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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 03:23

Allez, je vous mets la Playmate de décembre en 4 exemplaires pour  compenser mes oublis de l'année. 



 

    

  

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 02:45

 

 

Jeudi 20 décembre, le personnage qui est à la tête de la République française s'est rendu en grandes pompes chez Joseph Ratzinger aka Benoît XVI, gourou en chef de la secte vaticane.

L'après-midi, il se voyait conférer le titre de "chanoine honoraire" de la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome, tradition parait-il quadriséculaire.

 Vous me direz, tout ça ce sont des histoires de protocole, y a pas de quoi fouetter un chat.

Si on veut.

Mais Nicolas Ier enchainait, dans le Palais de Latran attenant à la basilique, avec un discours hallucinant probablement dû en grande partie à la plume de Max Gallo, lequel faisait partie de sa délégation à Rome.

 

Certes, M Sarkozy avait exprimé ses postures sur la religion dans son bouquin "La République, les religions, l'espérance" (2004), co-écrit avec un dominicain qui faisait d'ailleurs aussi partie de sa délégation. Les sombres ballots qui par leurs votes l'ont mis à la tête de l'Etat étaient censés savoir à quoi s'en tenir.

 

Le président de la République Catholique de France est si fier de ce discours que sa vidéo est à l'heure où je vous cause sur la page d'accueil du site de l'Elysée.

On y trouve bien sûr aussi le textequi a déjà été abondamment commenté dans la presse et les blogs, et dont je me contenterai par conséquent de citer de  menus extraits.

 

 

« Je sais les souffrances que [la] mise en œuvre [de la laïcité] a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie, reconnaissons-le, cher Max Gallo, une reconstruction rétrospective du passé. »

[...]

« La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. »

[...]

« Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle. Même après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle s’est montrée plus méfiante que bienveillante à l’égard des cultes. Chaque fois qu’elle a fait un pas vers les religions, qu’il s’agisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des congrégations, elle a donné le sentiment qu’elle agissait, allez, parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. »

[...]

« Aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refusant de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative, en répugnant à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholique, en n’accordant aucune valeur aux diplômes de théologie, considérant qu’elle ne doit pas s’intéresser à la formation des ministres du culte.

Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. »

[...]

« Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. »

[...]

« Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. »

[...]

« C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire d’une laïcité qui [...] ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. »

[...]

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »

[...]

« Mais ce que j’ai le plus à cœur de vous dire, c’est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d’identité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. »

[...]

« Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. »

 

Reconnaissez que ça se passe de commentaires.

Vous avez pas honte d'être français, vous, dans des moments pareils ?

Moi c'est pas compliqué, si cet énergumène est réélu en 2012, je demande à être déchu de la nationalité française.

 

Dans l'hypothèse farfelue où il y aurait parmi mes lecteurs des laborieux de la synapse, je vous fais ci-dessous l'équivalent de la même info dans un autre contexte.


Abdullah Gül, élu cette année président de la République turque, s'est rendu jeudi 20 décembre à la Mecque. Il a officiellement rencontré le Professeur Abdallah ben Abd Al Muhsin Atturki, Secrétaire Général de la Ligue Islamique  Mondiale, puis a fait un discours très remarqué devant un parterre de dignitaires de la Ligue Islamique Mondiale.

 

Un certain nombre d'observateurs avaient craint, lors de l'élection de l'actuel chef de l'Etat, que ses professions de foi musulmanes conduisent à de graves reniements de la laïcité, qui est au fondement de l'Etat turc moderne. Ce discours vient sans ambiguité confirmer ces craintes.

 

On peut en voir la vidéo sur la page d'accueil de la Présidence turque. Voici la retranscription de quelques extraits édifiants :

« Je sais les souffrances que [la] mise en œuvre [de la laïcité] a provoquées en Turquie chez les sunnites, chez les imams, dans les confréries, avant comme après 1937. Je sais que l’interprétation de constitution de 1937 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. »

[...]

« La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la Turquie de ses racines musulmanes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. »

[...]

« Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle. Même après l'établissement de relations entre la Turquie et la Ligue Islamique Mondiale, elle s’est montrée plus méfiante que bienveillante à l’égard des cultes. Chaque fois qu’elle a fait un pas vers les religions, qu’il s’agisse de la reconnaissance des associations de mosquée, de la question scolaire, des confréries, elle a donné le sentiment qu’elle agissait, allez, parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. »

[...]

« Aujourd’hui encore, la République maintient les confréries sous une forme de tutelle, refusant de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative, en répugnant à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur sunnites, en n’accordant aucune valeur aux diplômes de théologie, considérant qu’elle ne doit pas s’intéresser à la formation des ministres du culte.

Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. »

[...]

« Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. »

[...]

« Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. »

[...]

« C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire d’une laïcité qui [...] ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. »

[...]

 « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer l'imam ou le mollah »

[...]

« Mais ce que j’ai le plus à cœur de vous dire, c’est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d’identité, la Turquie a besoin de sunnites convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. »

[...]

« Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. »

 

  
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 22:50

 

Ayant dû enlever ces photos à la demande de l'avocat de Mlle Bruni, je vous mets à la place des photos de Laure Manaudou.

Pas à dire, je le sens vraiment bien, l'audimat.

 

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 22:29

 

Ayant dû enlever ces photos à la demande de l'avocat de Mlle Manaudou, je vous mets à la place des photos de Carla Bruni.

 

 

 

Je sais pas pourquoi, je le sens bien, l'audimat.

 

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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 01:20

 

Je ne sais plus où j'en suis...

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 01:03

 

 

Hier dimanche vers 17 heures, à Villiers-le-Bel, riante cité de la banlieue parisienne nord, deux garçons, Mouhsin (15 ans) et Lakhami (16 ans) s'emplafonnent sur une bagnole de flics. Ils faisaient apparemment les fous, sans casques, sur une moto-cross de poche, égayant la population environnante de leurs joyeux décibels.

Pas de pot, les voilà raides morts.

Quelques éléments de la jeunesse locale se mettent donc en charge d'incendier poubelles et voitures.

Jusque là rien de particulier. La routine suburbaine.

Mais les médias ont flairé la bonne affaire. Des bonnes petites émeutes, c'est ça qui serait cool pour l'audimat !
Donc dimanche, dès le 19/20, France 3 annonçait "deux jeunes en moto... Villiers-le-Bel... voiture de police... morts... quartier sensible... incidents..."
Et au JT de 20 heures de France 2, séquence sur Villiers-le-Bel, avec images de girophares, de flics et d'incendies, et envoyé spécial décrivant l'atmosphère en direct live.
J'imagine que sur les autres chaines c'était le même topo.
 
Le résultat ne s'est pas fait attendre : à l'heure où je vous cause (lundi, minuit et demi), c'est reparti dans le neuf-cinq comme en 2005.
Merci qui ?
Merci les journaleux. Qui bien entendu ne manqueront pas de se demander gravement, sociologues à l'appui, comment une réaction de protestation locale a pu à nouveau prendre autant d'ampleur.

(et me demandez pas pourquoi la mob est presque intacte alors que la bagnole de flics a l'air d'avoir été culbutée par un semi-remorque, aucun journaleux n'a eu l'air de trouver ça zarbi).

 

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 22:14
 
Hier, en mettant en ligne la « vidéo qui va rester dans les annales » où s'exposait la fureur bredouillante de not' Président au Guilvinec, je commentais « La question à mille euros est : de quoi donc l'a traité le pêcheur en colère pour mettre notre hyperprésident encore plus en colère que lui. Est-ce que ça a rapport avec, euh, les annales ? »
 
Bingo !
 
Aujourd'hui, par la grâce d'Internet et de Dailymotion, nous avons un champ élargi tourné par un journaliste du Télégramme de Brest et mis en ligne ce jour.
Ma première hypothèse d'hier s'avère la bonne : ça a trait aux « annales » :

 

 

Si je gagne pas au moins un point d'audimat avec ça !

 

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:59

 

Vais peut-être passer en mode bimestriel, mézigue, tous les mois c'est trop de responsabilité pour un seul homme.

 

   

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:17

 

Amis lecteurs, dès aujourd'hui sur votre blog préféré une vidéo qui va rester dans les annales : M'sieur Sarkozy ce matin au Guilvinec sur BFM TV. J'ai eu du mal à la mettre en ligne, vu que chaque fois que je la visionne, le SAMU doit intervenir pour me réanimer et me remettre la mâchoire en place rapport au dépassement du seuil critique d'hilarité.
 

 

Avec derrière, Michel Barnier qui a l'air de penser : « T'as voulu venir faire le malin ? Eh ben t'y es ! »

Le pire, c'est que ça ne me rend pas Son Altesse Nicolas 1er particulièrement antipathique.


La question à mille euros est : de quoi donc l'a traité le pêcheur en colère pour mettre notre hyperprésident encore plus en colère que lui ?
Est-ce que ça a rapport avec, euh, les annales ?

Ou est ce que ça a rapport avec la future-ex-M'ame Sarkozy ?

En tout cas, les différentes vidéos des interventions de M'sieur Sarkozy au Guilvinec le montrent toutes d'humeur plutôt tendue.
Il est vrai que se faire lourder par bobonne après lui avoir fourni l'alibi pour montrer qu'elle n'était pas qu'une potiche, ça peut jouer sur les nerfs.

Il devait pas avoir plus que ça envie de venir, mais un conseiller a dû lui laisser entendre, avec raison, que les mobilisations de marins-pêcheurs peuvent salement dégénérer. Z'ont quand même incendié le Palais de Justice de Rennes, monument historique (le Parlement de Bretagne), en février 1994.

Bon, d'accord les marins-pêcheurs bretons sont un peu relous. Pis demander à brûler du gasoil pour continuer à dépeupler l'océan, c'est pas forcément tip top.
Attention, hein, je parle pas des petits patrons-pêcheurs bretons artisanaux genre chalutiers côtiers, ferait bon voir qu'on dise du mal de mes ancêtres maternels. Mais c'est pas simple, y en a qui sont passé du stade artisanal au stade industriel, ça a même pu être une condition de survie au prix de surendettements pour faire face non seulement à la diminution de la faune maritime, mais aussi à l'ouverture du marché sur l’étranger et aux pressions de la grande distribution. Enfin bon...

 
Notre hyperprésident est à l'heure où je mets en ligne aux Tazunis. On espère qu'il a retrouvé son calme. Une autre vidéo circule déjà sur le web (je vous en fais grâce), il s'agit de l'émission "60 Minutes" de CBS, enregistrée début octobre et diffusée fin octobre, où, sur une question de la journaliste-vedette concernant les rumeurs de divorce, Nicolas 1er enlevait oreillette et micro et quittait sèchement le plateau.

 

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 23:58

 

Grâce à M'sieur Sarkozy, plus personne en France ne peut depuis le début de l'année 2007 ignorer que Guy Môquet n'est pas seulement une station de métro ou une rue parisienne, mais un garçon au destin héroïque et malheureux, dont chacun à présent pense à mettre le circonflexe sur le "o".

 

C'est ce matin que, sur la volonté de notre hyperprésident (et de son très républicain conseiller Henri Guaino), la lettre d'adieu que ce garçon de 17 ans avait écrite à sa famille depuis sa prison, avant d'être fusillé par l'occupant allemand, le 22 octobre 1941, a été lue (tant bien que mal) dans tous les lycées de France. Plusieurs VIP de l'UMP, dont M'ame Dati et M'sieur Darcos, ont payé de leur personne en se rendant dans des établissements scolaires pour solenniser l'initiative.

 

Je ne vais pas revenir sur les polémiques qui ont entouré cette initiative, des plus stupides (ça va encourager le suicide des ados) aux plus pertinentes (quel statut et quelle place doit avoir la commémoration) en passant par les bagarres d'appropriation politiciennes  ou les controverses sur le rôle de l'enseignant.

Tout ce que j'ai à dire, c'est que c'est par excellence le genre de truc qui me gonflait quand j'avais l'âge d'être lycéen, donc je ne suis pas sûr que c'est par ces moyens qu'on donnera aux p'tits jeunes le sens des valeurs.

 

De multiples commentaires ont essaimé sur le Web. Je citerai une récapitulation fort complète sur le site de Jean-Pierre Husson (prof à Nancy 2) consacré à l'histoire et la mémoire des deux guerres mondiales. On trouvera sur cette page la copie manuscrite de la lettre du jeune homme, l'original étant quant à lui ici.

Cette lettre est bien entendu émouvante, et étonnante sous la plume d'un gars de 17 ans. Henri Guaino n'est pas un amateur.

 

Faut-il faire un commentaire sur la consternante instrumentalisation, pour le coup, de cette lettre par Bernard Laporte, le sélectionneur du XV de France, qui l'avait fait lire par un joueur avant le France-Argentine du 7 septembre dernier, pensant faire plaisir à M'sieur Sarkozy ?

Par une coïncidence malheureuse du calendrier, M'sieur Laporte a pris ses fonctions de secrétaire d'Etat aux Sports également aujourd'hui, avec en prime quelques casseroles fiscales. On en viendrait à se féliciter, vu la récupération qu'avait orchestrée notre hyperprésident, que le XV de France se soit pris la pâtée.

Enfin, M'ame Bachelot peut se réjouir : on lui a trouvé un secrétaire aux Sports encore plus nouille qu'elle, et ça c'était pas gagné.

 

Mais ce n'est pas là que je veux en venir.

 

Je réclame, si les commémorations doivent entrer officiellement à l'école, un hommage semblable au chevalier de La Barre, dernier condamné à mort français pour blasphème, à l'âge de 19 ans, le 1er juillet 1766. Son copain d'Étallonde, qui n'avait pas 18 ans, avait pu quant à lui se barrer en Prusse.

 

On pourrait lire des extraits de la fameuse lettre "Relation de la mort du chevalier de La Barre" que Voltaire écrivit à Beccaria sous le nom de Cassen.

 

« Je vous dirai plus, monsieur; il n’y a point en France de loi expresse qui condamne à mort pour des blasphèmes. L’ordonnance de 1666 prescrit une amende pour la première fois, le double pour la seconde, etc., et le pilori pour la sixième récidive.

Cependant les juges d’Abbeville, par une ignorance et une cruauté inconcevables, condamnèrent le jeune d’Étallonde, âgé de dix-huit ans:

1° A souffrir le supplice de l’amputation de la langue jusqu’à la racine, ce qui s’exécute de manière que si le patient ne présente pas la langue lui-même, on la lui tire avec des tenailles de fer, et on la lui arrache.

2° On devait lui couper la main droite à la porte de la principale église.

3° Ensuite il devait être conduit dans un tombereau à la place du marché, être attaché à un poteau avec une chaîne de fer, et être brûlé à petit feu. Le sieur d’Étallonde avait heureusement épargné, par la fuite, à ses juges l’horreur de cette exécution.

Le chevalier de La Barre étant entre leurs mains, ils eurent l’humanité d’adoucir la sentence, en ordonnant qu’il serait décapité avant d’être jeté dans les flammes; mais s’ils diminuèrent le supplice d’un côté, ils l’augmentèrent de l’autre, en le condamnant à subir la question ordinaire et extraordinaire, pour lui faire déclarer ses complices; comme si des extravagances de jeune homme, des paroles emportées dont il ne reste pas le moindre vestige, étaient un crime d’État, une conspiration. Cette étonnante sentence fut rendue le 28 février de cette année 1766.

[...]

Enfin, le 1er juillet de cette année, se fit dans Abbeville cette exécution trop mémorable: cet enfant fut d’abord appliqué à la torture. Voici quel est ce genre de tourment.

Les jambes du patient sont serrées entre des ais; on enfonce des coins de fer ou de bois entre les ais et les genoux, les os en sont brisés. Le chevalier s’évanouit, mais il revint bientôt à lui, à l’aide de quelques liqueurs spiritueuses, et déclara, sans se plaindre, qu’il n’avait point de complices.

[...]

Le spectacle en effet était terrible: on avait envoyé de Paris cinq bourreaux pour cette exécution. Je ne puis dire en effet si on lui coupa la langue et la main. Tout ce que je sais par les lettres d’Abbeville, c’est qu’il monta sur l’échafaud avec un courage tranquille, sans plainte, sans colère, et sans ostentation: tout ce qu’il dit au religieux qui l’assistait se réduit à ces paroles: « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose. »

[...]

Quelques juges ont dit que, dans les circonstances présentes, la religion avait besoin de ce funeste exemple. Ils se sont bien trompés; rien ne lui a fait plus de tort. On ne subjugue pas ainsi les esprits; on les indigne et on les révolte. 

J’ai entendu dire malheureusement à plusieurs personnes qu’elles ne pouvaient s’empêcher de détester une secte qui ne se soutenait que par des bourreaux. Ces discours publics et répétés m’ont fait frémir plus d’une fois.

On a voulu faire périr, par un supplice réservé aux empoisonneurs et aux parricides, des enfants accusés d’avoir chanté d’anciennes chansons blasphématoires, et cela même a fait prononcer plus de cent mille blasphèmes. Vous ne sauriez croire, monsieur, combien cet événement rend notre religion catholique romaine exécrable à tous les étrangers. Les juges disent que la politique les a forcés à en user ainsi. Quelle politique imbécile et barbare! Ah! monsieur, quel crime horrible contre la justice de prononcer un jugement par politique, surtout un jugement de mort! et encore de quelle mort ! »

 

 

Vu que le 1er juillet, ça tombe pas forcément bien, je suggère pour cette commémoration le 9 décembre, date de la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.

 

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