Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 00:00

   

 

 

 

 

 

LE TROUBLE DYSPHORIQUE DU LUNDI MATIN :

UNE AFFECTION MÉCONNUE

 

 

 

Le Trouble Dysphorique du Lundi Matin (TDLM) constitue un Problème Majeur de Santé Publique (PMSP) dans les pays industrialisés. Si les historiens font remonter ses premières manifestations au IVème siècle de notre ère, les descriptions pionnières n'ont été établies qu'au tournant du XIXème au XXème siècle, et le trouble n'est identifié et systématisé comme tel que depuis ces dernières années (1).

  

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES CLINIQUES

 

 

 

 Il s'agit d'un ensemble de manifestations psychiques et physiques caractérisées par leur survenue dans le courant de la matinée du premier jour de la semaine.

 

 

 

Critères de l'AMMDDS

 

Lors de sa deuxième Conférence Internationale, l'American MMDD Society a proposé les critères suivants (2) :

 

 

 A. Au cours d'au moins deux lundis matin durant le mois écoulé, le sujet a présenté quatre ou plus des symptômes suivants :

  1. manque d'énergie

  2. sentiment de lourdeur

  3. irritabilité

  4. difficulté à se concentrer

  5. repli social

  6. anxiété ou tension

  7. baillements répétés

  8. ptosis bilatéral

  9. céphalées frontales ou bitemporales

  10. douleurs abdominales erratiques

  11. éruption urticarienne de topographie variable

 

  

B. Ces perturbations étaient absentes la veille et régressent progressivement au fil de la semaine.

 

 

 C. Ces manifestations interfèrent nettement avec le travail ou l'activité scolaire.

 

 

 

 Échelles d'évaluation

 

 Plusieurs échelles et questionnaires ont été proposés pour identifier et quantifier ce trouble (3). L'équipe de Michael Zomby, de l'Université de Laputa, a élaboré une échelle d'auto-évaluation à partir d'un certain nombre de cognitions relevées chez des patients souffrant de cette affection (4).

La validité de sa version française est actuellement à l'étude.

 Voici des exemples d'items :

 « C'est pas vrai, on est déjà lundi ? »

« Et si je me remettais au plumard ? »

« Vivement la retraite ! »

« C'est quand les vacances ? »

« On devrait pas bosser le lendemain des jours de repos ! »

 

 

 Formes cliniques

 

 

 

- Selon la culture

 Dans le cadre de son étude pilote internationale en partenariat avec le groupe pharmaceutique Bucks Bread & Green, le Dysphoria Study Group de l'OMS a décrit le Trouble Dysphorique du Samedi Matin (TDSM) dans certains pays musulmans et le Trouble Dysphorique du Dimanche Matin (TDDM) en Israël (5).

 

 - Selon l'âge

 Le TDLM a été décrit chez l'enfant d'âge scolaire et l'adolescent (6). Certaines données longitudinales suggérant une possibilité d'évolution vers la forme adulte, on ne saurait assez insister sur la nécessité d'un dépistage et d'une prise en charge thérapeutique rapides.

 

 

 

 

 

Évolution

 La gravité du TDLM tient à son évolution vers la chronicité, voire son aggravation. Depuis la description par Alan Droopy du Trouble Dysphorique du Lundi et du Mardi Matin (TDLMM), on a identifié d'autres formes compliquées : le TDLMMM, le TDLMMJM, et le TDLMMJVM (7). Leurs conséquences humaines et économiques sont un argument de plus pour le diagnostic et le traitement précoces de cette affection.

 

 

 

ÉPIDÉMIOLOGIE

 

 

Prévalence

 La prévalence du TDLM est estimée entre 5 et 45 %. Il existe une certaine prédominance masculine. Le nombre de cas croît dès la deuxième décennie et décroît à partir de l'âge de 60 ans (fig 1). Les répercussions économiques en terme de coût de la santé comme en terme de baisse de productivité suscitent la préoccupation des pouvoirs publics ainsi que du monde de l'entreprise (8).   fig_1.gif


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pathologies associées

Les études populationnelles mettent en évidence une comorbidité du TDLM avec le Trouble Euphorique de Fin de Semaine (TEFS) et le Trouble Adaptatif du Retour de Congé (TARC) (9).

L'impact personnel et social de ces pathologies cumulées implique leur reconnaissance et leur prise en charge médicale dans les meilleurs délais.

 

 

 Mode de vie

Une vaste enquête multicentrique coordonnée par le Département de Psychiatrie de l'Université de Brobdingnag avec le soutien du groupe pharmaceutique Bucks Bread & Green a permis de recueillir auprès de 99 997 patients des données socio-démographiques, événementielles, familiales, topologiques, domestiques, alimentaires et vestimentaires (10). Les 1261 paramètres évalués ont été soumis à une analyse hiérarchique multivariée discriminante en régression logistique polyfactorielle selon un modèle semi-paramétrique à 16 soupapes avec système GPS en option.

Cette étude déterminante a permis d'identifier comme facteur de risque principal l'exercice d'une activité professionnelle. Ce résultat est à rapprocher des observations de Prudhomme qui avait remarqué que le lundi matin coïncide avec le début de la semaine de travail (11).

 

Personnalité prémorbide

 Tout ce qu'on peut dire, c'est que les personnes souffrant de TDLM sont de damnées mauviettes. D'accord, le lundi matin c'est difficile pour tout le monde, mais est-ce qu'on en fait un syndrome, nous autres ?

 

 

 

 

FACTEURS BIOLOGIQUES

 

  

Études familiales

Les études d'agrégation familiale suggèrent une participation génétique variable. Le Laboratoire de Génétique Médicale de l'Université Tino Rossi d'Ajaccio avait entrepris une enquête sur le sous-type dit insulaire du trouble, mais les données recueillies ont disparu dans une explosion non revendiquée.

 

Neuro-imagerie fonctionnelle

 

Les études comparatives d'Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf), de Tomographie par Émission de Positron (TEP) ou de Spectro-Encéphalographie à Percolation sous Haute Pression (SPHP) n'ont pas mis en évidence de différences significatives. Dans leur méta-analyse, Holmes et Watson évoquent un biais méthodologique lié à ce que les patients soumis à ces examens le lundi matin ne se rendaient pas de ce fait au travail (12).

  

 Neurobiologie

 Les données de la recherche suggèrent une augmentation de la sensibilité des autorécepteurs présynaptiques dopaminergiques par up-régulation de la voie AMPc/PKA dans le cortex préfrontal médian et orbital en rapport avec une démodulation du circuit cingulo-septo-hippocampo-mamillo-amygdalo-striato-pallido-métro-boulot-dodo-thalamo-cortico-cingulaire (13).

L'Unité Mixte de Recherche OUTSERM/OUTRA de Jouy-en-Josiane, en partenariat avec le laboratoire R&D du groupe Bucks Bread & Green, a mis au point un modèle animal prometteur. Il a été élaboré à partir de souris de la lignée C57BL/6JPr2 knock-out pour le gène MEDEF de l'adaptabilité au travail et burned out par une tâche de pédalage contraint réciproque à vitesse aléatoire.

 Malheureusement, le protocole n'a pu être mené à terme, un membre de l'équipe ayant laissé la porte de la cage ouverte après un déjeuner trop arrosé.

 

 

 

 

 STRATÉGIE  THÉRAPEUTIQUE

 

 La Conférence de Mildendo

  

 Un certain nombre de voies d'approches ont été tentées, dont les résultats ont été synthétisés lors de la récente Conférence de Consensus de Mildendo organisée par l'American Foundation for Monday Morning Dysphoric Disorder, en partenariat avec le Comité Scientifique du groupe pharmaceutique Bucks Bread & Green (14).

 

Les points essentiels des guidelines retenus sont les suivants :

 - Les thérapies psychodynamiques n'auraient que peu d'efficacité sur le TDLM, voire dans certains cas l'aggravent.

 - Les thérapies cognitives et comportementales apportent des résultats validés, mais qui restent inférieurs aux thérapies médicamenteuses, avec lesquelles toutefois il peut être bénéfique de les combiner.

 - La clinothérapie pose plus de problèmes qu'elle n'en résoud.

 - L'homéopuncture onirostéopathique, la magnétochiropraxie néopentecôtiste, l'orthomésothérapie naturoénergétique, l'auriculogrigrithérapie évangélistique, la roqya aromakinésiologique, la fasciagemmothérapie iridocharismatique, le reiki bioayurvédique holistique, l'urinomancie eschatologique, la détoxination phytotranscendentale et le neuroshiatsu astroréflexologique du gros orteil droit n'ont pas démontré leur intérêt, sauf peut-être en association (15).

 - La consommation de quantités importantes de liquides à forte teneur en caféine constitue une forme répandue d'automédication, mais peut aggraver les symptomes tels que la tension ou l'irritabilité.

 - Divers traitements médicamenteux symptomatiques (antidépresseurs, antalgiques, antihistaminiques, antimigraineux, antipéristaltiques, antiacides, anticalcaires et antibrouillards) ont fait l'objet de rapports anecdotiques mais ne peuvent être conseillés faute d'études de validation et d'évaluation des effets secondaires.

 - Le traitement pharmacologique repose en l'état des connaissances actuelles sur l'utilisation séquentielle hebdomadaire du dextromodifinal.

 

  

Le dextromodifinal

 

 

 Le dextromodifinal est une molécule commercialisée par le groupe pharmaceutique Bucks Bread & Green (Startor®), avec pour indication initiale la Narcolepsie Bipolaire de type VIIIb, puis ayant fait ses preuves dans le Syndrome de Fatigue Chronique (SFC), le Syndrome du Décalage Horaire (SDH), le Trouble du Sommeil lié au Travail par Roulement (TSTR) et le Trouble du Lendemain de Soirée Arrosée (TLSA).

 Il existe des arguments croissants en faveur de l'efficacité du dextromodifinal. Trois études indépendantes, coordonnées par le Comité Scientifique du groupe pharmaceutique Bucks Bread & Green, mettent en évidence par rapport aux sujets contrôles des améliorations respectives de 4.5, 4.2 et 3.8 sur l'échelle cognitivo-comportementale de Yawning (16) (fig 2)fig_2.gifLa phase de suivi est en cours, et les données disponibles vont dans le sens du bénéfice clinique de la poursuite du traitement (17).

 

 

 On ne note aucun effet secondaire en dehors d'effets bénins et réversibles à type de tremblement fin du cuir chevelu ou d'accélération du transit cérébral.

Quelques cas de lycanthropie avec sifflements compulsifs, tambourinage intensif, exorbitation bilatérale, déroulement lingual en escalier et crises céphalogyres itératives à 360 degrés avaient été rapportés par une équipe (18). Cependant, ce problème s'est résolu dès lors que la collaboratrice chargée de recueillir les données a été priée de porter des chemisiers moins transparents.

 Un certain nombre de sujets ont présenté des nausées explosives, des rhinophymas aigus, des attaques de panique avec automutilation, des accès mystiques avec lévitation et polyglossie, des strip-teases sur la voie publique, des mouvements choréiformes durant la conduite automobile, des agressions sexuelles sur le lieu de travail ou des combustions spontanées. Mais le Comité Scientifique de Bucks Bread & Green a jugé préférable d'exclure ces patients de l'analyse des données afin de, euh, vérifier s'ils remplissaient bien les critères d'inclusion du protocole.

 

 

 

 Le dextromodifinal (Startor®) vient d'obtenir une extension d'AMM pour le TDLM auprès de l'Agence Européenne des Médicaments (EMEA), et est en attente d'une extension d'AMM auprès de la Food and Drug Administration (FDA).

 

 Une étude pilote est en train d'être menée sur les enfants d'âge scolaire (19), dont la prise en charge précoce est reconnue comme particulièrement importante.

 

Une affection méconnue

 

 La Conférence de Consensus de Mildendo attire l'attention sur le caractère méconnu du TDLM. Les experts remarquent que les patients osent rarement aborder ce problème avec leur médecin traitant, qui de ce fait est dramatiquement sous-diagnostiqué.

 De plus en plus, les personnes souffrant de cette affection se regroupent en associations afin que celle-ci soit reconnue et prise en compte. Si les actions médiatiques comme celles du Front for the Abolition of Monday restent anecdotiques (20), il faut signaler en France la méritante Association Française des Dysphoriques du Lundi, qui s'est mise sur pied grâce au soutien financier du groupe pharmaceutique Bucks Bread & Green.

 Une campagne d'information auprès du public va être lancée par le Centre d'Etude du TDLM, avec l'appui logistique du groupe Bucks Bread & Green. Des posters seront mis à disposition pour les lieux de travail. Les personnes directement ou indirectement concernées pourront poser leurs questions à un Numéro Vert qui sera diffusé grâce à des spots TV et des affichages sur ballons dirigeables. Un site internet va être ouvert, avec un double accès public et professionnel, comportant des pages d'information, des questions aux spécialistes, des forums d'échange, la météo du jour, l'horoscope de la semaine, et des liens coquins. Les magazines grand public, relais indispensables, témoignent d'ores et déjà de l'intérêt à la question (21,22). Les médias audio-visuels devraient emboîter le pas de cette démarche citoyenne en recueillant pour leurs talk shows des témoignages pathétiques de patients tardivement diagnostiqués.

 

 

 

 

 Le médecin généraliste est tout naturellement en première ligne pour le diagnostic de cette affection. Le Réseau de Vigilance TDLM va mettre en place des réunions de sensibilisation auprès des MG en collaboration avec l'Advisory Panel de Bucks Bread & Green qui assurera le choix des traiteurs et des restaurants. Les médecins disposeront pour leurs salles d'attente du document d'information "Faire face au lundi matin", préfacé par le professeur Luc Ratif de l'Université de Picardie Méridionale (23).

Un numéro spécial de la revue Cortex, généreusement financé par Bucks Bread & Green, va être consacré au symposium qui a regroupé à l'initiative du groupe en septembre dernier les plus grands spécialistes (24), et sera largement diffusé auprès des psychiatres hospitaliers et libéraux.

 

 

 

 La forme précoce doit faire l'objet d'une attention particulière. Il convient que les enseignants soient  formés à la reconnaissance du trouble et que les parents soit alertés. Le professeur Sarah Portegros, de l'Université de Bretagne Orientale, conseille de mettre en place des actions de terrain dans le cadre du programme "La santé dès l'école" appuyé par la Fondation Bucks Bread & Green. Dans un deuxième temps, l'identification de facteurs de risque précoces pourrait permettre une action de dépistage dans les maternelles et les crèches (25).

 

 

 

CONCLUSION

 

 

Le TDLM, encore trop peu reconnu par les médecins, touche une large partie de la population. Ses répercussions sur la qualité de vie et le fonctionnement social des patients impliquent de le prendre en compte systématiquement dans l'évaluation tant en psychiatrie qu'en médecine générale. L'étiopathogénie de cette affection reste à ce jour incomplètement élucidée. Les recherches cliniques, biologiques et thérapeutiques doivent être approfondies.

 L'identification par la recherche médicale de ce type de troubles méconnus ou sous-évalués, au-delà de la démarche intellectuelle, se pose en termes éthiques : il s'agit de permettre au clinicien de les dépister afin de proposer au plus tôt des traitements adaptés (26-36).

 

 

Car en dernière analyse, c'est le droit à la santé des citoyens qui est en jeu (37-39).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Références bibliographiques   (cliquer sur le lien)

  

   

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Paul - dans Allo - docteur
commenter cet article

commentaires

Dr G 04/09/2007 20:22

exellent, et beaucoup de plaisirs à découvrir le reste du blog.Aurais-je demander plus de posts ? :)

Pascale 05/08/2007 04:59

Voici le générateur de maladies, au moins une pour chaque jour:
http://www.newstarget.com/disease-mongering-engine.asp
 

 

cath 05/06/2007 07:40

Mais à quand la reconnaissance en ALD?
C'est toujours les mêmes qui en bavent et qui continuent à s'exposer à ce qu'ils faut bien appeler des risques professionnels.
Pas besoin d'être extra-lucide pour comprendre que le TDLM peut faire plus de victimes que l'amiante et les produits phyto-sanitaire réunis!
 

Pascale 08/04/2007 21:26


Ca c’est de la médecine! Tellement éthique qu’elle traite les maladies avant même qu’elles apparaissent! Préventive, quoi! J’ai bien apprécié les références aussi: Parisot, Vorilhon, Ratzinger, Journal of Transcultural Bullshit... Que des pontes! Et puis Bush, c’est certain qu’il est au top en matière de prévention!
Ah, quelle déontologie, ce labo qui annonce d’emblée la couleur
 : the green of the bucks (billets verts) - c’est ça le pain béni (bread), non??
Je vais faire un peu de pub pour ce médoc et le trouble qui a été révélé grâce à lui! N’arrête pas le traitement, Jean-Paul... On veut que ça continue! ;-)

 : the green of the bucks (billets verts) - c’est ça le pain b


Conseils de lecture:

"The lawlessness of the FDA, Big Pharma immunity, and crimes against humanity"

http://www.newstarget.com/019497.html
(Je crois que c’est à partir de là que vous trouvez les articles de Evelyn Pringle sur la loi de psycho-flicage des gosses voulue par Bush et qui a inspiré le premier flic de France).
Autre papier intéressant: "Death by medicine" (là, c’est le green qui pousse au-dessus de la tombe qui est bien vert)

"The most stunning statistic, however, is that the total number of deaths caused by conventional medicine is an astounding 783,936 per year. It is now evident that the American medical system is the leading cause of death and injury in the US. (By contrast, the number of deaths attributable to heart disease in 2001 was 699,697, while the number of deaths attributable to cancer was 553,251.5)"
http://www.lef.org/magazine/mag2004/mar2004_awsi_death_01.htm

Dans un autre registre, les fondements scientifiques de l’homéopathie, hihihi...

http://www.quackwatch.org/01QuackeryRelatedTopics/homeo.html

ha ? 07/04/2007 11:58

Merci ! je sais enfin de quoi je souffre depuis des années ... non en fait depuis 3 mois que je bosse, ce qui fait 12 lundis matin ... auxquels je rajouterai le mardi matin, ainsi que le mercredi, jeudi, vendredi, et samedi matin ... 
NON, je ne bosse pas le lundi ... je suis hors statistique, pas du tout concernée ... bon, bye alors ...