "la charia".
- J'ai remplacé les noms de l'Italie, l'Autriche*, l'Espagne, le Portugal par l'Arabie, le Pakistan, l'Iran, et la Mauritanie.
- J'ai remplacé "Américain" par "Français" (et j'ai traduit "native" par "de souche").
- J'ai remplacé les noms de New York, Philadephie, Boston, Cambridge par Paris, Lyon, Marseille, Montpellier.
- Enfin, dans l'extrait de la lettre de Samuel Morse de 1854, j'ai remplacé "l'objet de cette société", la société en question étant la société des "Know Nothing", par "l'objet du Front National" (J'aurais pu mettre "l'objet du Mouvement Pour la France", mais comme on dit vaut mieux l'original que la copie).
Les "Know Nothing" étaient un mouvement ultranationaliste anticatholique qui a fleuri dans le Nord-Est des USA au milieu du XIXème siècle, en partie clandestin (d'où son nom).
Mais en dehors de ces petites adaptations, tout n'est qu'une traduction la plus fidèle possible (dans la mesure de mes moyens), d'ailleurs le mieux c'est que vous consultiez vous-mêmes les originaux, puisqu'ils sont en ligne.

* :
Pourquoi Samuel Morse cause-t-il de l'Autriche et du "code autrichien", me direz-vous ?
Parce que, comme Lyman Beecher, le fond de sa logique était conspirationniste. Il pensait que le Pape voulait infiltrer l'Amérique, et le Pape était vécu comme la créature de l'Autriche. L'Autriche, l'empire des Habsbourg, de tradition catholique (ne pas confondre avec l'Allemagne), était maître du jeu à l'époque en Europe. Et elle était en effet l'alliée de l'Eglise romaine tant sur le plan idéologique (cf la politique réactionnaire et autoritaire du chancelier autrichien Metternich) que sur le plan géopolitique (c'est notamment grâce à l'Autriche que les Papes  restaient alors souverains des Etats Pontificaux). Morse pensait donc (comme Beecher) que les membres du clergé romain missionnés en Amérique allaient manipuler la masse fragile des immigrants catholiques, notamment germaniques, pour étendre l'influence du Pape et de l'Autriche.

 

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 17:16

Une petite devinette de l'inusable série des ampoules, en honneur à Milton Friedman, qui nous a quitté il y a deux mois.

Combien d'idéologues néo-libéraux faut-il pour changer une ampoule ?

 

Aucun.

Le Marché s'en chargera.

 

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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 21:47

J'aime les comptes ronds, mais bientôt dix jours après la saillie lexicale de M'ame Royal sur la Grande Muraille, son néologisme n'a pas atteint le million d'occurrences sur Gogol.fr. Il plafonne depuis plusieurs jours à 900 000 - 950 000 (ne me demandez pas pourquoi, mais le nombre de pages d'un terme sur Gogol fluctue dans les deux sens au fil du temps).

Mais c'est quand même un chiffre honorable. Disons qu'il tend vers le million.


Ainsi donc, Internet (et notamment la blogosphère), dont on espère pourtant avec béatitude sa dissimilitude d'avec les platitudes des médias traditionnels, a généré avec promptitude des commentaires qui frisent l'infinitude. Pour ceux qui attendent d'internet un renouveau du discours politique, il y a lieu d'éprouver un sentiment d'incomplétude qui peut confiner à l'hébétude. Mais bon, autant faire montre de mansuétude envers ce qui ne relève après tout que des inévitables vicissitudes de toute sphère de communication.

Aucune sphère de communication n'échappe à la bla-blattitude : plus c'est insignifiant, plus on glose. Au demeurant, beaucoup des commentaires du Net sur le néologisme de M'ame Royal sont en soi amusants et érudits. Attention, hein, moi je métaglose sur la glose, tutt tutt, rien à voir. C'est plus reposant de gloser sur l'écume qui accompagne l'actualité des personnages politiques que d'argumenter pour ou contre la politique monétariste de la Banque Centrale Européenne. Et surtout, c'est à la portée de tout le monde, c'est le moyen pour tout citoyen de se réattribuer le débat politique. Mais bon, ça reste une pratique de la politique qui ne mène nulle part, et la politique qui ne mène nulle part, c'est peu dire qu'on en souffre.

Dans le même esprit, on se souvient bien entendu aussi des débats passionnés sur l'"abracadabrantesque" chiraquien, mais dont l'origine rimbaldienne est attestée (il rimait dans "Le coeur supplicié" avec le non moins néologique "pioupiesque").

On se souvient aussi de ce qu'on a appelé les "raffarinades", avec la "positive attitude" ou le "Win, the yes needs the no to win, against the no".

Pour embrayer sur la langue de Shakespeare, Outre-Atlantique, ce type d'amusement para-politique a atteint des sommets avec les collections de "bushismes", les "malapropisms" de GW Bush, comme son "misunderestimated".
Le terme anglais "malapropism", qui désigne au sens large aussi bien les lapsus que les barbarismes par ignorance, vient de Mrs Malaprop, un personnage d'une pièce de Richard Sheridan, auteur irlandais du XVIIIème siècle, et le nom vient lui-même bien entendu de l'expression française "mal à propos".

Notons qu'en anglais le mot "barbarism" signifie autant "barbarisme" que "barbarie", si bien qu'on trouve sur Internet quelques retraductions de "Socialism or barbarism" par  "Socialisme ou barbarisme" (je le sais parce que j'ai vérifié qu'on ne l'avait pas déjà faite avant de pondre mon titre).
En fait je me demande si la bonne traduction du mouvement révolutionnaire de Castoriadis et Lefort ne serait pas "Socialism or barbarity". Qu'on pourrait peut-être retraduire par "Socialisme ou barbaritude". Bon, j'arrête.

Bref, peut-être bientôt 1 000 000 d'occurrences gogolisées.
Ce qui n'empêche pas Gogol de nous suggérer bravement et gravement « Essayez avec cette orthographe : gravitude »
Alors que le pôvre « gravitude » plafonne aujourd'hui laborieusement à moins de 60 000 pages.

Les médias "traditionnels" ont d'ailleurs flairé l'affaire, puisqu'en tapant sur Gogol.fr le terme dont il était question dans cet article, on obtient en prime des liens commerciaux vers Le Monde, Le Figaro, Le Nouvel Obs, LCI ou Métro.

 

NB : nous sommes aujourd'hui le 28 janvier, et le nombre d'occurrences relevées par Gogol n'a pas atteint le million, il a décrû pour être actuellement de 470 000. J'avoue que je ne comprends pas bien comment Gogol fonctionne et à quoi correspondent toutes les pages qui ont "fondu"...

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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 23:54

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré


J'espère que cette année nous ne laisserons pas des jeunes d'origine africaine s'en prendre à des véhicules sous le nez de leurs propriétaires impuissants ??

Rappelons-nous, l'an dernier, en Guinée, un garçon d'une dizaine d'années avait percuté la voiture d'un des concurrents du Dakar. Par chance, le voyou n'avait pas survécu.

Le lendemain, au Sénégal, un deuxième garçon de 12 ans avait heurté violemment un camion d'assistance. Là aussi, Dieu merci, le vaurien était passé de vie à trépas.

Et l'année d'avant, en 2005, toujours au Sénégal, c'est une Sénégalaise de 5 ans qui s'était précipité haineusement sous la roue arrière d'un camion d'assistance, lequel n'avait dû son salut qu'à la mort de la sauvageonne.

Jusqu'où s'arrêteront-ils !?

 

Qui pourra contester que les familles d'origine africaine ne savent pas éduquer leurs enfants, lesquels sont laissés à eux-mêmes dans les rues !

Je préconise de longue date d'envoyer nos troupes pour imposer le couvre-feu permanent pendant toute la durée du rallye, que les racailles ne viennent pas mettre en péril la sécurité de nos vaillants chevaliers des temps modernes !

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

 

Le petit monde qui gravite autour du Paris-Dakar n'a cesse de se justifier par les bénéfices économiques et matériels sur les régions traversées, et de se réclamer du soutien des autorités nationales et locales des pays concernés.

Puisque l'objectif des organisateurs du Paris-Dakar est de rendre service aux populations africaines, pourquoi n'organisent-ils pas une course en VTT avec le même tralala ?
Evidemment, des vrais sportifs, c'est plus dur à trouver que des rouleurs de mécaniques qui se la jouent aventuriers des terres du sud.

Pourtant, nos médias qui nous abrutissent tant et plus avec le Paris-Dakar font par contre bel et bien l'impasse sur l'extraordinaire "Marathon des Sables" dans le Sahara marocain, qui ne dérange rien ni personne, et dont la 22ème édition a lieu en mars prochain.

(http://www.darbaroud.com/fr/html/mds/general/22mds_presentation.php)

 
Ça serait-y une question de sponsors ?..

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

(Renaud, 1991)

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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 23:54

Allez, en avant pour la course à l'audimat.

Après les mots-clés, voici de l'image pour égayer la virile rudesse de la prose, de l'illustration pour agrémenter la masculine âpreté du texte, du cliché pour enluminer la mâle austérité du propos.

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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 01:31

Bon, c'est pas le tout, si je veux être référencé par les moteurs de recherche faut amorcer.

Voilà un premier jet :

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 23:41

J'avais dit qu'on allait revenir sur l'écologie, qui devrait être un axe primordial (voire dans un sens l'axe primordial) du positionnement politique. Nous sommes tous sur le même bateau, et si le bateau commence à prendre la flotte, il est plus important d'empêcher l'aggravation des détériorations que de nous crêper le chignon sur la façon dont on s'organise.

Mais bon, nous autres les êtres humains continuerions à nous crêper le chignon même avec la flotte qui nous arriverait au ras des naseaux.

Cependant, l'écologie est un domaine objectivement délaissé par les politiques, pour la raison qu'il demande aux particuliers et aux entreprises de se priver de certaines facilités, et que le but est d'éviter des complications lointaines, abstraites, et incertaines.
Aucun homme politique élu ne peut se permettre de sacrifier le court terme au long terme.

Dominique Bourg explique dans son intervention à l'UTLS (306ème conférence, 01/11/2000) de façon très rigoureuse les caractéristiques des problèmes écologiques contemporains. Il est professeur d'écologie industrielle à l'université de Troyes, auteur de maints ouvrages et publications sur le sujet, et membre (probablement le plus compétent en la matière) de la "Commission Coppens", qui a préparé entre juin 2002 et avril 2003 la "Charte de l'Environnement", adoptée par le Parlement en 2004 et inscrite en référence dans le préambule de la Constitution en 2005.

D. Bourg note que l'impact des activités humaines sur la biosphère est devenu :
- non plus local, mais global, ne pouvant relever que d'une gestion internationale ;
- invisible, inaccessible aux sens ;
- imprévisible, n'apparaissant qu'après coup, et pour une part non maîtrisable vu la multiplicité des facteurs en jeu (d'où le "principe de précaution", qui loin d'être fumeux repose sur une base on ne peut plus logique) ;
- non modifiable à court terme, de par l'inertie inhérente aux phénomènes engendrés.

D'où la difficulté de l'écologie à se faire sa niche dans la politicosphère.

 

En France, il n'y a aucune culture écologique au sens politique. La guéguerre droite - gauche se balance royalement de la question écologique. A droite, on se préoccupe des entreprises, à gauche on se préoccupe du sort des salariés, un peu partout on se gargarise des droits-de-l'homme accommodés à sa propre sauce, point barre.
L'écologie est considérée comme un amusement pour bo-bos ou babas, entre citadins aisés détachés des réalités ou illuminés version new age.

 

Nicolas Hulot s'est invité dans la campagne présidentielle en attirant à juste titre l'attention sur la priorité qui doit être accordée à la question. Sa popularité auprès des français de toutes classes et de tous bords peut certainement faire progresser cette cause. M Hulot a délibérément délaissé la voie polémique pour préférer la voie consensuelle. Il déclare ainsi « L'enjeu écologique n'est ni de droite ni de gauche, il est au dessus de nos clivages traditionnels »

L'écologie est-elle de droite ou de gauche, ou au-dessus des partis ? Elle est certes "au-dessus des partis" en ce sens qu'elle pose la question de la qualité de la survie de l'humanité, voire de sa survie tout court, voire de l'avenir de la vie sur la planète. Mais il semble logique au moins de reconnaître que les préoccupations écologiques sont incompatibles avec la logique néolibérale qui sévit depuis 20-25 ans. Un monde livré aux marchés n'a évidemment pas plus de raison de s'inquiéter des conséquences environnementales de ses activités que de ses conséquences sociales. La course aux profits à court terme de l'actionnaire rationnel ne saurait s'embarrasser de contraintes lointaines, abstraites et incertaines.

 

Les Verts ont pris le parti de se démarquer radicalement de Nicolas Hulot, comme en atteste la lettre ouverte de Yann Wehrling, porte-parole des Verts, publiée dans Le Monde du 8 janvier : "Hulot ou l'écologie dévoyée".

La charge est convaincante, et soulève des points tels que :

« nous constatons avec inquiétude que tout le microcosme politique et entrepreneurial parisien est d'accord avec toi. Or beaucoup de ces nouveaux convertis qui s'engagent aujourd'hui en faveur de ton pacte sont les mêmes qui ont saccagé notre planète pendant des années et continuent de le faire. »

ou :

« Ton discours est "Nous sommes tous responsables...". Tu mets tout le monde sur le même plan. Ne crois-tu pas que tu dilues les responsabilités au point de faire disparaître dans un écran de fumée les vrais responsables ? »

La lettre ouverte conclut :

« Maintenant, tu dois aller au bout de ta logique : soit tu es du côté de l'"écologie-alibi", celle qui est indulgente avec les pollueurs et leurs complices ; soit tu t'engages dans la politique "pour de vrai", dans la durée, avec les gens qui se battent depuis des années sur le terrain, avec des militants... bref, avec une force politique. Cette force, tu le sais, c'est les Verts. »

« Cette force, tu le sais, c'est les Verts. »

C'te bonne blague !!

Les Verts ont eu en principe la responsabilité d'attirer l'attention des citoyens et des politiques sur ces problèmes particulièrement abstraits et peu rentables électoralement comme économiquement. Pour ce qui est des Verts français, force est de constater qu'ils ont failli à cette mission de façon catastrophique.
Alors même que leur mot d'ordre devrait être "lisibilité", ils ont noyés les questions écologiques, depuis la mise en minorité en 1994 d'Antoine Waechter (resté fidèle de son côté à un "ni droite ni gauche"), dans un fatras idéologico-sociétal orchestré par des opportunistes modèle Noël Mamère, qui a découragé les électeurs comme les militants. 

 

Il est déjà difficile d'envisager une réponse politique cohérente à l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère ou l'accumulation de PCB dans la chaîne alimentaire.
Mais quand en plus on brouille les cartes en faisant campagne pour le mariage des prêtres homosexuels ou contre la double peine pour les étrangers en situation irrégulière consommateurs de cannabis, c'est qu'on est plus intéressé par le remue-ménage médiatique que l'avenir de la planète.

 

Alors quoi ? 

Corinne Lepage, Antoine Waechter, et France Gamerre n'ont pas quant à eux assez de visibilité médiatique.

 

Donc l'écologie française attendra encore. Mais après tout, M Hulot, à qui on reproche (non sans quelque raison) tantôt son manque de cohérence théorique, tantôt son manque d'assise scientifique, tantôt son manque d'adossement politique, aura peut-être fait avancer à sa manière le schmilblick.

 

 

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