De quoi Sarkozy est-il le nom ?

Lundi 12 mars 2007

 

Dédiée à « La France qui se lève tôt » :

 

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, jusqu’à l’heure où les autres se lèvent.

(Jules Renard, Journal)

Par Jean-Paul
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Dimanche 20 mai 2007

 

Mes chers compatriotes,

 

Je ne vais certainement pas y aller de mon commentaire sur le résultat et les suites du présidentiel scrutin. Si la majorité des Français veulent se lever tôt et travailler plus pour que ceux qui gagnent beaucoup gagnent encore plus, ça les regarde.

 

Mais, après la constitution du nouveau gouvernement, je voudrais réparer la carence des médias concernant la nouvelle titulaire de mon Ministère de tutelle, oubliée des commentaires.

M'sieur Sarkozy a confié comme attendu le Ministère de la Santé à M'ame Bachelot.
Avec la Jeunesse et les Sports. C'est logique, hein, le meilleur moyen d'être en bonne santé c'est d'être jeune, et c'est plus facile de faire du sport quand on est jeune et en bonne santé.

On se rappelle que M'ame Bachelot, mise à la tête de l'Ecologie de mai 2002 à mars 2004 (sous Raffarin I et II) par M'sieur Chirac, avait enfin dégagé des idéologies le Ministère de l'Environnement pour en faire une agence décomplexée et sans tabou au services des lobbies.
Prenons un exemple au hasard : la chasse.
Elle avait multiplié les arrêtés illégaux visant à élargir les dates de chasse, arrêtés régulièrement annulés par le Conseil d'Etat.
Elle avait défendu les chasseurs bec et ongles, et avait déposé et défendu la loi du 17 juillet 2003 qui supprimait les contrôles du budget des Fédérations de chasse, qui supprimait le jour hebdomadaire sans chasse, qui étendait la chasse de nuit à de nouveaux départements...
Elle avait brillamment illustré sa cohérence politique et sa hauteur de vue à l'Assemblée Nationale, qui résonne encore de ses formules définitives comme « À chaque fois que la chasse recule c'est le Coca-Cola qui avance ! » (11/02/03).


M'ame Bachelot est à n'en pas douter une personnalité exceptionnelle : c'est le seul personnage politique français qui soit la caricature de sa marionnette des Guignols.

Manifestement, M'sieur Sarkozy manquait de femmes de sexe féminin pour compléter son gouvernement. Ou bien il a pensé qu'il fallait un pendant à la réputation réactionnaire en matière sociétale de M'ame Boutin. On se rappelle en effet que M'ame Bachelot s'est fait bien voir du petit monde LGBT par ses prises de position en faveur de l'homoparentalité. Et toujours dans le registre du sociétalement branchouille, elle a signé le « Manifeste des Chiennes de Garde », ce qui ne saurait étonner de sa part puisque cette association est au féminisme ce que Patrick Sébastien est à la chanson.

Quand je pense qu'on nous serinait « le seul critère de composition du gouvernement, ça sera la compétence »...

En tout cas le féminisme a fait un pas en avant si l'on en croit la fameuse formule de Françoise Giroud : « La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente. »

En réalité, faut dire que M'sieur Sarkozy, pas si bête, n'a confié qu'un Ministère croupion à cette dinde, puisque c'est le Ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique qui va gérer le budget de la Santé, donc exercer les vraies responsabilités.
Oups, pardon aux dindes.
 

Par Jean-Paul
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Dimanche 7 octobre 2007

 

 

On se doutait que l'amendement Mariani sur l'établissement de la filiation par test génétique pour l'établissement de visas dans le cadre du regroupement familial allait provoquer une levée de boucliers.

Cependant, à lire ou écouter les protestaires, on se demande combien ont pris connaissance du paragraphe 1er de l'art 5 bis de la "petite loi" à ce jour (état d'une loi en cours de discussion à l'AN et au Sénat) relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile :

 

I - L'article L. 111-6 du même code [de l'entrée et du séjour des étrangers] est complété par neuf alinéas ainsi rédigés :

 
2 « Le demandeur d'un visa pour un séjour de longue durée supérieure à trois mois, ou son représentant légal, ressortissant d'un pays dans lequel l'état civil présente des carences peut, en cas d'inexistence de l'acte de l'état civil ou lorsqu'il a été informé par les agents diplomatiques ou consulaires de l'existence d'un doute sérieux sur l'authenticité de celui-ci, qui n'a pu être levé par la possession d'état telle que définie à l'article 311-1 du même code, demander que son identification par ses empreintes génétiques soit recherchée afin d'apporter un élément de preuve d'une filiation déclarée avec la mère du demandeur de visa. Le consentement des personnes dont l'identification est ainsi recherchée doit être préalablement et expressément recueilli. Une information appropriée quant à la portée et aux conséquences d'une telle mesure leur est délivrée.


3 « Les agents diplomatiques ou consulaires saisissent sans délai le tribunal de grande instance de Nantes, pour qu'il statue, après toutes investigations utiles et un débat contradictoire, sur la nécessité de faire procéder à une telle identification.


4 « Si le tribunal estime la mesure d'identification nécessaire, il désigne une personne chargée de la mettre en oeuvre parmi les personnes habilitées dans les conditions prévues au dernier alinéa.

5 « La décision du tribunal et, le cas échéant, les conclusions des analyses d'identification autorisées par celui-ci, sont communiquées aux agents diplomatiques ou consulaires. Ces analyses sont réalisées aux frais de l'État.

[...]

 

 

Force est de reconnaître en passant que le Sénat, l'institution la plus réactionnaire de France, a pour une fois tenu son rôle censé être au-dessus des luttes partisanes et des turbulences de l'actualité en imposant une réécriture de plusieurs points du projet de loi Hortefeux sur l'immigration.

On voit, pour ce qui est du test ADN, que :

- Le test n'est pas imposé, c'est le postulant qui prend l'initiative de le demander  à titre d'alternative à un état-civil défectueux. Gardons à l'esprit que ce postulant est de par les textes nécessairement âgé de moins de 18 ans, et que rares sont les pays où la majorité légale est inférieure à 18 ans. Donc en pratique la demande vient d'un "représentant légal".

- La filiation recherchée est avec la mère du demandeur de visa.

La recherche d'une filiation paternelle serait effectivement dangereuse pour les femmes, vu la vision de l'adultère et la situation de la femme dans les cultures afro-maghrébines.

- La décision est judiciaire et non administrative.

Quoique, si c'est le Parquet du TGI de Nantes (spécialisé rappelons-le en matière d'état civil) qui intervient en première ligne, on est pas tellement plus avancé en matière d'indépendance.

- Le test est réalisé aux frais de l'Etat.

 

Il semble que les réactions d'opposition relèvent de deux rubriques (d'ailleurs parfaitement compatibles) :

 

1 - Les réactions des anti-sarkozystes et/ou des opposants au contrôle de l'immigration

 

Ce sont les réactions attendues de SOS Racisme, Charlie Hebdo, les Guignols, de toute la gauche altermondialiste ou radicale, ainsi que d'une façon générale d'un certain nombre d'opposants au gouvernement.

Force est de reconnaître qu'on ne peut qu'être méfiant vis à vis de M'sieur Sarkozy sur ce sujet depuis qu'il a annoncé puis créé son scandaleux Ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale (bon, et du co-développement).

Et il est vrai que ce débat contribue à jeter la suspicion sur la figure de l'immigré (surtout quand sa figure est foncée), implicitement présenté comme un fraudeur et un profiteur.

 

2 - Le refus de la biologisation de l'être humain et de l'irruption de la biologie dans le politique

 

C'est à l'évidence le problème de fond. C'est un problème resté sensible en France, qui fut un des théatres des excès où conduisit l'extension de ce type d'approche dans les pays occidentaux durant le dernier tiers du XIXème et le premier tiers du XXème siècle.

Notons qu'en Allemagne, premier théatre de ces excès historiques, ces tests ADN dans le contexte immigratoire ne font pas l'objet d'un cadre juridique spécifique et que le recours à eux y resterait une pratique exceptionnelle.

 

Il y a par ailleurs probablement en France une suspicion à l'égard des techniques génétiques (cf les OGM) comme il y en a à l'égard des techniques nucléaires. Peu de personnes imaginent cependant l'apport des techniques génétiques et nucléaires au diagnostic médical.

Mais la question va ici plus loin.

 

Nous sommes renvoyés en l'occurrence à une définition de la famille. Le fondement de la famille, il est inutile de nier, est biologique. Les institutions familiales ont au départ pour objet sinon explicite du moins implicite de permettre à chaque parent de transmettre ses gènes dans les meilleures conditions. Ce n'est pas abuser de la sociobiologie que de le constater. Avec cette différence que, la plupart des sociétés étant patriarcales, les hommes exerçaient (ou exercent encore) un contrôle beaucoup plus strict sur la descendance. Cela en s'assurant que les enfants mis au monde par leurs femmes ne risquaient pas de venir d'autres mâles, alors que les femmes, elles, disposaient de nettement moins de moyens d'empêcher leurs époux d'aller voir ailleurs. Je ne sais pas si la théorie des jeux s'est intéressée à l'analyse des effets de l'adultère pour élucider ce paradoxe (l'homme de sexe masculin, sauf vous et moi, étant porté à aller honorer d'autres femmes mais voulant empêcher les autres hommes d'honorer sa femme) en termes d'économie génique. Bon, ne nous éloignons pas du sujet.

 

Cependant, à la conception biologique de la famille, il faut opposer deux bémols de taille.

D'abord, les familles recomposées, où des enfants se retrouvent avec un père ou une mère qui n'est pas leur père ou leur mère biologique, ont toujours existé suite à des décès ou des séparations. Elles croissent d'ailleurs de façon impressionnante dans nos propres sociétés occidentales, depuis que les traditions sociales et familiales laissent de plus en plus place (avec plus ou moins de bonheur) aux choix individuels.

Ensuite, d'autres sociétés ont des conceptions de la structure familiale différente de la nôtre. Par exemple, dans maintes sociétés africaines, les rôles des oncles et des tantes sont incomparablement plus importants que chez nous, ainsi que le statut des cousins. Mais je conviens que la société d'accueil est en droit d'imposer ses normes (c'est ainsi que la France ne prend pas en compte la polygamie, qui sévit encore dans un certain nombre de pays africains notamment de l'Ouest, pour procéder aux regroupements familiaux).

D'un autre côté, sous les latitudes où sévissent des conditions de vie parfois déplorables en terme de santé ou de sécurité, il n'est pas rare de devoir confier l'enfant à des parents de substitution après le décès d'un des parents. Mais si la biologie ne peut en attester, souvent l'état civil ne le peut davantage.

 

- Alors, en fin de compte, t'es pour ou t'es contre les tests ADN pour le regroupement familial ??

 

Bien sûr, les problèmes liés à l'immigration existent.

Que la différence de niveau de vie incite une quantité de personnes des pays du Sud à venir en Europe par toutes sortes de moyens, c'est une évidence. Et si cela induit d'inévitables problèmes de prise en charge de la part du pays d'accueil, l'impact douloureux concerne surtout les familles et les individus du pays d'origine.

Que l'état civil officiel soit n'importe quoi dans un certain nombre de pays, et que le trafic de papiers soit un commerce florissant, c'est une réalité.


La question du regroupement familial n'est qu'un des aspects de l'immigration économique. Sur le problème général de l'immigration économique, je n'ai aucune solution miracle, sinon de clamer avec le choeur que la solution réside dans l'auto-suffisance des pays du Sud (vous remarquerez que je n'ai pas dit la "croissance"). Déjà il faudrait que les organismes internationaux comme la BM, le FMI ou l'OMC ne soient ni les vecteurs du néo-libéralisme ni les émissaires des pays riches. Et que l'ONU intervienne efficacement pour régler les conflits armés locaux. Bon, je déconne.

 

Euh, et les tests ADN ?

On va dire que je suis contre. Je ne suis pas fondamentalement contre, et de toute façon je pense que ce genre de truc finira par se faire en vertu de principe de Gabor (tout ce qui est techniquement réalisable finira un jour ou l'autre par être réalisé) appliqué aux sociétés.

Mais je n'ai pas confiance dans ce que pourrait en faire une administration sous l'égide d'un gouvernement comme le nôtre actuellement, dans le climat actuel de méfiance vis à vis des personnes d'origine extra-européenne, même si l'initiative vient du demandeur et que la décision de pratiquer le test est judiciaire.

 

En fait, pour conclure, je ne peux que vous inviter à lire l'avis du Comité Consultatif National d'Ethique du 4 octobre dernier intitulé « Migration, filiation et identification par empreintes génétiques ».

Pas à dire, ils causent bien, au CCNE.

 

Par Jean-Paul
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Lundi 22 octobre 2007

 

Grâce à M'sieur Sarkozy, plus personne en France ne peut depuis le début de l'année 2007 ignorer que Guy Môquet n'est pas seulement une station de métro ou une rue parisienne, mais un garçon au destin héroïque et malheureux, dont chacun à présent pense à mettre le circonflexe sur le "o".

 

C'est ce matin que, sur la volonté de notre hyperprésident (et de son très républicain conseiller Henri Guaino), la lettre d'adieu que ce garçon de 17 ans avait écrite à sa famille depuis sa prison, avant d'être fusillé par l'occupant allemand, le 22 octobre 1941, a été lue (tant bien que mal) dans tous les lycées de France. Plusieurs VIP de l'UMP, dont M'ame Dati et M'sieur Darcos, ont payé de leur personne en se rendant dans des établissements scolaires pour solenniser l'initiative.

 

Je ne vais pas revenir sur les polémiques qui ont entouré cette initiative, des plus stupides (ça va encourager le suicide des ados) aux plus pertinentes (quel statut et quelle place doit avoir la commémoration) en passant par les bagarres d'appropriation politiciennes  ou les controverses sur le rôle de l'enseignant.

Tout ce que j'ai à dire, c'est que c'est par excellence le genre de truc qui me gonflait quand j'avais l'âge d'être lycéen, donc je ne suis pas sûr que c'est par ces moyens qu'on donnera aux p'tits jeunes le sens des valeurs.

 

De multiples commentaires ont essaimé sur le Web. Je citerai une récapitulation fort complète sur le site de Jean-Pierre Husson (prof à Nancy 2) consacré à l'histoire et la mémoire des deux guerres mondiales. On trouvera sur cette page la copie manuscrite de la lettre du jeune homme, l'original étant quant à lui ici.

Cette lettre est bien entendu émouvante, et étonnante sous la plume d'un gars de 17 ans. Henri Guaino n'est pas un amateur.

 

Faut-il faire un commentaire sur la consternante instrumentalisation, pour le coup, de cette lettre par Bernard Laporte, le sélectionneur du XV de France, qui l'avait fait lire par un joueur avant le France-Argentine du 7 septembre dernier, pensant faire plaisir à M'sieur Sarkozy ?

Par une coïncidence malheureuse du calendrier, M'sieur Laporte a pris ses fonctions de secrétaire d'Etat aux Sports également aujourd'hui, avec en prime quelques casseroles fiscales. On en viendrait à se féliciter, vu la récupération qu'avait orchestrée notre hyperprésident, que le XV de France se soit pris la pâtée.

Enfin, M'ame Bachelot peut se réjouir : on lui a trouvé un secrétaire aux Sports encore plus nouille qu'elle, et ça c'était pas gagné.

 

Mais ce n'est pas là que je veux en venir.

 

Je réclame, si les commémorations doivent entrer officiellement à l'école, un hommage semblable au chevalier de La Barre, dernier condamné à mort français pour blasphème, à l'âge de 19 ans, le 1er juillet 1766. Son copain d'Étallonde, qui n'avait pas 18 ans, avait pu quant à lui se barrer en Prusse.

 

On pourrait lire des extraits de la fameuse lettre "Relation de la mort du chevalier de La Barre" que Voltaire écrivit à Beccaria sous le nom de Cassen.

 

« Je vous dirai plus, monsieur; il n’y a point en France de loi expresse qui condamne à mort pour des blasphèmes. L’ordonnance de 1666 prescrit une amende pour la première fois, le double pour la seconde, etc., et le pilori pour la sixième récidive.

Cependant les juges d’Abbeville, par une ignorance et une cruauté inconcevables, condamnèrent le jeune d’Étallonde, âgé de dix-huit ans:

1° A souffrir le supplice de l’amputation de la langue jusqu’à la racine, ce qui s’exécute de manière que si le patient ne présente pas la langue lui-même, on la lui tire avec des tenailles de fer, et on la lui arrache.

2° On devait lui couper la main droite à la porte de la principale église.

3° Ensuite il devait être conduit dans un tombereau à la place du marché, être attaché à un poteau avec une chaîne de fer, et être brûlé à petit feu. Le sieur d’Étallonde avait heureusement épargné, par la fuite, à ses juges l’horreur de cette exécution.

Le chevalier de La Barre étant entre leurs mains, ils eurent l’humanité d’adoucir la sentence, en ordonnant qu’il serait décapité avant d’être jeté dans les flammes; mais s’ils diminuèrent le supplice d’un côté, ils l’augmentèrent de l’autre, en le condamnant à subir la question ordinaire et extraordinaire, pour lui faire déclarer ses complices; comme si des extravagances de jeune homme, des paroles emportées dont il ne reste pas le moindre vestige, étaient un crime d’État, une conspiration. Cette étonnante sentence fut rendue le 28 février de cette année 1766.

[...]

Enfin, le 1er juillet de cette année, se fit dans Abbeville cette exécution trop mémorable: cet enfant fut d’abord appliqué à la torture. Voici quel est ce genre de tourment.

Les jambes du patient sont serrées entre des ais; on enfonce des coins de fer ou de bois entre les ais et les genoux, les os en sont brisés. Le chevalier s’évanouit, mais il revint bientôt à lui, à l’aide de quelques liqueurs spiritueuses, et déclara, sans se plaindre, qu’il n’avait point de complices.

[...]

Le spectacle en effet était terrible: on avait envoyé de Paris cinq bourreaux pour cette exécution. Je ne puis dire en effet si on lui coupa la langue et la main. Tout ce que je sais par les lettres d’Abbeville, c’est qu’il monta sur l’échafaud avec un courage tranquille, sans plainte, sans colère, et sans ostentation: tout ce qu’il dit au religieux qui l’assistait se réduit à ces paroles: « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose. »

[...]

Quelques juges ont dit que, dans les circonstances présentes, la religion avait besoin de ce funeste exemple. Ils se sont bien trompés; rien ne lui a fait plus de tort. On ne subjugue pas ainsi les esprits; on les indigne et on les révolte. 

J’ai entendu dire malheureusement à plusieurs personnes qu’elles ne pouvaient s’empêcher de détester une secte qui ne se soutenait que par des bourreaux. Ces discours publics et répétés m’ont fait frémir plus d’une fois.

On a voulu faire périr, par un supplice réservé aux empoisonneurs et aux parricides, des enfants accusés d’avoir chanté d’anciennes chansons blasphématoires, et cela même a fait prononcer plus de cent mille blasphèmes. Vous ne sauriez croire, monsieur, combien cet événement rend notre religion catholique romaine exécrable à tous les étrangers. Les juges disent que la politique les a forcés à en user ainsi. Quelle politique imbécile et barbare! Ah! monsieur, quel crime horrible contre la justice de prononcer un jugement par politique, surtout un jugement de mort! et encore de quelle mort ! »

 

 

Vu que le 1er juillet, ça tombe pas forcément bien, je suggère pour cette commémoration le 9 décembre, date de la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.

 

Par Jean-Paul
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Mardi 6 novembre 2007

 

Amis lecteurs, dès aujourd'hui sur votre blog préféré une vidéo qui va rester dans les annales : M'sieur Sarkozy ce matin au Guilvinec sur BFM TV. J'ai eu du mal à la mettre en ligne, vu que chaque fois que je la visionne, le SAMU doit intervenir pour me réanimer et me remettre la mâchoire en place rapport au dépassement du seuil critique d'hilarité.
 

 

Avec derrière, Michel Barnier qui a l'air de penser : « T'as voulu venir faire le malin ? Eh ben t'y es ! »

Le pire, c'est que ça ne me rend pas Son Altesse Nicolas 1er particulièrement antipathique.


La question à mille euros est : de quoi donc l'a traité le pêcheur en colère pour mettre notre hyperprésident encore plus en colère que lui ?
Est-ce que ça a rapport avec, euh, les annales ?

Ou est ce que ça a rapport avec la future-ex-M'ame Sarkozy ?

En tout cas, les différentes vidéos des interventions de M'sieur Sarkozy au Guilvinec le montrent toutes d'humeur plutôt tendue.
Il est vrai que se faire lourder par bobonne après lui avoir fourni l'alibi pour montrer qu'elle n'était pas qu'une potiche, ça peut jouer sur les nerfs.

Il devait pas avoir plus que ça envie de venir, mais un conseiller a dû lui laisser entendre, avec raison, que les mobilisations de marins-pêcheurs peuvent salement dégénérer. Z'ont quand même incendié le Palais de Justice de Rennes, monument historique (le Parlement de Bretagne), en février 1994.

Bon, d'accord les marins-pêcheurs bretons sont un peu relous. Pis demander à brûler du gasoil pour continuer à dépeupler l'océan, c'est pas forcément tip top.
Attention, hein, je parle pas des petits patrons-pêcheurs bretons artisanaux genre chalutiers côtiers, ferait bon voir qu'on dise du mal de mes ancêtres maternels. Mais c'est pas simple, y en a qui sont passé du stade artisanal au stade industriel, ça a même pu être une condition de survie au prix de surendettements pour faire face non seulement à la diminution de la faune maritime, mais aussi à l'ouverture du marché sur l’étranger et aux pressions de la grande distribution. Enfin bon...

 
Notre hyperprésident est à l'heure où je mets en ligne aux Tazunis. On espère qu'il a retrouvé son calme. Une autre vidéo circule déjà sur le web (je vous en fais grâce), il s'agit de l'émission "60 Minutes" de CBS, enregistrée début octobre et diffusée fin octobre, où, sur une question de la journaliste-vedette concernant les rumeurs de divorce, Nicolas 1er enlevait oreillette et micro et quittait sèchement le plateau.

 

Par Jean-Paul
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