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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 03:59


Dans cette atmosphère d'apocalypse financière mondiale, alors que la crise étatsunienne, après avoir touché l'Europe, commence à produire ses effets délétères sur les pays émergents, alors que les marchés ne sortent plus du chaos jour après jour, alors que l'ombre de la récession se précise ici et là, il est bon de savoir qu'on peut compter sur une institution tutélaire prestigieuse.
Le FMI, sis dans la capitale américaine, a en effet publié le 25 octobre des documents, consultables sur son site, montrant qu'il a la situation bien en main.

 

Le cabinet d’avocats international Morgan Lewis & Bockius a rendu les conclusions de son enquête, à la lumière des normes de conduites contractuellement applicables au Directeur Général du FMI sur la liaison entre le Directeur général du FMI, Dominique Strauss Kahn, et une ancienne haute responsable du département Afrique de cette institution, Piroska Nagy.

 

Je ne ferai pas d'interprétation lacanienne de ce flirt avec cette femme d'origine hongroise, cependant que la candidature de DSK au FMI avait été soutenue par un célèbre fils de hongrois dont le nom complet est Nicolas Sárközy de Nagy-Bócsa.

Et la première déclaration de DSK au lendemain de la conclusion de cette affaire est une déclaration... sur la Hongrie.

 

Revenons aux résultats de l'enquête  :

 

« - A la fois le DG [Directeur Général] et la femme membre de l'équipe reconnaissent qu'ils ont eu une relation physique consensuelle de courte durée en janvier 2008.

   - Des documents contemporains montrent clairement qu'à la fois le DG et la femme membre de l'équipe avaient consenti et s'étaient activement engagés dans la poursuite de la relation. »

 [...]

« - Il y a des indications selon lesquelles, durant la période ayant immédiatement précédé la relation physique et ensuite, le DG et la femme membre de l'équipe se sont mis d'accord pour prendre diverses mesures afin de cacher l'existence de leur relation personnelle.

   - Peu après qu'ait eu lieu la relation sexuelle ("the physical affair" :-), le mari de l'ancienne membre de l'équipe a découvert cette relation,  et a averti sa femme et le DG des possibilités de publicité indésirable. »

 [...]

« - Le DG a reconnu qu'alors qu'il pensait que sa conduite était purement personnelle dans sa nature, la révélation publique de la relation qu'il avait avec une employée subordonnée aurait nui à la réputation du FMI, du bureau du DG, et de la personne du DG.

   - Le DG a reconnu qu'il avait fait à la fois "une erreur personnelle et une erreur professionnelle" en s'engageant dans une relation personnelle intime avec une employée subordonnée. »

 [...]

« Observations en conclusion :

Pour aller plus loin, et à partir des faits ci-dessus référencés, la question se pose de savoir si le cadre pour les normes de conduite applicables au DG [...] doit être modifié pour porter le DG à des normes de conduite plus élevées que l'équipe, étant donné sa position éminente et les conséquences de ses activités en termes de réputation. »

 
Quant à lui, DSK bat sa coulpe à l'américaine, pour ceux qui douteraient de son envergure internationale :

« Je reconnais que cet incident représente une sérieuse erreur de jugement.

Je regrette beaucoup cet incident et en endosse la responsabilité. Je m'en suis excusé auprès du Conseil d'Administration, de l'équipe du FMI, et de ma famille. »

 
Et le FMI de conclure solennellement :

« Le Conseil d'Administration note que l'incident était regrettable et reflétait une sérieuse erreur de jugement de la part du Directeur Général, comme il l'a reconnu et comme il s'en est excusé. Le Conseil d'Administration pointe que la conduite personnelle du Directeur Général donne le ton pour l'institution et, comme telle, doit être à tout moment irréprochable. »

 

On murmure une évidence : ce sont des opposants qui auraient fait en sorte d'ébruiter cette insignifiante affaire. Le néo-conservateur Paul Wolfowitz, qui ne s'en était pas tiré à si bon compte l'an dernier à la Banque Mondiale, doit grincer des dents.

 En tout cas, je suis rassuré sur la gestion de la crise financière mondiale, le Conseil d'Administration du FMI, c'est du sérieux.

Le monde est formidable.

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