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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 23:18



 

Jetsun Jamphel Ngawang Lobsang Yeshe Tenzin Gyatso, c'est le titre complet de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama. Ça signifie quelque chose comme le Seigneur Saint, la Gloire Douce, le Compatissant, le Défenseur de la Foi, l'Océan de Sagesse.

Cet homme s'appelle plus simplement Lhamo Dhondrub, ou Lhamo Dhondup, de même que Sa Sainteté Benoît XVI s'appelle Joseph Ratzinger. Je l'appellerai dans cet article Lhamo Dhondrub, rapport au nombre d'occurrences sur Internet.

Le 6 décembre, Nicolas Sarkozy a rencontré Lhamo Dhondrub à Gdansk, au nord de la Pologne.

La réaction de la Chine a été comme prévu très vive.

Les relations bilatérales entre la France et la Chine pourraient en souffrir. Sur le plan économique, les produits français pourraient être boycottés, et des contrats avec des entreprises pourraient être remis en cause. La France n'a guère besoin de ça en cette période de crise économique...

Mais essayons de comprendre en quoi la réaction de la Chine à la démarche de Nicolas Sarkozy est légitime.


     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le régime des Lama

 

Avant que la République Populaire de Chine ne l'investisse en 1950, le Tibet était depuis des siècles, avec les Dalaï Lama, aux mains d'une théocratie féodale de facture moyen-âgeuse peu soucieuse de son peuple. Le Dalaï Lama vivait somptueusement à Lhassa, dans ses quartiers réservés (le Palais Blanc) du Palais du Potala et ses plus de mille pièces, tandis que la population vivait dans des conditions misérables. Il régnait une joyeuse confusion du pouvoir religieux et du pouvoir politique (que perpétue Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama sous le nez des Occidentaux hypnotisés, eux d'ordinaire si prompts à dénoncer ce genre de collusion), et un asservissement violent de la population au profit d'une minorité de possédants.


Une petite anecdote pour illustrer la vie au Tibet avant l'arrivée des Chinois.

On a placé au gars des os de yak sur les tempes, près des orbites, maintenus avec une lanière autour du crâne. On a inséré dans la lanière un bâton, et on s'en est servi comme d'un tourniquet pour serrer. Le but du jeu était de faire sauter les yeux hors des orbites. Un seul oeil a consenti à sortir de son orbite, il a fallu aller chercher l'autre au couteau. Une fois ainsi énucléé, le gars a été jeté en prison.

Le mécanisme de ce supplice devait comporter des techniques associées, car anatomiquement, la boîte cranienne est rigide. Mais il se retrouve sous la plume de plusieurs historiens, et repose manifestement sur des faits réels.


C'est donc au Tibet que cela s'est passé.

Au Moyen-Âge ?

Non non, en 1934. Quinze ans avant l'annexion par les Chinois.

Ce plaisant épisode de la vie tibétaine est bien connu des historiens, car il a concerné un haut dignitaire du régime tibétain, Lungshar Dorje Tsegyal. Lungshar, qui occupait des fonctions importantes sous le 13e Dalaï-Lama, avait séjourné en Grande-Bretagne et voyagé en Europe, et voulait réformer les institutions, notamment en donnant plus de pouvoir à l'Assemblée. Un an après la mort du 13e Dalaï-Lama (1933), le Kashag (cabinet exécutif composé de 8 aristocrates) l'a fait arrêter au motif de "bolchévisme", et le Tsongdu (l'Assemblée Nationale, à majorité religieuse, encore moins démocratique que le Majles-e Khobregāna, l'Assemblée des Experts en Iran) a voté à l'unanimité cette sanction.


La régence était alors assurée par Reting (ou Radreng) Rinpoche, qui venait de prendre ses fonctions. Un "Bouddha Vivant" du grade des Khutukhtu, lequel vient après les Dalaï et les Panchen. C'est lui qui a mené 3 ans plus tard la découverte de la réincarnation du Dalaï-Lama, alors âgé de 2 ans (notre médiatique ami Lhamo Dhondrub), qui l'a fait amener à Lhassa en 1939, et qui a été son tuteur jusqu'à l'âge de 6 ans, en 1941.

Cette année 1941, il avait provisoirement confié la régence à un autre Khutukhtu, Taktra (ou Tathag) Rinpoche. Mais lorsqu'il a voulu reprendre sa fonction en 1944, Taktra a entendu la garder. Reting a donc comploté, Taktra l'a ait arrêter (aux termes de combats meurtriers avec les moines pro-Reting) et jeter en prison en 1947 (oui, 2 ans avant l'arrivée de l'armée chinoise), où on l'a fait passer de vie à trépas peu après.


Bref, vous l'aurez compris, le Tibet, comme toutes les oligarchies, était le théatre de luttes de pouvoir entre clans et entre factions, avec son lot d'intrigues, de dénonciations, d'emprisonnements, d'empoisonnements, d'exécutions et d'attentats.


Le petit peuple était quant à lui maintenu dans la servitude et l'ignorance.

Notamment grâce à des peines dissuasives (on en a un aperçu avec le sort de Lungshar, pourtant aristocrate, citons aussi l'amputation des membres, supprimé en 1913 par le 13e Dalaï-Lama, reconnaissons à ce dernier quelques vertus).

Et grâce au bouddhisme, qui à cet égard remplissait exactement la même fonction que le christianisme, à savoir conserver l'ordre social en brandissant la menace de supplices infernaux aux récalcitrants. Le bouddhisme gelugpa n'était pas pour le paysan de base cette douce philosophie que fantasme l'Occidental contemporain, mais un micmac polythéiste d'esprits bénéfiques ou maléfiques, de fantômes, des démons, sur fond de superstitions et d'astrologie, s'exprimant par des fêtes annuelles, des rituels rigides, et bien sûr la domination des moines, avec la menace d'enfers terrifiants pour qui ne suivrait pas les lois divines relayées par les Lamas.

Le bouddhisme est peut-être par certains aspects, "dans les textes", une religion de paix et de non-violence. Tout comme le christianisme, d'ailleurs. Mais dans la réalité les hommes restent des hommes.


Om Mani Padme hum.

 


 













 

 

 


Le statut et les revendications de Lhamo Dhondrub

 

Cet homme a-t-il été élu ? Non, il se revendique comme la dernière réincarnation des Dalaï Lamas. Il n'a pas plus de légitimité que le petit-fils de Tchang Kaï-chek.

Monsieur Dhondrub est non seulement chef du clergé Gelugpa, mais il est chef temporel du Tibet (même si maintenant il la joue modeste, vu qu'à son âge il a plus à gagner à rester une icône qu'à assumer une réelle charge politique).
 

Les statuts qu'il demande pour le Tibet reprennent cette intrication du religieux et du politique. Monsieur Lama est une injure vivante au principe même de laïcité. Et les Français, qui se piquent tant d'être à cheval là-dessus, avalent ça la bouche ouverte.

Il demande une autonomie politique pour un territoire représentant le quart de la Chine, tout simplement. Il s'agit du Tibet historique, ou le Grand Tibet, qui comprend non seulement la Région Autonome du Tibet, mais aussi le Qinghai, ainsi qu'une partie du Gansu, du Sichuan et du Yunnan.

Le discours de Lhamo Dhondrub au Parlement Européen en 88 , qui reprenait le plan en 5 points présenté en 87 devant le Congrès des USA (ça n'a pas changé depuis), proclamait ainsi :

« Dans sa totalité, le Tibet connu sous le nom de Tcheulkha-Soum (U-Tsang, Kham et Amdo) deviendrait une entité politique démocratique et autonome (self-governing)

[...]
le gouvernement du Tibet aura le droit de décider de toutes les affaires concernant le Tibet et les Tibétains.

[...]
Etant donné que la religion constitue la source de l’identité nationale du Tibet, [...] le gouvernement du Tibet aurait comme devoir tout particulier d’en sauvegarder et développer la pratique. »


Mais ce n'est pas tout, M Dhondrub, c'est bien connu, est avant tout préoccupé par les droits-de-l'homme.

Depuis quand les Dalaï Lama se soucient-ils du peuple tibétain ?

Depuis que Lhamo Dhondrub, l'actuelle réincarnation de Chenrezig, aka Tenzin Gyatso, aka 14ème Dalaï Lama, s'est exilé en 1959. Sa secte des bonnets jaunes s'est ainsi au bout de trois siècles soudainement découvert un intérêt pour le petit peuple tibétain. Subitement illuminé, il a décidé en 1960 de créer une Assemblée de députés et de promulguer en 1963 une Constitution de facture démocratique (mais qui laissait quand même le pouvoir suprême au Dalaï-Lama).

Que voilà une bonne idée, pourquoi la lignée des Dalaï Lama n'y avait-elle pas pensé lorsqu'elle a déclaré l'indépendance du Tibet en 1912 ?

Et les Occidentaux en mal de spiritualité folklorique foncent dans le panneau de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, si simple avec sa bonne tête et son bon sourire... Il faut dire que notre homme est un stratège médiatique qui a construit sa popularité en Occident à la faveur de la Guerre Froide.

Soit dit en passant, Monsieur Dhondrub, au-delà de ses belles paroles universalistes, n'en a que pour les Tibétains. On aimerait de temps en temps le voir sortir de ses discours ethnocentrés et l'entendre dire un mot du sort des autres Chinois. Les 1 315 000 000 Chinois qui n'ont pas la chance d'être tibétains de sang n'ont donc aucune importance ? Il faut dire que le chef du "gouvernement en exil", Samdhong Rinpoche, réincarnation comme il se doit d'un Rinpoche précédent, insiste sur l'importance « de préserver une race tibétaine pure ». Dont acte.

Le culte dont Monsieur Dhondrub est l'objet chez les belles âmes occidentales est non seulement inepte, mais contre-productif : lorsqu'il aura rejoint le paradis des bonnets jaunes (il a 72 ans), qui "trouvera" sa réincarnation ? Et il n'y aura même pas de Panchen Lama disponible pour assurer la régence. Cette personnalisation de la problématique est avant tout une aubaine pour le PCC.

En tout cas, il n'y a pas lieu d'inclure dans le débat sur le Tibet Monsieur Lhamo Dhondrub, chef autoproclamé du gouvernement tibétain en exil, pas plus que le petit-fils de Tchang Kaï-chek, pas plus que Claude Vorilhon ou le révérent Moon.

 


 











 

 

 


La question du Tibet

 

Sur un plan géopolitique, l'annexion du Tibet par la Chine en 1950 n'a en soi rien d'exceptionnel. L'occupation de régions périphériques contestées et la résistance plus ou moins périodique de celles-ci constituent le quotidien des nations (France y compris) depuis que les nations existent dans l'histoire de l'humanité.

Les régions contestées peuvent présenter, outre une importance symbolique en tant que partie du territoire d'une nation, un intérêt au niveau de l'emplacement géographique, ou au niveau des ressources naturelles.
 

La motivation initiale de l'occupation en 1950 était territoriale, et venait en réponse à la proclamation de l'indépendance du Tibet par le Dalaï-Lama de l'époque en 1912 à la suite de chute de la dynastie mandchoue. Soit dit en passant, la Chine aurait probablement aussi réannexé la Mongolie si celle-ci n'avait pas été "protégée" par l'influence soviétique.

Bon, les Chinois devaient savoir aussi que les plus longs fleuves d'Asie méridionale prennent leur source sur le plateau tibétain. Le Tibet se caractérise aussi par les ressources forestières du sud-est de la région, et surtout par les ressources minérales du sous-sol, qui compensent probablement largement les considérables investissements au Tibet, en termes d'infrastructures, des Han (l'ethnie majoritaire de Chine, accusée de coloniser les ethnies minoritaires dont les Tibétains).


Rappelons quand même que l'armée populaire de Chine (et populaire elle l'était vraiment) venait en 1949 de libérer la Chine de l'emprise des féodalités guerrières et des magouilles du Kuomintang (Tchang Kaï-chek et ses sbires avaient filé se planquer sous protection étazunienne à Formose), sans parler de l'invasion japonaise.


Le Tibet était-il indépendant avant l'annexion par la Chine ? C'est compliqué, comme est compliquée l'histoire de presque toutes les nations.

Depuis le XIIIe siècle, le Tibet alterne indépendance et domination mongole ou chinoise.

D'ailleurs la secte gelugpa (les Bonnets Jaunes, la secte des Dalaï Lama) doit son rôle politique à l'intervention mongole aux XVIe-XVIIe siècles.


En conclusion, la Chine n'est en termes géopolitiques ni pire ni meilleure que les autres nations. Elle est plutôt moins pire que certaines nations de l'Europe maritime qui, elles, ne se sont pas contentées d'envahir les régions voisines, mais ont porté leurs appétits au-delà des mers. D'ailleurs l'Occident est d'autant moins bien placé pour donner des leçons à la Chine qu'il l'a allègrement exploitée par la force dans la foulée de la 1° guerre de l'opium et du traité de Nankin (1842), jusqu'à la chute de l'empire en 1911.


Il n'appartient en tout cas pas plus à la France de dire si le Tibet appartient à la Chine qu'à la Chine de dire si la Corse appartient à la France. Un problème géopolitique ne se traite pas avec du pathos. D'ailleurs la plupart des belles âmes occidentales qui frémissent pour le Dalaï-Lama savent à peine situer le Tibet sur une mappemonde, et ne font de toute façon pas la différence entre l'actuelle Région Autonome du Tibet, et le Grand Tibet revendiqué par Lhamo Dhondrub.

 


 

 

 

 











          


L'Occident et Lhamo Dhondrub

 

Entre l'Occident et Lhamo Dhondrub, c'est une longue histoire d'amour. Lorsqu'il quitta la Chine en 1959 pour s'installer à Dharamsala, en Inde, notre ami fut accueilli à bras ouverts par la CIA. Il faut dire que ses frères avaient opportunément contacté l'agence américaine dès 1956. Et l'administration Eisenhower avait formellement approuvé un soutien secret à la guérilla tibétaine contre la présence chinoise dès septembre 1958.

Durant toutes les années 60, la CIA appuya le mouvement tibétain en exil par une somme annuelle de l'ordre de 1,7 million de dollars, sans compter les 180 000 dollars personnellement attribués au 14ème Dalaï Lama. La CIA entraîna à la guérilla des Tibétains exilés, qu'elle faisait parachuter au Tibet, puis installa des camps de base au Népal.

Quand ces informations, contenues dans des documents déclassifiés de la CIA, furent publiées par le Département d'État en 1998, Lhamo Dhondrub dut bien reconnaître cette aide.

Tandis que la guérilla armée était mise au point, Lhamo Dhondrub et la CIA mettaient au point cette image de brave moine bouddhiste pacifique, simple et souriant, qui allait faire fureur.
 

C'est ainsi qu'il y a longtemps que l'Occident met, contre toute logique, Lhamo Dhondrub sur un piédestal. On l'a encore vu à l'occasion des derniers Jeux Olympiques de Pékin. En France, les hommes politiques de tous bords, les médias de toutes orientations, de nombreux personnages publics, et maints Français lambda n'ont cessé de gesticuler autour du personnage.
 

A titre d'exemple caricatural, un des défenseurs les plus ubuesques du Dalaï Lama est Lionnel Luca, président du groupe d’études sur le Tibet à l’Assemblée.

Il gesticule et vitupère contre la colonisation du Tibet par les Han et leur politique de sinisation. Mais il avait été un fervent défenseur de l’amendement introduisant dans la loi du 23 février 2005 le "rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Il gesticule et vitupère contre les atteintes aux droits de l'homme. Mais il fait partie de ceux qui instrumentalisent la notion de droits de l'homme en la réduisant aux libertés individuelles.

C'est nécessaire, les libertés individuelles, mais pas suffisant. Ça permet surtout de faire l'impasse sur les articles 22 à 26 de la DUDH, qui concernent le droit au travail, le salaire, les syndicats, la durée du travail, les congés, le minimum vital, la protection sociale, la santé, et l'éducation. Bref, tout ce que les ultralibéraux de la farine de M Luca font passer allègrement à la trappe.

Il faut reconnaître au moins à un homme politique le mérite d'avoir tenu un discours cohérent sur le 14ème Dalaï Lama, c'est Jean-Luc Mélenchon, lequel a par parenthèse quitté le Parti Socialiste il y a un mois, sur fond de la crise économique majuscule qui nous secoue, laissant le PS en pleine guéguerre des chefs, et a fondé le "Parti de Gauche". 
 















La récente rencontre de Nicolas Sarkozy avec les 14ème Dalaï Lama était organisée en marge des cérémonies du 25e anniversaire de la remise du prix Nobel de la paix à Lech Walesa, chef historique du mouvement Solidarnosc. M Sarkozy a été accueilli par M Walesa, et il s'est entretenu avec lui juste avant de s'entretenir avec M Dhondrub.

M Dhondrub et M Walesa, entre autres points communs, ont tous deux reçu le prix Nobel de la paix.

Le comité Nobel avait accordé le prix en 1989 à Lhamo Dhondrub, probablement pour marquer sa réprobation de la répression des manifestations de Tian an men par le gouvernement chinois. C'était un choix bien maladroit, d'autant qu'il était présenté comme le "chef religieux et politique du peuple tibétain".

Et 6 ans plus tôt, c'était donc le non moins contestable Lech Walesa qui avait les faveurs du comité Nobel, l'année de la visite en Pologne du pape Karol Wojtyla...

On ne peut pas dire que les années 80 aient toujours inspiré le comité Nobel. Trois ans avant l'octroi du prix au 14ème Dalaï Lama, il décernait son prix, allez savoir pourquoi, au contestable Elie Wiesel (qui d'ailleurs s'est ensuite illustré en soutenant la guerre de Bush en Irak).



On se demande pourquoi les belles âmes pro-tibétaines se polarisent tellement sur le Tibet et ses Tibétains et jamais sur le Xinjiang et ses Ouïghours, région située au nord du Tibet, plus grande (plus d'1 600 000 km2) et nettement plus peuplée (près de 20 millions d'habitants) que celui-ci, passée comme lui sous domination chinoise depuis le milieu du XXe siècle et comme lui "colonisée" par les Han ?

Est-ce parce que les paysages de l'ex Turkestan oriental font moins rêver que ceux du Tibet ?

Est-ce parce que la culture ouïghoure fait moins rêver que la culture tibétaine ?

Est-ce parce que les Ouïghours sont musulmans ?

Est-ce parce que les Ouïghours sont turcophones ?

Est-ce parce que le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental est moins glamour que Sa Sympathique Sainteté le Dalaï Lama ?

Est-ce parce que les belles âmes pro-tibétaines se contentent de reprendre en choeur un refrain à la mode, car après tout, comme on dit aux JO, "l'important c'est de participer" ?

 

Les Chinois pensent à juste titre que l'Occident n'est pas particulièrement bien placé pour leur donner des leçons. Outre que le démocratie ne s'est pas faite en un jour en Occident et reste imparfaite à bien des égards, nous rappelions plus haut que l'Occident a allègrement exploité la Chine par la force dans la foulée de la 1° guerre de l'opium et du traité de Nankin (1842) jusqu'à la chute le l'empire en 1911. Et nous rappelions aussi que lorsque l'armée populaire de Chine a libéré en 1949 la Chine de l'emprise des féodalités guerrières et des magouilles du Kuomintang, c'est sous protection étazunienne que Tchang Kaï-chek et ses sbires ont filé se planquer à Formose.

Notons en passant que notre chère patrie des Droits de l'Homme, donneuse de leçons au monde entier, est resté bien discrète, l'an dernier, sur le 50e anniversaire de la bataille d'Alger et les modes d'action de la 10e DP.
 

Quant à la masse du peuple chinois, dont il faut bien avoir à l'esprit qu'ils n'ont pour informations que les informations contrôlées par le pouvoir, elle s'identifie à la Chine et par le fait au gouvernement chinois. Les Chinois n'ont jamais connu la démocratie, et ce qu'ils ont connu avant la prise du pouvoir par le PCC était encore pire. On aurait tort de s'imaginer les Chinois comme un milliard trois cents millions de dissidents rentrés n'attendant que l'occasion de se libérer. C'est pourquoi les attaques envers la Chine sont inévitablement vécues par le Chinois moyen comme un camouflet de l'Occident envers leur patrie, et les portent à la méfiance envers lui.

 


Les droits de l'homme en Chine


Que le Parti Communiste Chinois ait quelques menus progrès à faire en matière de droits de l'homme (et de droits de l'animal, car là-dessus la Chine n'est pas mal non plus), personne ne le contestera. Et les réserves exposées ici à propos de la place donnée à Lhamo Dhondrub n'impliquent nullement qu'il ne faille pas critiquer la Chine.

Les Chinois (les membres du Parti et les Han implantés au Tibet) se sont sans doute mal comportés plus d'une fois au Tibet.

D'une manière générale, les dirigeants chinois et les cadres du Parti, s'ils ont au départ libéré le peuple chinois, en sont devenus à leur tour les oppresseurs (on a beau dire, le droit de vote, qu'il est devenu de bon ton de mépriser en France, ça a quand même des bons côtés).

Il est évident que des manifestations, des émeutes, voire des révoltes vont se développer de plus en plus au fur et à mesure de la croissance économique et de l'ouverture à l'Occident de la Chine. Ce qui s'est passé au Tibet lors des JO, que ce fut ou non orchestré à partir de l'étranger, n'était que le prémice d'une contestation qui est amenée à s'amplifier.
 

Il est tout à fait légitime de vouloir faire évoluer l'attitude du gouvernement chinois, notamment en matière de liberté d'expression, et ceci que ce soit dans la Région Autonome du Tibet ou dans les autres provinces. De la même manière qu'il est tout à fait légitime de réclamer des pouvoirs publics chinois une législation minimale de protection animale.


En tout cas, il faut espérer que le PCC constate que la main-mise sur l'information, la langue de bois et le formatage des esprits, tels qu'ils en font un mode de gouvernance en Chine, ne tient plus dès lors qu'on est sur la scène internationale. En obtenant les JO, les dirigeants chinois ont ouvert une fenêtre sur le monde extérieur et ont été secoués par pas mal de courants d'air. Ils vont devoir saisir qu'il ne pourront pas continuer à jouer la dictature s'ils veulent s'ouvrir sur le monde, même si leur poids économique présent et à venir leur vaut les yeux doux des décideurs occidentaux.
 

Mais il est impératif de prendre ses distances avec la dalaï-lamaïte qui sévit chez les Occidentaux, et qui porte en dernière analyse du tort à la cause des droits de l'homme (et des animaux).
 

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 03:59


Dans cette atmosphère d'apocalypse financière mondiale, alors que la crise étatsunienne, après avoir touché l'Europe, commence à produire ses effets délétères sur les pays émergents, alors que les marchés ne sortent plus du chaos jour après jour, alors que l'ombre de la récession se précise ici et là, il est bon de savoir qu'on peut compter sur une institution tutélaire prestigieuse.
Le FMI, sis dans la capitale américaine, a en effet publié le 25 octobre des documents, consultables sur son site, montrant qu'il a la situation bien en main.

 

Le cabinet d’avocats international Morgan Lewis & Bockius a rendu les conclusions de son enquête, à la lumière des normes de conduites contractuellement applicables au Directeur Général du FMI sur la liaison entre le Directeur général du FMI, Dominique Strauss Kahn, et une ancienne haute responsable du département Afrique de cette institution, Piroska Nagy.

 

Je ne ferai pas d'interprétation lacanienne de ce flirt avec cette femme d'origine hongroise, cependant que la candidature de DSK au FMI avait été soutenue par un célèbre fils de hongrois dont le nom complet est Nicolas Sárközy de Nagy-Bócsa.

Et la première déclaration de DSK au lendemain de la conclusion de cette affaire est une déclaration... sur la Hongrie.

 

Revenons aux résultats de l'enquête  :

 

« - A la fois le DG [Directeur Général] et la femme membre de l'équipe reconnaissent qu'ils ont eu une relation physique consensuelle de courte durée en janvier 2008.

   - Des documents contemporains montrent clairement qu'à la fois le DG et la femme membre de l'équipe avaient consenti et s'étaient activement engagés dans la poursuite de la relation. »

 [...]

« - Il y a des indications selon lesquelles, durant la période ayant immédiatement précédé la relation physique et ensuite, le DG et la femme membre de l'équipe se sont mis d'accord pour prendre diverses mesures afin de cacher l'existence de leur relation personnelle.

   - Peu après qu'ait eu lieu la relation sexuelle ("the physical affair" :-), le mari de l'ancienne membre de l'équipe a découvert cette relation,  et a averti sa femme et le DG des possibilités de publicité indésirable. »

 [...]

« - Le DG a reconnu qu'alors qu'il pensait que sa conduite était purement personnelle dans sa nature, la révélation publique de la relation qu'il avait avec une employée subordonnée aurait nui à la réputation du FMI, du bureau du DG, et de la personne du DG.

   - Le DG a reconnu qu'il avait fait à la fois "une erreur personnelle et une erreur professionnelle" en s'engageant dans une relation personnelle intime avec une employée subordonnée. »

 [...]

« Observations en conclusion :

Pour aller plus loin, et à partir des faits ci-dessus référencés, la question se pose de savoir si le cadre pour les normes de conduite applicables au DG [...] doit être modifié pour porter le DG à des normes de conduite plus élevées que l'équipe, étant donné sa position éminente et les conséquences de ses activités en termes de réputation. »

 
Quant à lui, DSK bat sa coulpe à l'américaine, pour ceux qui douteraient de son envergure internationale :

« Je reconnais que cet incident représente une sérieuse erreur de jugement.

Je regrette beaucoup cet incident et en endosse la responsabilité. Je m'en suis excusé auprès du Conseil d'Administration, de l'équipe du FMI, et de ma famille. »

 
Et le FMI de conclure solennellement :

« Le Conseil d'Administration note que l'incident était regrettable et reflétait une sérieuse erreur de jugement de la part du Directeur Général, comme il l'a reconnu et comme il s'en est excusé. Le Conseil d'Administration pointe que la conduite personnelle du Directeur Général donne le ton pour l'institution et, comme telle, doit être à tout moment irréprochable. »

 

On murmure une évidence : ce sont des opposants qui auraient fait en sorte d'ébruiter cette insignifiante affaire. Le néo-conservateur Paul Wolfowitz, qui ne s'en était pas tiré à si bon compte l'an dernier à la Banque Mondiale, doit grincer des dents.

 En tout cas, je suis rassuré sur la gestion de la crise financière mondiale, le Conseil d'Administration du FMI, c'est du sérieux.

Le monde est formidable.

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 23:42

Après les USA, les pays européens sont en train de mettre au point un plan de sauvetage du système financier par l'intervention des Etats. La loi concrétisant en France ce plan de sauvetage a été promulguée ce 17 octobre. Ce même jour, cinq représentants du patronat européen et étatsunien, réunis à Paris à l'initiative du MEDEF, s'expriment. Dans un seul mouvement, ils applaudissent des deux mains aux plans américains et européens, et, tenez-vous bien, invitent les Etats à aller se faire voir ailleurs dès que la crise sera jugulée.
 

















Procédons d'abord à un rappel des faits. C'est chiant, je sais, mais faut être sérieux.

Le 12 octobre, l'Eurogroupe a décidé un plan d'action pour maintenir la tête hors de l'eau au système financier. Outre la possibilité de rachat des créances douteuses, des actifs toxiques, des titres pourris, par les Etats (plan de défaisance façon plan Paulson), il prévoit notamment :
- côté liquidités, de garantir les crédits interbancaires (contractés jusqu'au 31 décembre 2009) pour permettre aux établissements financiers (banques et assurances) d'emprunter et de se prêter entre eux, et ainsi dégeler les liquidités, en complément de l'action à court terme de la BCE.
- et côté solvabilité, de renforcer les fonds propres des établissement financiers, notamment par des opérations de recapitalisation endossées par les Etats, afin d'éviter les faillites et leurs effets systémiques.

L'Eurogroupe est une instance informelle de concertation entre les différents ministres des Phynances de la zone euro. Il s'agissait en fait ce 12 octobre d'une réunion extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement des 15 pays de la zone euro, avec en outre la participation du PM britannique Gordon Brown. Celui-ci, après avoir été le très libéral ministre des Phynances de Mr Blair durant 10 ans, venait présenter le plan de sauvetage décidé par l'Etat britannique le 8 octobre.

C'est l'Irlande, par une loi votée le 2 octobre, qui avait pris l'initiative unilatérale d'une garantie sur les dépôts des six principales banques irlandaises, soit une somme d'au moins 400 milliards d'euros (le 9 octobre, suite à l'émoi de son voisin britannique et de la Commission européenne, elle avait étendu cette garantie à cinq banques étrangères ayant une large activité en Irlande).
 
Le Royaume Uni, lui, a pris soin de s'entretenir avec ses grands voisins, la France, l'Italie et l'Allemagne (sommet du 4 octobre), et a obtenu l'aval de la Commission européenne, avant d'annoncer son projet. Gordon Brown a donc présenté le 8 octobre son plan de financement, consistant en une prise de participation de l'Etat britannique dans les huit principales banques, pouvant aller jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros), ainsi que le déblocage d'une ligne de crédit de 200 milliards de livres (260 milliards d'euros), destinée à soulager le fameux manque de liquidités. Le 13 octobre, le gouvernement britannique a annoncé qu'il allait recapitaliser, jusqu'à hauteur de 37 milliards de livres (46,6 milliards d'euros), trois des plus grosses banques britanniques (20 milliards pour la Royal Bank of Scotland, et 17 milliards pour la Halifax Bank Of Scotland et la Lloyds TSB, qui sont en train de fusionner).
 
Le 13 octobre, le lendemain de la réunion extraordinaire des pays de la zone euro, plusieurs pays ont chiffré leur plan d'action.
Le gouvernement français a annoncé jusqu'à 320 milliards d'euros de garantie des emprunts interbancaires, et jusqu'à 40 milliards d'euros de recapitalisation des établissements financiers.
Le gouvernement allemand a annoncé jusqu'à 400 milliards d'euros de garanties des emprunts, et jusqu'à 100 milliards d'injections de fonds publics, dont 80 pour recapitaliser des établissements financiers.
Le gouvernement espagnol a annoncé jusqu'à 100 milliards d'euros de garanties des emprunts. Et il avait la semaine précédente créé un fonds de soutien aux banques, destiné à leur racheter leurs créances, pouvant atteindre 50 milliards d'euros.
Les gouvernements néerlandais, espagnol, autrichien et portugais ont respectivement annoncé jusqu'à 200 milliards, 100 milliards, 100 milliards et 20 milliards d'euros. L'Italie a annoncé pour sa part qu'elle dépenserait autant que nécessaire pour ses banques.
Ainsi l'enveloppe globale mise à la disposition des banques par les principaux États membres de l'Union européenne, Royaume-Uni compris, s'élève déjà à plus de 1 700 milliards d'euros, soit 13,6 % du PIB européen.
Lors du Conseil Européen du 15 et 16 octobre, les dirigeants des 27 pays de l'Union ont approuvé les principes de ce plan d'action.

En France, un conseil des ministres extraordinaire a adopté le 13 octobre un projet de loi de Finances rectificative pour le financement de l'économie, qui a été voté par l'Assemblée le 14 octobre, voté par le Sénat le 15 octobre, et promulgué le 17 octobre !!

Cette loi de Finances rectificative crée deux sociétés ad hoc : 
- côté liquidités : une société de refinancement, détenue par les banques à 66% et par l'Etat à 34%, qui émettra des emprunts garantis par l'Etat jusqu'à 320 milliards d'euros, et prêtera les fonds ainsi levés aux établissements en mal de financement ;
- côté solvabilité : une société de prises de participation de l'Etat (SPPE), dont l'unique actionnaire est l'Etat, qui émettra des emprunts garantis par l'Etat jusqu'à 40 milliards d'euros, et pourra fournir des fonds propres aux établissement financiers en achetant des titres qu'ils ont émis, ou en participant à leur capital, comme pour le bancassureur franco-belge Dexia.
Ce plan ne pèsera pas, nous rassure-t-on, sur le déficit budgétaire. Mais il alourdira la dette publique française, dont on nous serinait qu'elle était déjà inquiétante.

De l'autre côté de l'Atlantique, on en a déjà causé, donc je vous la fais courte.
Le plan Paulson (Emergency Economic Stabilization Act of 2008)  a été voté, puis promulgué le 3 octobre.
Le 14 octobre, le gouvernement américain a annoncé qu'il allait consacrer 250 milliards de dollars (180 milliards d'euros) pour entrer au capital des institutions financières du pays, dont la moitié dans neuf des plus grosses banques (ce qui n'était pas prévu par le plan).
Par ailleurs, le gouvernement américain va aussi garantir pour une période de trois ans les prêts interbancaires grâce à l'organisme fédéral américain d'assurance des dépôts bancaires, le Federal Deposit Insurance Corp (FDIC). Et la Fed a précisé son programme d'achat de bons de trésorerie (émis par les entreprises en besoin de trésorerie).
Vu les mesures annoncées par l'UE, le Trésor américain ne pouvait que prendre des mesures en miroir pour éviter une fuite des capitaux vers le Vieux continent.

Bon, tout ceci risque de ne pas nous mener à de réels changements.
Peut-être va-t-on profiter de cette éphémère union sacrée des gouvernements pour plafonner les indemnités de départ pharaoniques des dirigeants d'entreprises, ce qui ne changera pas grand chose au fond du problème.
Peut-être va-t-on en profiter pour enfin réglementer les paradis fiscaux, ce qui serait déjà ça (en tout cas c'est l'occasion ou jamais).
Peut-être va-t-on en profiter pour mettre en place de nouvelles modalités de supervision des établissements et des marchés financiers, mais, au-delà des gesticulations actuelles, des décisions efficaces apparaissent encore assez utopiques. La transparence ou la gouvernance, ça fait des années qu'on nous bassine avec ça, et on voit où on en est.

Venons-en aux déclarations de nos cinq représentants du patronat européen et étatsunien, le patronat des 5 « principaux pays membres du G8 » (ah bon, l'Italie a plus de poids économique que le Japon ?) selon Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, qui avait organisé ce sommet à Paris le 17 octobre, le jour de la promulgation de la loi française précisant le plan de soutien de l'Etat français au système financier.

On y retrouvait, avec M'ame Parisot du MEDEF, M'sieur Donald J Shepard, le représentant du patronat américain, M'sieur Jürgen R. Thumann, le président du patronat allemand, M'sieur Richard Lambert, le président du patronat anglais, et M'ame Emma Marcegaglia, la présidente du patronat italien.
Le MEDEF a intitulé cet aréopage le « G5 », ce qui est pertinent vu que le système financier mondial se retrouve sous perfusion non seulement des banques centrales, mais aussi des Etats (le G5 étant dans le monde médical le petit nom du soluté glucosé isotonique à 5%, liquide courant des perfusions).

Le communiqué commun, l'« Appel des entreprises américaines et européennes », déclare :
« Les entreprises approuvent totalement et sans réserve les différents plans d’urgence annoncés par le Conseil européen des Vingt-Sept et par les gouvernements européens et américains pour assurer la stabilité du système bancaire et financier et la distribution normale du crédit aux entreprises et aux  ménages. »
Aha, les entreprises approuvent l'intervention des Etats dans l'économie !?
Tutt tutt, M'ame Parisot s'empresse de préciser benoîtement dans son intervention que « les gouvernements doivent [...] éviter toute approche qui considérerait qu'il faut maintenir durablement l'intervention de l'Etat dans l'économie ».
Et le communiqué commun confirme « Nous attendons aujourd'hui des responsables politiques et institutionnels [...] qu’ils écartent toute mesure protectionniste et renoncent à poursuivre les interventions  publiques au-delà de ce qui est nécessaire pour faire face aux circonstances actuelles. »

Nos patrons des patrons n'ont pas honte, c'est sans ambages « Donne l'oseille et tire-toi ! »

On lit dans la conclusion : « l’entreprise privée est le moteur de l’économie ». Force est de reconnaître que les modèles d'économie planifiée testés au cours du XXe siècle n'ont pas conduit à des résultats convaincants. Mais on ne peut que constater qu'un véhicule nécessite non seulement un moteur, mais aussi une direction et des freins.
Et on reste perplexe sur l'appel, dans cette même conclusion, à « un marché régulé et sans entrave ». Oxymore ou lapsus ?

Enfin, et surtout, on se demande à quoi rime cette prise de position du monde de l'économie dite réelle, alors même que les Etats déclarent explicitement intervenir sur l'économie dite financière afin de préserver l'économie réelle. Ces représentants du « G5 » auraient voulu nous convaincre que, pour eux, entrepreneurs et spéculateurs poursuivent un même combat, il n'auraient pas pu mieux faire.
 
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 23:35
On connaissait la formule selon laquelle « Le capitalisme financier, c'est la privatisation des profits et la socialisation des pertes ».
Ce mois de septembre 2008 en fournit la plus hénaurme, la plus kolossale, la plus ubuesque illustration.


Non, ce n'est pas un article sur la corrida ;-)

Cette image est celle du fameux "Wall Street bull", le taureau de bronze de Wall Street, érigé en 1989 pour symboliser la force et la puissance de l'Amérique après le krach (j'ai pas dit le CRAC) boursier (on en a même ici une paire) d'octobre 1987.

Cette angle de vue est à 180 degrés des angles habituels, où le taureau vu de face est vigoureux et combatif.

Deux interprétations :

- soit l'Amérique de la finance bat la retraite au grand galop

- soit elle nous montre paisiblement  son cul façon de dire "On est too big to fail, moustique,  on te pète à la tronche."

  


1981 - Discours d'investiture de Ronald Reagan le 20 janvier :
« [Les maux économiques dont nous souffrons] s'en iront parce qu'en tant qu'Américains nous avons maintenant la capacité [...] de faire ce qu'il faut pour préserver ce dernier et plus grand bastion de liberté.
Dans la crise actuelle, l'Etat n'est pas la solution à notre problème ; l'Etat est le problème. »
« [The economic ills we suffer] will go away because we as Americans have the capacity now [...], to do whatever needs to be done to preserve this last and greatest bastion of freedom.
In this present crisis, government is not the solution to our problem ; government is the problem. »

2008 - Conférence de presse de George W Bush le 20 septembre :
 « Eh bien, mon premier instinct n'était pas de déployer un énorme plan de l'Etat. Mon premier instinct était de laisser faire le marché, jusqu'à ce que je réalise, une fois informé par les experts, l'ampleur qu'avait prise le problème. »
« Well, my first instinct wasn't to lay out a huge government plan. My first instinct was to let the market work until I realized, upon being briefed by the experts, of how significant this problem became. »

On pourrait en rire. D'ailleurs on aurait tort de s'en priver, mais à condition de ne pas en rester là.
 
Rappel des faits les plus marquants des dernières semaines.
Sur fond de faillites bancaires (pour l'instant, le 15 septembre, les banques d'affaires Merryl Lynch, la 3ème à Wall Street, et Leymann Brother, puis le 25 septembre, la plus grosse caisse d'épargne américaine, Washington Mutual).
Sur fond d'injections massives de liquidités depuis le 15 septembre par la Réserve fédérale, ainsi que par les grandes banques centrales d'autres pays, dans les marchés monétaires (plusieurs centaines de milliards de dollars).
Sur fond de changement de statut des deux dernières grandes banques d'investissement américaines (Goldman Sachs et Morgan Stanley sont devenues le 21 septembre de simples holdings bancaires, pouvant accéder au soutien financier de la Fed en échange de plus de contrôle).
Sur fond d'incertitude des établissements financiers européens (à l'heure où je vous cause, le gouvernement britannique s'est résolu à nationaliser les prêts de la banque Bradford & Bingley, soit quelque 63 milliards d'euros, et on ne sait pas à quelle sauce va être mangé le bancassureur belgo-néerlandais Fortis).
Rappel, donc :
 
- 7 septembre : mise sous tutelle gouvernementale, par le biais de la Federal Housing Finance Agency, agence fédérale ad hoc, des deux géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae (Federal National Mortgage Association) et Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation), et annonce par le Département du Trésor (le ministère des Finances américain) d'un plan de sauvetage qui pourra atteindre 200 milliards de dollars. Ces deux sociétés privées assurent une sorte de service public (Government Sponsored Enterprise), elles facilitent le crédit en rachetant les prêts aux établissements de crédit, et sont ainsi détentrices ou garantes de plus de 40% de l'encours du crédit immobilier américain.
 
- 16 septembre : prêt de 85 milliards de dollars par la Réserve fédérale (la Fed, la banque centrale américaine) à AIG (American International Group, le premier groupe d’assurance américain), avec en contrepartie une prise de participation de 80 % de l'Etat américain au capital de la société. AIG garantit notamment nombre d'établissements bancaires contre les risques de défaillance des crédits. Le Trésor a annoncé dans la foulée, le 18 septembre, qu'il allait émettre pour 100 milliards de dollard de titres pour soutenir la Fed dans ses efforts.
 
- 19 septembre : annonce par l'administration Bush d'un plan de sauvetage global du système financier. Il s'agit d'octroyer au Département du Trésor, en concertation avec la Réserve fédérale, la capacité de créer un fonds spécial de rachat, auprès des établissements financiers, des actifs illiquides qu'ils ont accumulés et qui plombent le monde de la finance.
Ça va coûter jusqu'à 700 milliards de dollars.
Pour cela, il faut une loi donnant des pouvoirs exceptionnels au Trésor. Henri Paulson, secrétaire au Trésor, et Ben Bernanke, président de la Fed, tentent de convaincre le Congrès, quand même gêné de sauver Wall Street au frais des contribuables américains, à bientôt 5 semaines des élections (le 4 novembre prochain, les électeurs américains seront en effet appelés non seulement à choisir leur président, mais aussi à renouveler tous les sièges de la Chambre des Représentants ainsi qu’un tiers du Sénat). Mais un accord devrait intervenir sous peu, moyennant quelques aménagements (fractionnement des rachats, plafonnement des parachutes dorés, aides aux propriétaires en difficulté...)
 
Ma parole, il va falloir que le FMI et la BM volent au secours des Tazunis. De la même manière qu'ils se sont portés au secours des pays du Sud en difficulté ces vingt-cinq dernières années. Comment faisaient-elles, déjà, nos chères institutions de Bretton Woods ? Ah oui, elles contraignaient les pays à des politiques dites d'ajustement structurel : « Libérez-vous de la bureaucratie, du subventionnisme, du protectionnisme, débarrassez-vous de vos structures d'Etat, privatisez, dérégulez, favorisez le libre échange, réduisez les dépenses publiques...». Le FMI devrait gronder grave les Tazunis ! Comment ça, il les félicite, par la voix de son directeur général Dominique Strauss-Kahn, dans un entretien au Financial Times le 22 septembre ? « Les mesures courageuses [bold steps] que viennent de décider les Etats-Unis sont les bienvenues »  ?
J'ai du mal à comprendre, c'est trop fort pour moi...

Les néo-libéraux de droite et de gauche nous serinaient que la mondialisation (c'est-à-dire la dérégulation des échanges commerciaux et financiers à l'échelon de la planète), qui va de pair avec la financiarisation (c'est-à-dire la main-mise sur le développement des entreprises d'un actionnariat qui ne peut qu'imposer toujours plus de profits à court-terme), est un phénomène naturel, comme la gravitation, sur lequel la politique n'a pas de prise.
 
Ces événements nous rappellent que le capitalisme financier n'est pas apparu par enchantement, mais qu'il est le fruit de choix politiques délibérés, concoctés par des think tanks néo-libéraux, mis en oeuvre par des dirigeants comme Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et relayés par les Institutions Financières Internationales.
Et ils nous démontrent surtout que les Etats peuvent décider d'exercer leur contrôle. Pour ça, il a fallu que l'Etat le plus puissant de la planète soit poussé dans ses retranchements de prêteur en dernier ressort envers les géants de la banque et de l'assurance. Dame, tant qu'il s'agissait des simples citoyens bêtement confrontés à la précarité de leurs emplois, à la perte de leurs logements, ou à la hausse du coût des matières premières, il fallait que ces braves gens s'y fassent !
 
Ce mois de septembre sera-t-il le 11 septembre de Wall Street ? Je préfère dire - en tout cas espérer - qu'il sera pour le capitalisme financier ce qu'a été pour le marxisme-léninisme la chute du mur de Berlin, qui annonçait l'implosion de l'Union Soviétique.
 
En tout cas, dorénavant, le prochain qui me dit qu'on ne peut rien contre la main invisible du marché, je lui fous la mienne sur le museau.
Bien sûr, notre ami Adam Smith ne connaissait pas la titrisation, les subprimes, ou les credit default swaps.
La métaphore de la main invisible, si elle apparaît dans La Richesse des Nations (1776), son ouvrage de référence d'un point de vue économique, se trouvait une première fois dans l'ouvrage plus philosophique La Théorie des Sentiments Moraux (1759). L'auteur s'y s'émerveille sur un mode panglossien, mais sans l'ironie voltairienne, de l'ordre naturel du monde qui fait que, sans le faire exprès, les riches « partagent avec les pauvres le produit de toutes les améliorations [qu'ils suscitent] » et « sont conduits par une main invisible à opérer presque la même distribution des choses nécessaires de la vie que celle qui aurait été opérée si la terre avait été répartie en portions égales entre tous ses habitants ».

Petite devinette, à propos de Voltaire : de quand date le Candide ou L'Optimiste ?
Gagné, 1759 aussi !

A chacun ses Lumières.
 





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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 00:06

Peut-on parler de tout en France ? L’été dernier, le Bureau de vérification de la publicité avait censuré un spot télévisuel produit par trois associations opposées à la corrida. Cet été, c’est la direction d’un complexe cinématographique de Bayonne qui vient de censurer un spot également opposé à la corrida. Ce poids d’un lobby sur la liberté d’expression des idées, pour anecdotique qu’il soit, illustre que, si la France n’est pas la Chine, elle a encore des progrès à faire.

 

 
Si on considère l’ensemble de la planète, la France fait bien sûr partie des pays où l’on s’exprime le plus librement.
Pour autant, on sait bien que, même dans les démocraties, la liberté d’expression trouve ses limites naturelles dans la collusion entre les sphères médiatiques, politiques et économiques.
Un exemple assez curieux attire l’attention en France : c’est l’omerta qui entoure la tauromachie.
 
Une censure singulière vient de l’illustrer : le 28 juillet, le complexe cinématographique Mega-CGR de Bayonne a subitement retiré de ses écrans un spot opposé à la corrida, qu’avaient financé trois associations de défense animale (la FLAC, la SPA et la FBB). Sa programmation était prévue jusqu’au 12 août.
Bayonne est une des principales places taurines françaises. Son député-maire, Jean Grenet, est coprésident à l’Assemblée nationale du groupe d’études tauromachiques, et a été jusqu’en avril dernier président de l’Union des villes taurines françaises.
 
Rappelons brièvement l’étrange statut de la corrida espagnole en France. Ce spectacle consiste à enfoncer durant vingt minutes divers instruments de métal (des piques, des banderilles, des épées, des poignards) dans la chair d’un taureau (six par corrida) jusqu’à sa mort. Il a été importé d’Espagne à partir du milieu du XIXe siècle (la première corrida a d’ailleurs eu lieu non loin de Bayonne), et fait l’objet depuis le milieu du XXe siècle d’une dérogation pénale unique en son genre. En effet, interdit sur les neuf-dixièmes du territoire français en tant que « sévices graves » et « actes de cruauté » sur animaux, il est autorisé dans certaines zones de 11 départements du sud de la France, au titre d’une « tradition locale ».
 
Cette pratique, vestige d’un âge où les animaux étaient considérés comme les simples jouets des hommes, suscite de nos jours une très large réprobation. Les enquêtes d’opinions montrent que les trois quarts des Français y sont opposés, et cela même au sein des zones où elle persiste.
De nombreux militants de la défense des animaux dénoncent ce scandale, pointent également son effet particulièrement délétère sur l’esprit des enfants, et réclament l’application du Code pénal sur l’ensemble du territoire de la République.
 
L’été dernier, une censure comparable avait défrayé la chronique : un spot anti-corrida destiné à la télévision, produit par la SPA en collaboration avec le CRAC et la FLAC, avait été refusé par le Bureau de vérification de la publicité (Cf l'article de Zone Pazenn).
Pour mémoire, M Sarkozy avait répondu, début août 2007, à ceux qui s’émouvait de cette interdiction : « Vos deux courriers relatifs à l’interdiction de diffusion par le BVP de spots télévisés dénonçant la corrida, et à la contradiction entre cette position et le fait que les arènes ne soient pas interdites aux enfants et aux adolescents, me sont bien parvenus. [...] Le Grenelle de l’environnement, qui se tiendra à l’automne, sera l’occasion d’aborder la question des rapports entre la publicité et l’environnement. D’ici là, je veillerai à ce que la demande que vous avez formulée soit étudiée par le gouvernement et qu’une réponse vous soit apportée au plus vite. »
Bien entendu, le rôle du BVP n’a nulle part été abordé. Et la question de l’interdiction des arènes aux enfants et aux adolescents a été balayée d’un revers de main lors des Rencontres animal et société clôturées le 8 juillet dernier, ainsi que toutes les autres propositions des défenseurs des animaux, car « non consensuelle ». 
 
Ainsi donc, à deux reprises, des associations financent la réalisation d’un message et sa diffusion, mais on leur oppose une censure immotivée. La pression du « mundillo », le petit monde de la tauromachie, sait donc se faire efficace. Il faut dire que ceux qui vivent de la corrida sont particulièrement motivés pour la défendre. Dans les municipalités taurines, la collusion entre des intérêts politiques locaux et des intérêts économiques locaux est criante.
A Bayonne, les arènes sont gérées par une régie municipale, sous la direction d’Olivier Baratchart, qui confie l’organisation des corridas à une société privée, la Casa Chopera. Le petit monde de la tauromachie répète à l’envi que les corridas génèrent des rentrées d’argent. Restons à Bayonne et contentons-nous des chiffres officiels de la dernière saison (la « temporada 2007 ») : 247 255 euros de déficit  ! Les éleveurs et les toreros peuvent dire merci aux contribuables. 
 
D’autres exemples de censure existent. En avril dernier, Jean-Paul Fournier le maire de Nîmes, autre place taurine, refusait à l’Alliance Anticorrida la salle pour tenir son Assemblée générale, une semaine avant la date prévue. Cependant, cette fois, le tribunal administratif de Nîmes statuait en référé que « le maire de Nîmes porte atteinte de manière grave et immédiate à la liberté de réunion.  »
Il existe heureusement des magistrats indépendants des lobbies politiques et économiques.
Et notons en passant qu’il existe aussi des journalistes choisissant de s’afficher à rebours de ces lobbies.

Les opposants à la corrida demandent simplement que le Code pénal soit appliqué sur l’ensemble du territoire français. Ils cherchent à interdire non pas une parole ou une opinion, mais une pratique consistant à infliger de la souffrance pour le plaisir. Les partisans de la corrida, quant à eux, répliquent tout simplement en cherchant à réduire au silence leurs contradicteurs. Ils cherchent à les interdire de parole, à empêcher l’expression de leur opinion. Et ceci par un tour de passe-passe usé : en les accusant d’être des extrémistes dangereux. On aura reconnu la vieille ficelle utilisée par tous les régimes totalitaires pour étouffer leurs opposants.

Les amateurs de corridas manquent cruellement ( !) d’arguments pour justifier leur passion. C’est pourquoi leur ligne de défense consiste essentiellement à disqualifier leurs contradicteurs. Il s’agit d’un des sports favoris des « revisteros », les plumitifs spécialisés dans la chronique taurine. Parmi ceux-ci, André Viard, dont l’existence se confond avec la tauromachie au point qu’il a mis au point un instrument de lobbying pompeusement intitulé « l’Observatoire des cultures taurines ». Cet homme tout en nuance qualifie à répétition les opposants à la corrida de dangereux terroristes liberticides. Il affectionne particulièrement le terme « talibans », ce qui prête à sourire de la part de quelqu’un qui ne jure que par la « tradition ».
 
Il file la métaphore sunnite en ces termes dans son « édito » du 28 juillet  : « En outre, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’alliance objective existant entre les associations anti-taurines et les extrémistes animaliers, les premières étant pour les seconds, toutes proportions gardées, ce que certaines écoles coraniques sont à Al-Quaïda : le bouillon de culture idéologique dans lequel germent les ferments de l’intolérance et de la xénophobie qui poussent les plus irresponsables au passage à l’acte. ». Et le président de l’Observatoire des cultures taurines enchaîne : « Selon nos informations, la coïncidence entre la nouvelle campagne médiatique fomentée par certaines associations, la tentative d’instrumentalisation de la justice contre le petit Michelito [un enfant de 11 ans qui se produit dans des corridas] et les attentats perpétrés un peu partout en France par les écoterroristes, inquiète en haut lieu, au point que les manifestations annoncées par les associations anti-taurines pour Bayonne et Dax pourraient être interdites car il y a tout lieu de craindre qu’en les laissant se dérouler on ciblerait pour les extrémistes de nouveaux objectifs. Une responsabilité que les préfets concernés ne semblent plus très sûrs de vouloir prendre. Et ils ont parfaitement raison. »
Bingo ! On doit interdire aux opposants à la corrida de manifester leur désaccord, car ils ouvriraient la voie au terrorisme ! Il fallait oser, M. Viard l’a fait. Je me garderai d’évoquer la célèbre réplique des Tontons flingueurs...
 
En tout cas, dans son « édito » du 30 juillet,  le président de l’Observatoire des cultures taurines se félicite de la censure du spot contre la corrida par le complexe cinématographique de Bayonne : «  suite à diverses interventions, le spot en question a été retiré » [...] «  la France entière sait qu’une fois de plus les antis ont perdu. » Ça a le mérite d’être clair. M. Viard assumerait avec talent le rôle de ministre de l’Information en Chine ou de ministre de l’Intérieur au Zimbabwe.

Tout ceci peut prêter à sourire, mais est doublement affligeant.
D’abord, parce que des taureaux continuent à être massacrés avec des raffinements de cruauté.
Ensuite, parce que ces entorses à la liberté d’expression, pour de vulgaires intérêts locaux, laissent imaginer ce qu’il peut en être lorsque sont en jeu des intérêts encore plus puissants. Mais bon, ceci ne va pas empêcher la France de donner des leçons au monde entier.
 
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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:42


Spécial dernière : dans l'ensemble des démocraties du monde occidental, des instances politiques, des partis politiques, des hommes politiques, des médias, des mouvements associatifs, des ONG, des intellectuels, des personnalités exigent d'une seule voix que le gouvernement d'une nation représentant le cinquième de la population mondiale négocie avec la dernière réincarnation d'une lignée de gourous qui ont régné durant des siècles sur une obscure théocratie féodale.

Trop gros ?

Bon, si on peut plus déconner un 1er avril !

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 02:55
 
 
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
 
L'Amaury Sport Organisation, la société organisatrice du Paris-Dakar (qui devait être cette année le Lisbonne-Dakar), annule in extremis le rallye because menace terroriste en Mauritanie.
 
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
 
C'est une décision dangereuse : pour un peu, ça rendrait Al Qaïda sympathique.
 
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

(Renaud, 1991)

 
En tout cas pas d'inquiétude : le 23ème Marathon des Sables, prévu fin mars dans le Sahara marocain, a lieu suffisamment au nord pour ne pas être compromis.
  
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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 02:03

 

De toutes les couenneries plus hénaurmes les unes que les autres qui ont été écrites ou prononcées cette année, à laquelle accorder la palme ?
Entre les deux suivantes mon coeur balance :

« Le statut éthique du taureau dans la corrida pourrait servir de modèle à celui que nous devons à tous les animaux »
Francis Wolff (professeur de philosophie à l'ENS), in Philosophie de la corrida, Fayard, juin 2007, p 40.

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »
Nicolas Sarkozy (président de la République), discours prononcé au Palais du Latran à Rome le 20 décembre 2007.

 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 23:47

 

A l'approche de cette fin d'année, à l'heure des bilans, il est des problèmes de société majeurs qui s'imposent à la réflexion.

 

Miss France 2008 doit-elle être démise de sa couronne ?

 

Une série de photos censées être provocantes réalisées il y a 3 ans et publiées il y a 2 jours par le, euh, magazine Entrevue, ont amené M'ame de Fontenay à demander la démission de la Réunionnaise Valérie Bègue, Miss France 2008.

Les photos avaient été réalisées pour être proposées à la société Pardon ! , enseigne de vêtements réunionnaise qui se veut branchée et provocatrice, qui est ravie de la pub.

Celle-ci, que certains soupçonnent d'être à l'origine de la fuite des photos, annonce que Me Gilbert Collard va défendre dans cette affaire les intérêts de la marque. On voit le niveau...

Les photos en cause sont plus sages que n'importe quelle pub de n'importe quel magazine féminin. Celle qui fait scandale est en fait celle-ci :

 

L'annonce du retrait de la couronne  a fait l'effet d'un cyclone à la Réunion, qui se mobilise de façon spectaculaire pour soutenir sa Miss.

D'autant que M'ame de Fontenay a maladroitement déclaré "Elle n'a qu'à rester là-bas", ce "là-bas" étant on l'imagine mal vécu dans ce DOM dont on ne parle en métropole qu'à l'occasion des tempêtes ou des épidémies.

Un autre Gilbert se fait l'avocat de Mamzelle Bègue, puisque Gilbert Aubry, l'évêque de Saint Denis, sautant lui aussi sur l'occasion de se faire de la pub, a donné l'absolution à Valérie Bègue au cours d'une conférence de presse hier.

J'espère que Nicolas Ier va pouvoir faire intervenir Benoît XVI pour régler au mieux cette épineuse histoire de couronne qui touche la fille aînée de l'Eglise.

 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 22:58

 

Julien Gracq, figure majeure du paysage littéraire français, édité de son vivant à la Bibliothèque de la Pléiade, est mort aujourd'hui à l'âge de 97 ans après avoir été hospitalisé à Angers suite à un malaise.

Nicolas Sarkozy, au nom du peuple français, tient à faire part à ses parents de sa profonde et sincère sympathie en ces circonstances douloureuses.

 

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